‹ Monographie du choléra-morbus épidémique de ParisChapitre 30 sur 50 · IL. Essence de térébenthine S · texte numérisé non relu

IL. Essence de térébenthine S

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Ammoniaque

On place un morceau de linge humide sur cette flanelle, et on promène lentement sur ce linge et à plusieurs fois un fer à nqiasser I chaud. ^

g cas graves, à la vérité, à l’Hôtel-Dieu et en ville, et je '1 n’en ai retiré absolument aucun avantage. Je sais que Il plusieurs médecins qui ont aussi eu recours à ce moyen ,'i n’ont pas été plus heureux que moi.

Ç. XX, Des frictions seches et stimi^antes.

Les frictions ont été mises en usage contre le choléra- 01 morbus au commencement de l’épidémie par le plus d grand nombre des médecins : beaucoup ensuite ont cessé ^ d’y avoir recours. On a vu par l’exposé du traitement 91I que j’ai adopté que je recommande ce moyen à la pé- )(j riode cyanique , et même à la période de réaction, lorsque l’état général qui prépare la terminaison heureuse du mal s’établit difficilement. J’attache beaucoup d’importance aux frictions dans la période cyanique j elles agissent mécaniquement sur la circulation , et elles s’opposent efficacement à la stase du sang. J’en ai eu la preuve plusieurs fois par une expérience bien simple ; a qu’on frotte fortement le bras d’un malade dans la cya- ){ nose, chez lequel le pouls ne se perçoit qu’avec beaucoup de peine , au bout d’un quart d’heure de cette manœuvre le pouls se trouve beaucoup plus sensible qu’il ne ell’était auparavant , et plus sensible que le pouls de l’autre ■îibras sur lequel le même mode d’action n’a pas été «exercé. J’ai accéléré plusieurs fois la sortie du sang des «veines ouvertes dans la période cyanique en faisant des «frictions sur l’avant-bras.

( Outre 1 action mécanique sur la circulation, que je ■-.crois d une grande utilité, les frictions ont encore l’avanitage d exercer sur la peau une action topique stimulante, ,qui quelque légère qu’elle soit relativement à chaque^ partie de la peau qui y est soumise , acquiert bientôt une grande activité par l’étendue de la surface sur

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Inquelle elle est dirigée, (rest surtout en vue de cette action topique stimulante, irritante même, que j’ai, à l’exemple de beaucoup de praticiens étrangers, fait pratiquer les frictions stimulantes. J’ai généralement fait usage du baume de Fioraventi , ou de l’alcohol vulnérair^, et ordinairement d’un mélange de ces deux leiuture.s aromatiques. Je crois qu’elles n’offrent aucun avantage sur aucune des autres substances stimulantes. Je ne leur ai donné la préférence que parce qu’elles sont pour moi d’un usage assez habituel en médecine.

Ou fait aux Indes les frictions dans le cboléra-morbus avec de la grosse toile , et on les administre j avec beaucoup de force. Cette pratique me semble très • bonne , car elle rend plus efficace l’action mécanique lies frictions ; action mécanique à laquelle il faut atta- i cher une très grande importance. Aussi ai-je toujours ■ recommandé de pratiquer les frictions avec une certaine force, et en opérant une sorte de massage, et de renouveler fréquemment celte manœuvre.

J’ai vu administrer des frictions avec la pommade . i ammoniacale. Ce moyen en vaut un autre en lui-même; , mais il a l'inconvénient de produire une irritation eu- tanée qui va quelquefois jusqu’à déterminer un érythème fort gênant pour l’administration des moyens ultérieurs, et qui est d’ailleurs une cause de vives dou-^ i leurs pour le malade. Je m’abstiendrais par la même r t raison des frictions avec les huiles essentielles pures de . térébenthine, de cajeput, derhue, detanaisie, etc.

On a utilement recours aux frictions dans le com- ' mencement de la période phlegmorrhagique , c’està-dire à l’invasion du mal; elles concourent certai-i ^ nement à enrayer la marche de la maladie en agissant

DE TRAITEMENT DU CHOLliRA.

à la fois sur la circulation et empêchant ainsi les progrès du refroidissement et de la stase du sang, et en agissant par leur action révulsive de manière à diminuer la sécrétion morbide qui se fait sur la muqueuse gastrointestinale.

