SECTION HT
Appréciation des moyens thérapeutiques mis en usage dans les différentes méthodes de traitement du choléramorbus.
§. I. De la saignée des veines.
Presque tous les médecins judicieux qui ont traité beaucoup de cholériques, ont fini par avoir recours à la phlébotomie dans la réaction, quelqu’ait été d’ailleurs la méthode de traitement à laqu’elle ils aient donné la préférence; j’ai peut-être été le seul à Paris qui n’aie pas craint de la pratiquer, et même de la réitérer dans la période cyanique à son plus haut degré, dès les premiers jours de l’épidémie; à la fin de son règne, plusieurs médecins en sont venus à cette pratique, mais un grand nombre n’y ont eu recours qu’avec une timidité qui a rendu stériles tous les résultats de cette mode de médication.
La phlébotomie dans la période cyanique a été pratiquée par moi, comme un moyen de diminuer la
Di: TRAITEMENT DU CHOLÉRA, congestion veineuse, de favoriser et d’accélérer la circulation du sang noir, et de rendre ainsi l’hématose plus rapide et plus facile pour réparer, et les perles séreuses que le sang a éprouvées, et les altérations que sa stase veineuse lui a imprimées. J’ai constamment vu le pouls se relever sous la saignée toutes les fois qu’elle a été possible.
Lorsque la circulation est tellement affaiblie, qu’il ne sort, par la phlébotomie, de sang que celui contenu dans les veines des avant-bras, la circulation dans les artères des extrémités en devient nécessairement plus facile, puisque le sang se reproduisant dans les veines et y circulant avec plus de rapidité en est de nouveau expulsé; à ce degré excessivement grave, la saignée quelque faible qu’elle soit est utile, et la guérison peut être obtenue, mais si le sang ne se reproduit pas dans les veines, la période asphyxique est commencée, tout traitement echouera, la mort des malades est inévitable. Lorsque le sang sort aisément, l’effet de la saignée est plus immédiatement utile; aussi ses bons résultats sont-ils alors bien mieux marqués. A mesure que la réaction s’établit, on prévient par la saignée les métastases, si redoutables et si fréquentes dans cette période de la maladie, lorsqu elle succède à la cyanose, et surtout à la cyanose confirmée.
Lorsque le sang ne sort pas des veines ouvertes sur les cholériques à l’état de cyanose, j’ai essayé de favoriser 1 issue de ce fluide en plongeant le membre dans 1 eau chaude. Loin de favoriser l’issue du sang, le bain 'haud du bras la rend au contraire moins facile, l’aphcation des ventouses sur les veines ouvertes n’a aussi ucune utilité, d autant plus que le bord des verres omprime les vaisseaux au-dessous de l’ouverture. Le eul moyen qui m ait paru utile pour favoriser et accé-