‹ Monographie du cocon de soieChapitre 109 sur 189 · BOSNIE · texte numérisé non relu

BOSNIE

La Bosnie, Eyalet, ou gouvernement de la Turquie d’Europe, située au nord de l’Albanie, est une contrée montagneuse, particulièrement au sud, et dont les hivers longs et rigoureux favorisent peu la culture du mûrier. .

La Bosnie a néanmoins été exploitée par les graineurs. La collection du musée industriel renferme, sous le n°410, un cocon de Trawnick , d’origine Brianze, de couleur vive et tissu solide.

BUKA1UE

En 1862, une expédition italienne partit de Milan pour Orenbourg, se dirigeant vers la Bukarie.

Ce pays est situé dans l’Asie centrale, à l’est de la mer Caspienne, au sud des Khirghis de la petite horde ; il fait partie du Turkestan.

Les trois graineurs, MM. Gavazzi, Litta et Meazza, furent, peu après leur arrivée, emprisonnés par ordre de l’émir et relâchés après treize mois de captivité.

11 n’est résulté de cette aventureuse expédition qu’une intéressante relation due à M. Gavazzi.

Il estime la production bukare à 10 ou 12,000 balles de 35 kil. , soit 400,000 kil. , dont les 9/10 sont consommés dans le pays.

Un document, que je tiens de M. de Boutowski, n’évalue pas à plus de 5 à 600 pouds (9,000 kil.) l’exportation de Bukara, Kiloband et Khiva, par les frontières sibériennes et khirghises.

Ces soies ont été cotées pour la première fois, en 1868, au Bulletin cle la Bourse de Moscou.

Pendant la récolte de cocons, il s’en vend journellement, sur le seul marché de Bukara, pour 80 à 90,000 fr., et ce n’est pas le plus important du khanat.

Le mûrier greffé ne s’élève que pour son fruit, le ver à soie s’alimente avec le sauvageon tenu en buissons.

L’éducation commence à mi-avril et finit dans les premiers jours de juin ; les éducateurs bukares font pondre les papillons sur des vases en laiton ou cuivre étamé. Gavazzi dit les femelles très-fécondes, ayant retiré 22 gr. de graines de soixante-quatre d’entre elles seulement.

On rencontre, sur les marchés hukares, des cocons de toutes dimensions jusqu’à celle d’un œuf de poule, et de toutes les couleurs; il s’en trouve dans le nombre qui sont d’origine évidemment italienne et de qualité satisfaisante, mais ils sont rares.

Le n° 178 représente une de ces variétés, d’un jaune orangé fort vif.

La semence bukare a eu des réussites fort diverses en Europe, et n’a. en résumé, jamais excité d’enthousiasme.

STATISTIQUE

CACHEMIRE

En avril 1860, MM. Orio et Consonne, graineurs italiens, s’embarquent pour l’Inde. Ils arrivent en mai à Calcutta, où, aidés des bons offices du gouvernement anglais, ils peuvent se diriger vers le royaume de Cachemire et procéder à un grainage assez important, 25,000 onces. Ces semences sont emballées dans des caisses entourées d’une épaisse couche de laine et aérées seulement la nuit ; elles arrivent en très-bon état en Italie, fin novembre.

Soumises à l’examen microscopique de MM. Vittadini et Cornalia, ces observateurs les déclarent saines en tous points.

Le Cachemire doit être, pour la température, assimilé aux régions froides de l’Italie ; l’incubation s’y. fait seulementdans les premiers jours de mai.

La feuille est fournie entière au ver dès le premier âge, non détachée des rameaux, une fois par jour Seulement jusques au troisième, et l’éducation se continue ainsi à la méthode turque, mais avec une alimentation mesquine. Elle dure quarante jours, et le ver file son cocon sur l’édifice d’un mètre de haut, constitué par les rameaux entassés.

Le cocon Cachemire (fig. 179) a la plus grande analogie de forme et de grosseur avec les races d’Albanie et Monténégro. mais il est loin d’avoir leur solidité de coque.

ILES CANARIES

Il a fallu au fîleur généralement 16 à 18 kil. de cocons pour un de soie.