L’efficacité des frictions pour diminuer les crampes est telle que les malades, tourmentés par ces douloureux symptômes du choléra, demandent à hauts cris qu’on les soumette à des frictions pour les soulager. Cette efficacité a suggéré à quelques praticiens l’idée de rendre les frictions narcotiques. J’ai vu faire usage de liniments dans lesquels l’huile de jusquiarae, le baume tranquille, le laudanum; entraient à hautes doses; je n’ai pas remarqué que les frictions faites avec ces liniments dissipassent plus rapidement les crampes que les frictions sèches. C’est un fait pour moi bien démontré que les frictions ne soulagent les crampes que par leur action mécanique sur les muscles sous-cutanés.

§• XXI. De la diete dans le choléra-morbus.

J’entends par la diète dans le choléra, la fixation du régime alimentaire convenable à toutes les périodes de cette maladie.

Tant que durent la période phlegmorrhagique et la période cyanique du choléra, les malades ne supportent aucun aliment ni même aucune boisson alimentaire, les vomissements sont immédiatement provoqués par l’ingestion de toute substance de cette espèce.

Aussitôt que la réaction est établie, l’ingestion d’une oisson légèrement alimentaire m’a toujours paru utile, t j’ai reconnu souvent que l’abstinence prolongée lorsue le malade est arrivé à cet état, non seulement nui- ^îait à la marche favorable de la maladie, mais contri-

ni'S DII’I'IÎRKN rs MOYliNS

biialt même à déterminer des accidents, tels que les cavdlalgies, les douleurs et les aideurs épigastriques, et meme des vomissements, qui sc montrent beaucoup plus l'réqueminent dans la convalescence, lorsque rabstlnence absolue de toute substance alimentaire a été prolongée.

J’ai fait plusieurs fois administrer du bouillon léger froid dès le début de la réaction ; il était souvent vomi, et je n’en continuais pas moins à l’administrer, parce que je ne voyais point d’accident important dans ces vomissements, qui n’avaient plus le caractère cholérique, et qui ne déterminaient point d’ailleurs de symptômes d’inflammation abdominale. Les malades finissaient par supporter cette boisson , et j’ai vu quelquefois le bouillon être bien supporté lorsque les tisanes aqueuses non alimentaires ne l’étaient plus.

Le bouillon dans lequel on avait fait crever du riz a été, dans quelques cas, mieux supporté que le bouillon pur.

L’aliment auquel j’ai en général donné la préférence, et que j’ai fait administrer chez le plus grand nombre des malades auxquels j’ai donné des soins dès que la réaction été établie, a été le lait mêlé à l’eau alcaline gazeuse à partie égale; cette boisson alimentaire plaisait . aux malades par sa saveur, calmait très souvent les vo- •

' missements lorsqu’ils se reproduisaient dans cette période, et favorisait la sécrétion urinaire.

Aussitôt que les malades supportent une boisson lé- • eèrement nutritive, les forces se relèvent immédiate- • i

ment, la manifestation des crises se prépare plus fran- • chement et avec plus de facilité, et la terminaison favorable se manifeste.

Je n’ai pas besoin de dire que l’imminence d’accidents ' métastatiques doit faire proscrire tout usage de boissons nutritives. Mais il est d’observation pour moi que l’abs- • tinence trop prolongée est la condition la plus favorable

pour la manifestation des métastasés, en sorte que je n’hésite pas à considérer comme une faute grave de tenir les malades du choléra dans l’abstinence absolue de toute substance nutritive après que la réaction est bien établie.

La nécessité de s’écarter de l’abstinence absolue dans la réaction est plus évidente encore à la période des crises, et surtout dans la convalescence.

Les crises s’accomplissent d’une manière plus soutenue et plus complète lorsque le malade est nourri , que lorsqu’on le maintient dans cet état de débilité par abstinence dont les doctrines médicales de nos jours ont donné occasion de ne voir que trop d’exemples. J’ai même constaté que des crises qui auraient pu amener le rétablissement des malades sont devenues funestes par l’obstination avec laquelle on a refusé des aliments aux malades. Je n’oublierai jamais deux cholériques que j’ai vu périr dans un état d’adynamie qui fut la suite chez l’un d’une épistaxis excessive, et chez l’autre des évacuations diarrhéiques critiques, parce que l’on persista à leur refuser les aliments légers qu’ils demandaient à grands cns, mais qui, d’après les idées théoriques de leur médecin, devaient nécessairement augmenter les flux qu’il rapportait à une prétendue phîegmasie gastro-intestinale.

