ESPAGNE
La production espagnole a été parfois évaluée à 1,000,000 de kilog.de soie, représentant 12 à 13,000,000 de kil. de cocons.
L’Espagne passe en outre pour avoir exporté 500,000 kil. de grèges dans les années d’abondance, plus quelques cocons secs.
Ces évaluations doivent être exagérées, la production des trois grands centres principaux, Valence, Séville et Murcie, est loin de faire supposer ce chiffre total.
De 1848 à 1853, la production maximum du royaume de Valence peut être évaluée à cinq millions de kilogrammes de cocons, celle de l’Andalousie, qui, en 1870, résulte de 2,200,000 kil. n’a pas dû dépasser trois millions dans les meilleurs moments, et celle de Murcie 8 à 900,000 kil.
Dans les bonnes années, la Castille pouvait produire 140 à 150,000 kil., la province de Grenade 120,000, l’Aragon 80,000, et la Catalogne 30,000 ; quelques autres lieux de production disséminés y ajoutaient un appoint de 25,000 kil.
Cette production est aujourd’hui réduite de 25 à 50 %•'
La maladie a débuté, suivant les uns, en Aragon, suivant d’autres, dans le royaume de Valence (en 1853). Quoi qu’il en soit, elle ne tarda pas à réduire fortement l’exportation, qui, comportant
En 1852. . . . 310,000 kil. soies et 54,500 kil. cocons
1853, tomba à 98,230 — 18,900 —
En 1856, l’Espagne fut contrainte à importer, pour l’alimentation de ses usines, 138,000 kil. de soies étrangères.
Les filatures à vapeur réputées de Valence et de Murcie, appartenant à des maisons espagnoles ou françaises, comportent environ 2,300 bassines, et livrent à la consommation une quantité d’environ 85,000 kil. soies grèges, souvent hors ligne.
STATISTIQUE
Ces filatures ont dû lionne partie de leur renommée à des races de cocons remarquables, réduites aujourd’hui malheureusement à des débris trop restreints.
Le cocon de Catalogne (fig. 33) provient d’un rayon de 30 à 40 kilom. autour de Barcelone. Le grain en est fin, les papillons de la race catalane sont féconds. Ceci est particulièrement vrai pour la race Rubi (fig. 35), qui se produit par petites éducations avec le multicaule.
Le cocon Sierra-Segura (fig. 32) est du sud du royaume de Valence; son format est celui de la grosse Fossombrone, il satine un peu et donne cependant une grége de mérite.
La race Madrid (fig. 34) est remarquable par la quantité de soie qu’elle fournit. Ce cocon, d’un ovale renflé, est d’un grain plutôt gros, la grége un peu rude au toucher.
La race Chornet (fig. 36) tire son nom d’une ferme située dans la Ribera; son origine est Brianze, elle était fréquemment renouvelée à la source tant que cela fut possible, et toute la Ribera s’en approvisionnait au temps de sa prospérité ; c’était un excellent cocon.
La race Cordoue (fig. 37) diffère peu de la race catalane.
Lnfin, celle des Antèados (fig. 38) provenant des montagnes de Murcie, cocon solide à fil un peu rude.
Lors de 1 invasion de la maladie, l’Espagne recourut à 1 Italie infectée pareillement, ; toutefois elle eut quelques réussites de la race Bione ; la Sierra-Segura et l’ Aragon
FRANGE
se traînèrent jusqu’en 1856-57, époque à laquelle l’importation des Majorque eut lieu, avec un succès éphémère.
Depuis lors les récoltes d’Espagne se sont succédées avec des aléa divers, et comportent actuellement une proportion de 70 % en cocons japonais.
FRANGE
Suivant Buffet, inspecteur des fabriques du Languedoc pour le roi, la France tordait en 1775 :
1,000 quintaux d’organsins fins de la valeur de fr. 3,400,000 4,000 — organsins, et tramessuperfines — 12,000,000
16,000 — trames fines et ordinaires — 43,000.000-
9,000 — poils d’Alais, tramettes etc. — 20,000,000
30,000 quintaux, soit 1,500,000 kil. sur lesquels moins du tiers était le produit de l’agriculture française, le surplus étant importé de l’étranger à l’état grége.
Cette production restreinte eut encore à souffrir de la période révolutionnaire, se remit lentement du coup porté à cette époque, et ne dépassait pas, en 1810, le chiffre de 1775.
Ce ne fut que de 1820 à 1825 qu’elle parvint à doubler
STATISTIQUE
c’est-à-dire à approcher d’un million de kilogrammes de soie, et de 1825 à 1850 qu’elle prit l’essor qui la place actuellement au nombre des pays grands producteurs.
La maladie des vers à soie l’a depuis lors (quatrevingt-neuf ans plus tard), ramenée accidentellement vers le chiffre de 1775.
Voici d’ailleurs les fluctuations approximatives de la dernière période de vingt ans.
20 raillions de kil. Prix fr.
Une statistique assez récente (18G7), celle de Y Association séricicole pratique du bassin du Rhône , évalue le produit moyen de la France à plus de vingt-deux millions et demi de kilogrammes de cocons pour la période 1848
FRANGE
à 1853, et lui conserve un total dépassant douze millions pour celle de 1861 à 1866.
Après avoir partagé ces illusions pendant un certain temps, la recherche plus précise .des faits m’a conduit à penser que le chiffre de vingt millions de kilogrammes n’a pu être dépassé ou même atteint, que tout à fait exceptionnellement , dans quelques-unes de ces rares années ou tout, stock de semences, et température, concourt à élever la somme du produit.
Par contre, si ce produit est le privilège exclusif d’une dizaine de départements, d’autres, en nombre presque triple, produisent le cocon dans une certaine mesure, qui ne doit pas être passée sous silence, et se trouve généralement négligée dans les statistiques.
Tous les cocons ■ représentés dans celle de la France appartiennent aux anciennes races à grain fin et moyen, dont il ne reste actuellement que des débris.