L’on a dit, à l’époque, que le maharadjah s’opposait à une nouvelle expédition de graineurs dans ses Etats. Je crois que l’obstacle vrai est dans l’insuccès de la première.

ILES CANARIES

Les Canaries sont un groupe d’îles de l’océan Atlantique, à 200 kilom. nord-ouest de la côte d’Afrique ; elles occupent l’extrême gauche sur la carte séricicole qui accompagne cet ouvrage. Elles dépendent de l’Espagne.

La plus considérable est Ténériffe. Le climat est des plus tempérés, le thermomètre ne varie guère de 26 à 30° en été, et ne descend pas au-dessous de 14° en hiver.

La plus adonnée à la culture des vers à soie est Palma ; elle peut annuellement récolter 30,000 kil. de cocons ; Gomère en produit autant, Ténériffe la moitié. L’archipel entier ne dépasse pas 90,000 à 110,000 kil.

Ces cocons sont réduits, en grégje, à l’usage de la consommation locale.

Le mûrier blanc ne réussit pas aux Canaries; on y cultive le mûrier noir, qui s’y plaît dans tous les terrains. Les vers nourris avec sa feuille sont plus gros que ceux

STATISTIQUE

d’Europe. Le ver est venu originairement de France pour les races les plus répandues; il y a cependant un ver dit canarien , et l’on cultive avec le multicaule une variété polyvoltine.

En 1861 et 1862, il y a eu une certaine exportation de semences pour la France et l’Italie, où elles n’ont généralement pas réussi, peut-être à cause de la privation de la nourriture habituelle de leur ver.

On a du reste donné dans le temps la même cause à l’échec des graines de Chio.

La fig. 103 représente un cocon venu de Sainte-Croix de Ténèriff'e.

CHINE

La Chine est. faut-il croire, le berceau de notre industrie.

Qui ne connaît l’agaçante historiette des deux moines rapportant à l’empereur Justinien, cachée dans leur bâton de voyage, à travers mille dangers, la première graine de ver à soie reçue par l’Occident.

Ce vieux poncif, que vingt générations de compilateurs n’ont malheureusement point encore usé, suffira pour perpétuer la mémoire de ce monarque, mieux que ses Institutes ou que le souvenir des fredaines de Théodora.

CHINE

En tous cas, notre berceau est protégé contre les curiosités indiscrètes, plus encore par son étendue que par son éloignement, et trente ans de rapports commerciaux avec l’Europe ne nous permettent point d’essayer une timide statistique de sa force productrice générale.

On a prétendu que le ver à soie du mûrier, vivant à l'état sauvage, n’avait jamais été rencontré qu’à Mussorée, versant sud de l’Hymalaya, par le capitaine Hutton. C’est une erreur.

Le ver à soie du mûrier vit librement sur cet arbre dans le Tché-kiang, aux environs de Hang-chow, et probablement en d’autres lieux en Chine, où il est connu sous le nom de Tien-tsô, fils du Ciel.

Cette race particulière, primordiale si l’on veut, dépose ses œufs sur les branches du mûrier.

Environ deux mois après la récolte normale, celles-ci

sont couvertes de jeunes chenilles que l’on se borne à

protéger contre les oiseaux ; elles forment leur cocon dans la feuille même, comme d’autres espèces sauvages.

Ces cocons se vendent de GO à 75 cent, le kil. ; il en faut environ vingt pour en produire un de soie; les Chinois d’ailleurs ne les filent qu’à l’état de mélange avec d’autres.

Cette race des Tien-tsé occupe le n° 246 dans la collection du musée industriel.

170 STATISTIQUE

Diverses provinces de l’empire chinois produisent la soie.. Celles du Tché-kiang et du Kwan-tong nous destinent les qualités blanches les plus répandues et les plus appréciées par l'industrie européenne.

Le Schan-tong et le Tssè-chuen nous expédient depuis quelques années des soies jaunes.

Les premiers rapports commerciaux de ce pays avec l’Europe datent des traités conclus en 1829 par la Russie, mais n’ont commencé à avoir une importance réelle qu’à l’époque (1842) où l’Angleterre négocia l’ouverture d’un certain nombre de ports.

