MANDCHOU R I E
La Mandchourie fait, sur le continent asiatique, face au Japon, et se délimite au nord par le fleuve Amour.
Elle comprenait autrefois trois grandes provinces : Ileïlong-yang au nord-est, Ki-rin à l’est et Sheng-ying au sud, avec Moukden pour capitale. Les Russes possèdent actuellement tout, excepté la province sud.
Dans celle-ci, les districts de Haï-tchéou, Yu-sieau et Fong-tien-fou cultivent le ver à soie et tirent leurs graines de Corée.
Le climat de Mandchourie est sujet aux extrêmes températures, soit au-dessus, soit au-dessous de 0°, il ne connaît ni le printemps ni l’automne.
Mgr Vérolles, évêque de Mandchourie, a expédié le pre-
MONTENEGRO
mier quelques-unes des semences du pays à M. Dabry, consul de France à Hankow.
En 1868 et 1869, une plus grande quantité, 20,000 onces, arrivée en Europe par l’intermédiaire d’une société bresciane, a donné d’assez tristes résultats, bien que n’étant pas atteinte de la maladie. Les cocons étaient très-variables de qualité, et généralement d’un rendement fort médiocre.
Aussi, en 1870, la société Vedovelli-Cicogna et CiB, qui les importait, fut-elle dissoute.
Le cocon Man Ichourie (fig. 158) ressemble fort, en tous points, au cocon Cachemire déjà cité.
Certaines graines de Mandchourie ont fourni des vers d’un aspect tout spécial, souvent tigrés, et portant, en arrière de la tète et sur le dos, entre les anneaux, une dizaine de protubérances ou cornes, brunes et blanches, marchant par couples, et faisant saillie de un et demi à deux millimètres.
MONTÉNÉGRO
Le Monténégro est un petit état indépendant enclavé entre l’Adriatique, l’Albanie et l’Herzgowine ; son cheflieu est Cettigne.
De 1858 à 1862, ce pays a fourni, particulièrement à
l’Italie, qui l’appréciait beaucoup à cause de la nature de sa soie, un cocon assez semblable àl’Albanais, ovale, pointu, vif en couleur, et de grain moyen.
En 1870, le Monténégro récolte 5 à 6,000 kil. de cocons indigènes, qui se réalisent généralement sur le marché de Cattaro.
La fig. 106 bis représente une race de Monténégro .
PERSE
La Perse est bornée au nord par la Russie et la mer Caspienne, à l’est par le Caboul, au sud par le golfe Persique. Elle se divise en onze provinces, dont trois, le Ghilan, le Mazenderan et l’Aderbaidjan, récoltent la soie plus particulièrement.
Le premier a pour chef-lieu Redit, le second, Sari, le troisième, Tauris.
La Perse récoltait avant la maladie un million de kilogrammes de soie, dont elle exportait plus de la moitié, soit 15 à 20,000 balles en rouleaux, ou tulés de six batmans.
Le batman est de 5 kil. 80 ar.
La province du Ghilan entrait pour moitié dans ce produit, elle possède neuf à dix millions de pieds de mûriers ; ensuite venait le Mazenderan.
PERSE
Dans l’Aderbaidjanla culture du mûrier s’est assez étendue eu ces dernières années à cause de l’élévation du prix des soies.
L’émir Nizam a planté 50,000 mûriers à Maragha. sud-est du lac Ourmiah. A Myandah, le serdar Azis a complanté un million d’arbustes. A Dilman, nord-ouest d’Ourmiah, le scheik El-Islam en a planté 10,000 pieds. A Tauris, un Autrichien, M. Greinfeld, en a planté 12,000.
Le Meshed et le Yezd récoltent 46 à 48,000 kil. Ispahan exporte 4,000 pouds (65,520 kil.).
En 1863, le Gbilan et le Mazenderan exportent encore 450,000 kil. courts ou longs guindres, qui, en 1870, se trouveront réduits par la maladie à 175,000, soit environ 5,000 rouleaux.
La Perse fournit, en 1858 et 59, à la France et à l’Italie, quelques semences qui y réussirent suffisamment et donnèrent généralement un gros cocon un peu satiné, mais étoffé (fig. 143 et nos 203 et 204 du musée industriel). Attaquée elle-même par l’épidémie, elle s’est faiblement maintenue au moyen de semences venues du Ivhorassan et du Japon, mais ne s’est jamais adonnée qu’aux plus infimes qualités de ce dernier pays.