II. I .AMKonrs hastatus Agass
Old Red, Tab. C, fig. 1-6 et 11-13.
SYS Dtndrodia katlalut dwin Odoatngr. (sig, 175. — Lamnodu» Panderi \Qas&. iViv- fuss. Il, 2, pttg. 162.
Le L. haslatus se rapproche beaucoup par la forme de scs dents de certains Squales , principalement des Lamna. Les dents, quoique pourvues d'une racine arrondie, sont comprimées latéralement , de manière à présenter deux tranchans ; en même temps elles sont infléchies en dedans et très-poinlues. Les stries ne montent que jusqu’à mi-côte et sont assez larges, formant de petites rigoles. Il sera toujours facile de distinguer une pareille dent d'une dent de Squale, soit à sa base arrondie , si elle est entière, ou à la disposition rayonnante de ses canaux médullaires . dont le dessin rappelle celui de certaines espèces de bois.
Le L. hastatu» se distingue au premier coup d’ieil du L. biporcatm par la prépondérance de sa partie centrale réticulée , et par des raies beaucoup plus apparentes à IVcil nu. Sous le microscope on saisit tout de suite la cause de ces différences. Les canaux médullaires du centre sont plus grands, leurs mailles beaucoup plus serrées, le champ des réseaux plus étendu. En même temps les interstices ou les canaux raynnnans sont beaucoup plus gros; ils ne sont pas ramifiés, quelques-uns seulement sont dichotomisés ( (ig. 11). Au lieu de branches latérales , telles que nous les avons vues dans le L. biporcatus, nous n’avons ici que de petites anses plus ou moins spacieuses, qui alternent avec peu de régularité ((ig. 12 et 13) cl d’où partent les faisceaux des tubes calcifères. Ces faisceaux de tubes sont aussi beaucoup plus maigres, semblables à des pinceaux de peintre ; ils sont à angle droit avec les anses ou inclinés un peu en dehors vers la surface extérieure. Ils sont en outre beaucoup plus courts que dans l'espèce précédente et rarement ramifiés. Le cément est plus apparent , mais les fuis fils qui le composent sont tout aussi difficiles à reconnaître. Il est en double rangée entre les systèmes de dentine , chaque système ayant sa couche de cément qui le suit dans ses sinuosités et l’entoure de tous côtés. L’émail a la même structure et la même position que dans l’espèce précédente.
Il résulte de ces observations et de la comparaison des figures , que c’est bien réellement sur le même plan , modifié dans ses détails, que sont construites les dents de ces deux espèces. On peut se représenter toute la dent comme une amplification de la structure des Labyrinthodonles , qu’on peut résumer ainsi : cavités médullaires à processus latéraux et verticaux nombreux et très-variés , qui , au centre , vont jusqu’à former des réseaux de canaux semblables à ceux des requins , tandis que sur le pourtour ils forment des interstices rayonnans entourés d'une dentine plissée. Mais les plis de cette dentine , au lieu d’être indépendans , comme dans les l-abvrinthodontes (où entre deux systèmes de dentine entourant des processus médullaires qui se touchent , il y a une fente venant de l'extérieur qui les sépare) , sont remplies d’un cément propre qui fait que le pourtour de la dent parait simplement ondulé. L'émail rc-
couvre la dent d’en haut comme un capuchon , et est séparé de la deutinc par une ligne unie sans processus intérieurs. Nous savons que dans le Dendrodus slrigatus ces rapports des différentes substances ne sont pas les mêmes , mais (pic l'émail suit les plis de la dentine dans l’intérieur de la dent.
Des exemplaires de cette espèce que j'ai examinés m’ont été communiqués par M. Pander et proviennent de Riga. On en a également trouvé en Ecosse.
Du okxri: Caiconus Agass.
Old Red, Tab. 28, (ig. h et 5.
J’ai déjà décrit Vol. II. Part. 2, pag. 156 des Recherches, l’espèce d'après laquelle j’ai établi ce nouveau genre, que M. Owen réunit à son genre Dendrodus sous le nom de I). incurvas. J'ai également donné dans mon atlas quelques ligures représentant la forme et la structure de ces dents (Poiss. foss. sol. Il . Tab. II , lig. 9 à 12). Ayant reçu depuis de M. Roliertson les ligures des pièces originales sur lesquelles M. Owen a établi l’espèce, et qui ont été trouvées par M. Duff à Seatcraig. je m’empresse de figurer le Cricudus incurvas, Tab. 28, % à et 5. Il sera toujours facile de distinguer ces dents émoussées , robustes et recourbées à leur grande cavité pulpaire qui est unique.
Je viens de recevoir dans le moment où l’on met cet article sous presse , un envoi de fossiles du vieux grès rouge de Cremon en Livonie , que je dois à l'obligeance de M. de Mcyendorff. Il se trouve parmi ces fossiles un débris de mâchoire extrêmement curieux. C’est une pièce aplatie , longue d'un pouce . haute d’un demi |>oucc , cassée aux deux bouts , qui porte sur l’un des bords dix racines de dents , qui évidemment appartiennent au groupe des Dcndrodes. Le bord externe de la mâchoire est relevé , protégeant ainsi les racines à leur base. Dans le sillon longitudinal . qui est formé par ce bord relevé , se trouvent les racines , toutes usées comme si le fragment eut été roulé par l’eau. Ces racines sont circulaires, criblées en réseau au milieu , montrant à la substance corticale des fines stries rayonnantes , absolument comme dans le D. strigalus. Le bord externe relevé est soudé avec les racines, et ces dernières sont tellement serrées, que deux d’entre elles sont gênées par leur proximité dans leur développement naturel et se trouvent avoir une coupe elliptique , au lieu d'être rondes. Les sculptures du cété externe de l'échantillon sont usées par le roulement de la pièce.
Je ne puis me défendre de voir dans ce fossile un jeune Dendrodus. Les racines ont à peine une ligne de diamètre, au lieu de cinq à sept; elles sont serrées, tandis qu’elles sont espacées dans les adultes, comme le démontrent les figures que j’en ai publiées; le bord externe relevé de la mâchoire est plus distant ; la rainure , où les dents sont implantées , plus large ; mais toutes ces déviations ne se justifient-elles pas suffisamment par la différence d’àge?