En 1843, la Chine exporta2,650 balles, soit 123,000 kil. , chiffre élevé en 1845 à 11,000 balles, 511,000 kil., en 1857 à 95,000 halles, 4,400,000 kil., mais elle est retombée à une moyenne de 50,000 balles, 2,300,000 kil., somme d’ailleurs très-supérieure à celle de toute la production française dans les meilleures années.

La proportion du produit chinois représentée par ce chiffre nous est inconnue.

Il a dû venir en Europe, de tout temps, des semences chinoises sur une petite échelle.

La plupart des cocons d’un blanc éclatant que l’on rencontre en divers pays portent des noms qui dénotent cette origine, mais jamais, avant notre époque, les envois n avaient eu le caractère d’une véritable exportation.

CHINE

En 1851, M. de Montigny, consul de France en Chine, adressa à la Chambre de commerce de Lyon une petite collection de semences ; il n’était alors nullement question d’épidémie. Les divers échantillons qui la composaient furent

répandus dans le midi de la France, où leurs résultats

ne donnèrent point une brillante idée des ressources de la Chine.

A côté de rares cocons de bonne qualité, tels que ceux du Kiang-nan (fig. 167) et du Tché-kiang (fig. 166), ils fournirent le plus souvent des cocons, polyvoltins (fig. 171), ou des variétés annuelles, contenant 25 °/0 cocons multiples ; et les éducateurs trop zélés, qui voulurent poursuivre ces races, les virent se fondre littéralement en leurs mains. J’étais du nombre.

Ces cocons se trouvent au musée industriel sous les nos 236 et 237.

Néanmoins, ces insuccès, peu connus d’ailleurs, n’empêchèrent point, quatre à cinq ans plus tard, la sériciculture européenne en détresse de tendre les bras vers le vieux berceau maternel, mais le sein épuisé de la mère ne lui pouvait être d’aucun secours.

En 1859, une expédition italienne, dirigée par les comtes Castellani et Freschi, eut lieu, patronnée par le gouvernement autrichien, qui fît souscrire d’office les municipalités, et appuyée d’ailleurs par les représentants de France et d’Angleterre.

Elle rapporta 300,000 onces, dont on ne connut jamais précisément le sort, lequel en somme fut un échec nou-

STATISTIQUE

veau, rejeté sur un séjour trop prolongé des caisses dans la région de Suez \

A la même époque, la maison Sottocasa, de Lyon, importa un lot assez considérable des mêmes semences, dont je pus constater la parfaite conservation ; néanmoins, il eût été difficile désormais de trouver des coopérateurs pour une expédition en vue de la Chine, c’est ce qu’éprouva bientôt le Salut séricicole.

Les expéditions Meynard et Joubert en 1S64 furent un dernier échec.

L’Europe n’a reçu depuis lors que de minimes quantités de provenances nouvelles, telles que les cocons jaunes du Schan-tong à quatre et trois mues (fig. 174 et 175), les Shen-si (fig. 168), les Kwan-tong polyvoltins (fig. 169), les Kia-ting du Tssé-chuen (fig. 177) et les Tchè-fou du Shan-si (fig. 423 et 424 de la collection du musée industriel), importations qui n’ont point rallié le public.

Dans un rapport qui date de 1861, M. Eug. Simon, délégué en Chine du ministère du commerce, pour les questions d’agriculture et d’histoire naturelle, a prétendu « que l’insuccès des semences chinoises provenait de l’infériorité des qualités achetées par le commerce, et qu’il existait en Chine des variétés produisant 115 à 1 20 k i 1 .

1 L'expédition Castellani constata l'existence d'un parasite analogue à l'oudj, dans les magnaneries chinoises, niais dont les ravages maximum ne dépassaient pas 10 û/0.

CHINE

par once, savoir 50 kil. de plus que les races françaises. »

Dans le Céleste Empire, la graine se vend sur des cartons minces ou papiers, lesquels se détaillent au pouce carré ; la majorité des éducations se compose de fractions d’onces, les plus importantes ne dépassent pas 2 à 3.

