SECTION V
De la convalescence apres le choléra-morbus.
La convalescence de ceux qui ont été atteints du choléra-morbus est toujours très pénible et fort longue.
Dans les cas même les plus favorables , il reste toujours, pendant un temps assez long, un état de faiblesse générale qui exige beaucoup de soins. Les malades qui y sont arrivés présentent encore des symptômes qui ne se présentent que bien rarement dans la convalescence i des autres maladies. La face est pâle, amaigrie; les yeux sont excavés, et même cernés d’une zone bleuâtre; les conjonctives sont légèrement injectées ; les malades se Cl oient en bon état quand ils sont couchés : veulent-ils
CONVALESCKNCK
marcher, ils sentent les jambes qui Héchissent sous eux. Un assez grand nombre éprouvent, dans la station , des douleurs contusives assez intenses, dans les mollets et les cuisses ; la bouche est pâteuse; il y a peu d’appétit, du dégoiât pour les boissons sucrées; la langue est large et pâle; les urines sont habituellement abondantes ; les selles sont rares et excrétées avec un sentiment de déplétion dans l’abdomen qui est des plus pénibles.
, ■ Les convalescences les plus heureuses sont celles qui succèdent aux terminaisons critiques bien confirmées et très complètes. Dans ces convalescences il ne reste aucun des symptômes propres au choléra que cette empreinte cholérique de l’habitude extérieure du corps qui s’éteint de jour en jour; mais ces convalescences méritent surtout d’être attentivement suivies , surtout à cause de la continuité de la crise pendant leur premier temps.
Lorsque les crises n’ont pas été complètes, ou si les accidents du choléra ont été troublés dans leur marche normale, les convalescences sont très difficiles à franchir, et troublées par des accidents multipliés qui s’aggravent par les plus faibles causes, à la moindre influence pathogénique physique ou morale. C’est dans des cas de cette espèce que j’ai observé chez des convalescents des accidents quelquefois assez graves pour mettre dans le plus grand danger la vie des malades ; ils offraient souvent plusieurs des symptômes du choléra , et particulièrement les crampes; la diarrhée et des envies de vomir se reproduisaient parles causes les plus légères, et les malades conservaient une faiblesse extrême pendant très long-temps. Je n’ai cependant jamais observé le choléra caractérisé dans ces cas , ce qui me fait penser que cette maladie ne récidive pas dans la même