DESCRIPTION
leur dans l’abdomen , courbature, frissons vagues, fièvre erratique, douleur constrictive aux jambes, quelques envies de vomir et crampes légères.
3°. Coction. — Fièvre à paroxisines rémittents, céphalalgie, chaleur générale halitueuse.
4®. Crise. — Urines sédimenteuses, sueurs, hémorrhagie nasale.
5°. Terminaisons fâcheuses. — Invasion du choléramorbus à la période d’état, et quelquefois encore à celle décoction par des causes accessoires, ou bien état comateux et encéphalite à la période des crises.
Les symptômes insolites qui s’observent quelquefois dans la diarrhée cholérique , sont une céphalalgie très intense existant dès le début , et coïncidant avec une anorexie marquée et une sensation extrême de faiblesse. J’ai eu aussi l’occasion d’observer la suppression d’urine dès le début de la diarrhée , quoique le flux ne fût encore que peu considérable. J’ai aussi vu le hoquet et des crampes légères, à la vérité, se montrer dès l’invasion de la diarrhée ou même la précéder. J’ai observé chez plusieurs femmes des métrorrhagies considérables se manifestant dès l’invasion de la diarrhée, et paraissant n’exercer aucune influence sur la marche et la durée des accidents. Un dernier symptôme insolite qui se rencontre assez souvent dans les prodromes diarrhéiques du choléra, c’est une sensation de froid aux extrémités, alternant avec de la chaleur, et se manifestant à la plus légère impression de l’air frais.
lia régné ici simultanément avec le choléra et la diarrhée cholérique, une diarrhée dysentérique bilieuse qui a été généralement confondue par les médecins qui n’ont pas eu l’occasion d’observer beaucoup de
DES PRODROMES DU CllOLÉR A-MORBUS. 25 cholériques avec la diarrhée qui précède l’invasion du choléra. Je n’ai vu aut^une de ces diarrhées se terminer par le choléra , et je n’ai vu aucun cholérique qui en ait été atteint.
Cette diarrhée différait de la diarrhée cholérique j 1°. Par la nature des évacuations , qui étaient bilieuses, fétides et peu considérables, et qui causaient au pourtour de l’anus un sentiment de brûlure, 2". Par les symptômes des excrétions alvines, qui consistaient en du ténesme et des épreintes très vives, et qui étaient précédés par une vive douleur de colique profonde à l’ombilic J 3°. Enfin par la sensation de douleur et de chaleur vive dans l’abdomen que les malades ressentaient presque toujours la nuit dans cette diarrhée.
J’ai vu chez des malades affectés de cette diarrhée , de légères crampes dans les pieds et une diminution notable dans la sécrétion de l’urine, devenue rouge et brûlante. Ces symptômes et les crampes en particulier, tout en marquant probablement l’empreinte de la constitution épidémique, ne donnaient pas pour cela à la maladie le caractère de la dianhée précurseur du choléra- morbus asiatique.
§. il. Des prodromes vertigineux^
Le malade est pris subitement au moment ou il se porte bien d une sensation de faiblesse dans les extrémités abdominales et de tournoiement de la tête qui le porte à saisir les corps environnants pour éviter de tomber. Ces, vertiges durent quelques secondes et sont immédiatement suivi d’une rapide sensation de froid dans les rems, et aussitôt après d une vive chaleur avec sueur générale plus ou moins marquée.
Les vertiges sont souvent accompagnés de bourdon-
2 G DESCIUPTION
Tiemenis et de tintements d’oreilles, et de palpitations
ou d’une douleur pongitive à la région du cœur.
Les vertiges se manifestent d’ordinaire pendant que la personne marche dehors ; à leur première invasion, ils sont très peu marqués et très courts; mais ils se reproduisent bientôt, et deviennent chaque fois plus marqués. A la fin, et lorsque l’explosion du choléra va se faire, les vertiges sont immédiatement suivis d’une sensation de douleur gravative à l’épigastre et même quelquefois de nausées.
Beaucoup de personnes éprouvent en même temps qu’elles ont les vertiges précurseurs du choléra , une légère diarrhée annoncée par une ou deux selles liquides seulement dans la journée.
Des malades nous ont dépeint la sensation que leur faisaient éprouver les vertiges en disant: je sentais que je marchais et je ne sentais pas mes jambes; je ne savais aussi si je supportais ma tête ou si on me la soutenait.
La céphalalgie ou seulement une pesanteur de la tête existait toujours dans l’intervalle des vertiges , ou au moins suivait les vertiges pendant quelques instants.