Arrivés à la convalescence, les cholériques supportent mieux en général les aliments légèrement stimulants que les substances nutritives dépourvues de sapidité. C’est ainsi qu’ils digèrent mieux du mouton grillé que de la viande de poulet ou de veau cuite à l’eau. I.e bouillon de bœuf léger convient mieux à la susceptibilité de leur estomac que le. bouillon de poulet et de veau. Les aliments provenant des animaux leur plaisent mieux que les substances végétales.

pas arrêté pour nourrir les cholériques

Je ne suis

DES DIFFÉUENTs”lMOYENS

par une cerlaine irritabilité des organes digestifs, mais je le suis par des accidents d’inflammation de ces organes ou par une affection saburrhale.

Quoiqu’elles s’observent très rarement dans la convalescence du choléra, les phlegmasies gastro-intestinales ne se manifestent pas moins dans quelques cas à cette période de la maladie, ce serait alors une imprudence d’insister sur l’administration des aliments quelque légers même qu’ils fussent. Je n’ai jamais hésité à les suspendre absolument lorsqu’ils amenaient de la soif, de la rougeur à la langue, une chaleur à l’épigastre, de la tension dans l’abdomen, etc.

L’état saburrhal se montre plus fréquemment que l’inflammation gastro-intestinale dans la convalescence du choléra. Si l’on insiste alors sur l’administration des substances nutritives, il augmente et il finit par déterminer de graves accidents, par l’état général d’adynamie, et comme de stupeur avec céphalalgie et fièvre, à redoublements réguliers dont il devient le principe. J’ai toujours, dans ces cas, immédiatement renoncé à toute boisson nutritive pour en venir aux tisanes délayantes et ensuite aux émétiques et aux émétocatartiques que je n’osais pas administrer dans le commencement de l’épidémie, et que j’ai fini par donner avec hardiesse et presque constamment avec avantage lorsqu’il m’a ete prouvé qu’ils étaient toujours sans inconvénients dans ces cas.

Aussitôt que les accidents d’inflammation gastro-intestinale diminuent, il faut recourir aux boissons nutritives. C’était le plus souvent au lait que je donnais la préférence, je prescrivais quelquefois utilement aussi le bouillon de bœuf froid très étendu dans l’eau. Lorsque c’était un état saburrhal qui m’avait forcé à suspendre l’administration de tout aliment, je recourais à cette

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aclniinlslration sans hésiter aussitôt que j’avais combattu l’étal saburrhal. Je n ai jamais reconnu qu il fallut, dans CCS cas, hésiter autant, et prendre autant de ménagements pour nourrir qu’il faut le faire quand on a été arrêté par des accidents franchement inflammatoires, ayant leur siége^dans le tube digestif.

On a conseillé , et même on a mis en usage contre le choléra-morbus une grande quantité de moyens dont je ne parlerai pas , parce que je n’ai aucune donnée sur les résultats de ces essais en eux-mêmes; je sais cependant qu’en général ils ont été sans résultat heureux. Je connais, comme tous les médecins, ce qui a été imprimé sur les succès obtenus par tel et tel moyen ; mais comme tous ceux aussi qui ont étudié le choléra-morbus, avec l’esprit de recherches et de méthode dont on ne devrait jamais se départir en médecine, je n’ai point de confiance dans toutes ces annonces, le plus souvent mensongères, de succès obtenus par tant de moyens dont il est facile d’apprécier a priori l’inutilité. Je n’ai pas non plus jugé nécessaire de parler dans cet ouvrage d’une multitude d’essais thérapeutiques, dirigés sans plan, sans méthode, sans discernement , contre une maladie qui, plus que toute autre, demande à être traitée rationnellement et d’après un plan méthodique, dans lequel on tienne compte avec grand soin et avec sagesse des périodes et des phénomènes de la maladie.

DlîS niODIl'ICATPONS J)U CHOLÉRA.

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