‹ Monographie du choléra-morbus épidémique de ParisChapitre 12 sur 50 · i MARCHE DU CIIOLÉRA-MORBÜS · texte numérisé non relu

i MARCHE DU CIIOLÉRA-MORBÜS

à établir des formes insidieuses du choléra qui n’existaient que dans leur esprit fasciné ; d’autres, peu habitués à analyser les phénomènes des maladies graves el les caractères des épidémies , trouvaient des symptômes insolites dans beaucoup d’affections abdominales , et considéraient comme des formes spéciales du choléra des maladies qui n’offraient que des épiphénomènes , à la production desquels l’influence épidémique n’était effectivement pas étrangère. C’est ainsi que nous avons vu caractériser de choléra des gastro-entérites qui présentaient pour symptômes insolites des nausées et des vomissements, des entéritesdysentériquesaccompagnées de crampes et d’un abattement extraordinaire. Pour le médecin qui voit de sang-froid et avec l’habitude d’observer , la marche régulière de la maladie, les diverses périodes et les accidents propres à chacune de ces périodes , sont des faits incontestables, et des faits si évidemment démontrés vrais, qu’il faut les considérer comme des caractères du choléra épidémique. Ainsi, 1°. point de choléra sans phlegmorrhagie-, seulement il peut arriver que cette phlegmorrhagie soit latente par la rétention du liquide qu’elle produitdans le tube digestif; 2°. jamais la phlegmorrhagie n’est secondaire, elle est toujours période d’invasion ; 3“. point de période cyanique sans période phlegmorrhagique immédiatement antécédente , et jamais de cyanose sans le refroidissement, la stase veineuse et l’affaiblissement de la circulation; mais aussi, quoique la cyanose soit nécessairement consécutive à la phlegmorrhagie, cette dernière ne va pas nécessairement jusqu’à produire la cyanose ; 4°. point de période asphyxique sans cyanose, bien que la cyanose n’entraîne pas néces%drement à sa suite la période asphyxique ; 5“. jamais de période cyanique , et par conséquent asphyxique, récidivant après la réac-

CONVALESCENCE APRÈS LE CHOLÉR A-MORBUS. 83 lion; ()“. point de réaction sans l’une des périodes antécédentes de la maladie, et jamais aucune de ces périodes antécédentes ne se termine favorablement que par une réaction ; 6°. point de terminaison heureuse de choléra, et même de prodromes de choléra , quelque légers qu’ils soient , sans crises.

Le choléra peut présenter dans sa marche quelques anomalies produites par des phénomènes insolites, ou par l’exagération de quelques uns des accidents qui lui. ^ appartiennent. Il peut aussi marcher de manière que la succession des accidents propres à chaque période se fasse si rapidement, qu’il soit difficile de les distinguer; mais tout cela ne fait rien pour cette marche régulière ; tout cela ne fait pas que ces accidents soient intervertis dans leur succession. Ces modifications de la maladie par interversion de période sont des spéculations de médecins de cabinet , ou de grossières inadvertances de mauvais observateurs.

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