Les vertiges ne précèdent, chez quelques personnes, que de deux ou trois heures l’invasion du choléra , et c’est dans ces cas qu’on a considéré la maladie comme n’ayant été annoncée par aucun prodrome ; mais le plus ordinairement ils reviennent pendant un jour et demi et même deux jours avant l’explosion de la maladie, lorsqu’un temps aussi long que ce dernier terme précède la manifestation du choléra. En voici un exemple ;
Manon, âgé de vingt-trois ans, architecte, habitant une maison située sur les bords du canal Saint-Martin , ordinairement d’une bonne santé , fut pris le ap mars au soir, pendant qu’il marchait, de maux
DES PRODROMES DU CUOLl^ R A-MORRUS. 27 de tête avec vertiges, tournoiement de tête et lassitude extrême dans les membres; ces accidents se renouvelèrent plusieurs fois. Le 3o, nausées, sentiment de chaleur dans le ventre surtout à l’épigastre, lassitudes dans les jambes, respiration facile, selles et urines naturelles, sentiment de constriction susorbitaire, et vertiges presque continuels. Il entra à l’hôpital à trois heures du soir en cet état; il avait de plus des nausées continuelles qui amenèrent deux ou trois vomissements de détritus d’aliments et de mucosités séreuses; il eut aussi immédiatement deux selles liquides séreuses. Prescr. : Potion avec acétate d’ammoniaque, | (5; eau de canelle, | iij ; sirop de sucre , | ij ; opium , G. ij, à prendre par cuillerée toutes les demi-heures dans l’eau de tilleul chaude. Le soir, respiration large, facile, pouls à quatre-vingt-douze pulsations, sueur légère; tête pesante, turgescence marquée delà face. Prescr. : Suppression de la potion; pédiluves synapisés. Le 3i , quelques tintements d’oreilles, tête pesante, point d’évacuations depuis la veille. Prescr. : Seize sangsues derrière les oreilles. Le i®" avril, sueur abondante depuis la veille qui se renouvelle dans la nuit suivante; tle ce moment, convalescence qui ne tut troublée que par quelques nausées déterminées par l’ingestion du bouillon , et qui n’eurent point de suite.
Les vertiges ont été, moins fréquemment que la diarrhée , suivis de l’invasion du choléra ; ils cessaient souvent seuls sans qu’il survînt aucun accident; d’autrefois ils cédaient après quelques selles diarrhéiques qui n’avaient aucune suite ; je les ai vus se juger par une épistaxis et fréquemment ils ont été suivis d’un accès de ficvre simple, terminé lui-même en vingt-quatre heures par une sueur abondante, en sorte que dans ces
8 DESCRIPTION DES PRODROMES , CtC.
cas les vertiges signalaient l’invasion de l’accès de fièvre.
Le symptôme précurseur fréquent du choléra et qui accompagnait le plus souvent les vertiges, et même les précédait, bien qu’il se soit montré aussi au début de la diarrhée cholérique, était une sensation de chaleur, d’ardeur entre l’épigastre et l’ombilic, avec sécheresse de la gorge , se prolongeant jusqu’à l’isthme du gosier. Cette sensation de chaleur s’accompagnait ordinairement d’une douleur à l’épigastre augmentant par la pression; elle n’était d’abord perçue par les malades que peu après l’ingestion des aliments ; les malades disaient qu’ils étaient comme gonflés, et ils se plaignaient de soif. Cette ardeur épigastrique a été constamment observée par M. Annesley à Madras; il s’en faut de beaucoup quelle se soit aussi communément présentée ici, bien quelle se soit encore assez souvent offerte à l’observation. Cette ardeur épigastrique persiste souvent en augmentant même d’intensité après l’invasion du choléra-morbus.
La manifestation du choléra-morbus arrivait plus rapidement après les prodromes vertigineux qu’après les prodromes diarrhéiques, mais elle était plus certainement la suite des prodromes diarrhéiques que des prodromes vertigineux qui cessaient dans la moitié des cas, même spontanément, sans qu’il survînt d’accidents 'de choléra-morbus confirmé.
La chaleur et l’ardeur épigastriques ne sont pas des préludes plus certains que les autres symptômes de l’explosion de la maladie confirmée. Ce serait donc à tort que l’on adopterait, au moins pour l’épidémie que j’ai eue sous les yeux, l’opinion d’Annesley, qui regarde le choléra comme existant déjà dès que cette chaleur avec ardeur épigastrique et entre 'épigastre et l’ombilic est développée.
SYMPTOMES DU CïTOLÉRA-MORBTIS.