Le grand fractionnement de l’éducation étant d’ailleurs une des conditions spéciales de réussite, l’éducateur chinois devrait obtenir des résultats supérieurs à ceux obtenus par l’agriculteur français ; or, il paraît que, loin d’ètre aussi' brillants que veut bien le dire M. Simon, ils ne dépassent .guère une moyenne de 20 kil. par once.

J’ai, d’autre part, quelques raisons pour croire que les semences expédiées et recommandées par M. Simon, n’ont pas toujours donné ces derniers résultats.

La mesquinité des uns et des autres ne me surprend point, car je considère la sériciculture chinoise comme V expression la plus complète d'une domestication poussée à l'extrême , particulièrement sous le rapport du surchauffage.

Cette domestication, en affaiblissant progressivement les races, ne pouvait produire autre chose que des semences fragiles à l’excès 1 .

Les graines variées qui, depuis vingt ans, nous sont

1 M. Turrel est d'avis que, lorsque le ver à soie fut introduit en Europe (550), il était déjà fortement dégénéré, sous l'influence de trois mille ans d’éducation dans des conditions toujours différentes de celle de la nature. Treize cents ans du même régime n’ont pu l'améliorer depuis.

venues de pays divers, ont eu,' chacune à son tour, leur heure de réussite ; Ton peut dire qu’aucune n’a succombé sans lutte et sans succès. Celle du Japon résiste depuis dix ans ; seules, celles du vieux berceau n’ont jamais fourni <T appoint aux récoltes européennes.

Un simple rapprochement de faits, et je conclus.

Je rencontrai, il y a quelque huit à dix ans, sur les bassines d’un lilateur de mes amis, un lot de cocons dont toutes les crysalides possédaient, sans exception, la couleur •bitumineuse caractéristique des sujets très-malades. Cette uniformité me surprit, je n’avais jamais vu la maladie frapper indistinctement tous les individus. Ils étaient donc tous prédisposés par une cause générale.

Est-il besoin de dire que ces cocons étaient de provenance chinoise?

Je crois que l'insuccès perpétuel de ces races en Europe n’est point, comme certaines personnes l’ont cru, une question d’acclimatation, et qu’il tient uniquement à ce que, plus affaiblies par la domestication que toutes autres, elles n’ont pas même la force de résister à la première année cV éducation en pays infecté.

COCHINCHINE

COCHINCHINE

La Cochinchine s’étend sur toute la côte orientale de l’Indo-Chine, depuis la province de Canton, et sur la côte occidentale du golfe de Siam, jusqu’aux frontières du Cambodge.

Elle est divisée en trois régions principales : le Tonkin au nord ; la Cochinchine proprement dite, jusqu’à la frontière de la province de Bien-hoa appartenant à la France ; la basse Cochinchine française, divisée en six provinces : Bien-hoa, Giading, chef-lieu Saigon, Mytho, Win-long, Chaudoc et Hâ-tien.

La Cochinchine appartint aux Chinois quatre ou cinq siècles avant l’ère chrétienne ; elle a donc participé dans une certaine mesure à la civilisation du Céleste Empire ; elle a récolté la soie de toute antiquité.

Cette industrie y a été toutefois moins développée qu’au Tonkin, plus voisin, à cause des restrictions qu’y apportait le gouvernement annamite, mais elle est susceptible de prendre une grande extension, but auquel a constamment tendu le gouvernement français, secondé par le concours éclairé et dévoué du comice agricole de Saigon.

Il est peu d’ Annamites qui ne possèdent quelques mûriers, arbre probablement indigène en Cochinchine. En

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certaines provinces comme Chaudoc et Win-long, des lieues entières de terrain en sont complantées, le long des fleuves et des arroyos (canaux), les arbres étant généralement-disposés sur des levées en terre d’environ trois mètres, séparées par des fossés de moitié, dans lesquels entre l’eau destinée à entretenir la fraîcheur durant la saison sèche, et à empêcher l’excès d’humidité pendant la saison pluvieuse.

On plante l’arbrisseau en mai, au début de la saison humide, sans fumure ; les boutures donnent des feuilles au bout dé trois mois ; celles-ci sont cueillies à la main, une à une, sauf le bouquet terminal; un mois après, nouvelle cueillette, et ainsi de suite cinq à six fois, jusqu’en décembre, époque à laquelle la plante est coupée ras terre.

Durant la saison sèche, la végétation languit ; au bout de cinq à six ans l’arbre est renouvelé.

Deux variétés principales de mûriers existent, dans le pays, le Dan-Bau et le Dan-Ding ; le premier est meilleur, ayant une feuille moins pointue et plus grande. Dans une plantation négligée le Dan-Bau se transforme en Dan- Dim»'.

Un hectare d’arbres suffit à l’éducation de 30 corbeilles de vers, donnant 230 kil. de cocons environ.

L’éducation des races polvvoltines dérive de ce qui précède, et les cocons cochinchinois ne diffèrent aucunement de la race Dessée du Bengale (fig. 100.)

La température moyenne du pays est 26/28°, le maximum 30/34° centigrades.

COCHINCHINE

L’éducation commence en juillet. Les feuilles de papier couvertes de graines sont placées dans des corbeilles de bambou, de 1 mèt. 40 centim. de diamètre, disposées suides étagères distantes de 20 centim. ; on attend l’éclosion naturelle, et les vers s’espacent peu à peu; au dernier âge les vers d’une corbeille en occupent trois.

Le boisement des vers arrivés à maturité se fait de diverses manières ; avec des fagots horizontaux de brindilles végétales, avec de grossiers treillis de grandes herbes plates des marais desséchées, avec des claies spéciales de un mètre de long, inclinées. Sur les uns et les autres on transporte à la main les vers mûrs pris sur les corbeilles, qui en renferment de tous les âges.

L’Annamite vend perpétuellement ses cocons au fur et à mesure d’une production ininterrompue, et par fractions souvent minimes.

Les étagères sont recouvertes de moustiquaires pour éviter les piqûres de la mouche Lan , insecte ailé à reflets verdâtres, qui hante les magnaneries. Si le ver piqué par elle est jeune, il périra avant d’avoir coconné, s’il en est piqué peu de jours avant la montée, il fait son cocon, duquel sort plus tard la larve particulière dont l’œuf a été déposé par la mouche. Ce cocon est impropre à la filature.

Lors de la ponte, pour accélérer celle-ci, les indigènes placent la femelle sur un tamis qu’ils agitent; la rééclosion suit la ponte au bout de dix à douze jours.

Le cocon cochinchinois donne la quinzième ou seizième partie de son poids en soie.

Les principaux centres de production s’étendent sur les rives du Meï-kong, depuis l’île de Co-sulin au nord de Pnum-penh, capitale du Cambodge, jusqu’aux villes dé 'Win-long et Mytho. Les districts de Baria et de Batra, province de Bien-lioa, Bin-long dans celle de Giading, le Huyen de Kien-dang, province de Mytho, sont également très-producteurs .

La production des possessions françaises s’élève à environ 600 piculs (36,000 kil.)de soie grége, représentant une récolte de 5 à 600,000 kil. de cocons, susceptible d’un très-grand développement .

Pour le moment, les soies, tant du Tonkin que du Cambodge et de la Cochinchine, dont j’ai eu l’occasion d’essayer des spécimens très-variés, sont filées en tous titres depuis 20 à 100 deniers ; elles sont généralement irrégulières, mal croisées, souvent fourrées avec un doupion rougeâtre ; leur déchet au devidage varie de 4 à 30 %•

Divers Européens ont établi récemment des filatures perfectionnées. En 1869, à Cholon, ville chinoise de Saigon, fonctionnait une filature à vapeur appartenant à deux Français, occupant cent soixante femmes annamites. La guerre a momentanément suspendu son travail.

.J’ai filé des cocons cochinchinois des diverses provinces. Ils supportaient et même demandaient le feu beaucoup plus que ne l’eût fait croire leur nature, et fournirent une grége

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moins duveteuse que celle des bivoltins japonais que je filais simultanément.

M. le capitaine de frégate Vial, directeur de l’intérieur en Cochinchiné jusqu’à l’année 1871, bien au courant des ressources de ce pays, au développement desquelles il a largement contribué, n’évalue pas à moins de dix ou quinze millions de francs la valeur de soie qu’il peut fournir un jour.

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