‹ Monographie du cocon de soieChapitre 3 sur 189 · TRANSFORMATION DU MURIER · texte numérisé non relu

TRANSFORMATION DU MURIER

Je constaterai d’abord, avec Corsuccio et Bonfanti, que le mûrier noir était fort répandu de leur temps.

Bonfanti assure que la feuille de l’arbre à fruit rouge ou noir se vendait trois fois le prix de l’autre, et que l’on doit toujours en user dans les derniers âges du ver.

Corsuccio pense que les vers nourris de cette feuille sont plus vigoureux que ceux alimentés par le mûrier blanc. Laffemas, quelques années après, dit que la feuille du mûrier noir se vend trois fois le prix de l’autre, et que les éducateurs expérimentés des Cévennes la préfèrent beaucoup.

Le Mantouan Levantio écrit : « Sono di due sorte i mori

/'uno bianco e Valtro nero , e il nero e per il piunelle noslre italiche parti 1. »

Quels sont les motifs qui en provoquèrent peu à peu l'abandon, et ne le firent conserver que dans quelques pars froids, parce qu’il résiste mieux à la gelée (vallée de la haute Drôme, pqr exemple) '

Christophe Isnard. des premiers, nous le- dira en ces termes : -

« On commence (1665) à en venir au mûrier blanc. Sa feuille est plus tendre, plus appétissante, plus naturelle au ver que celle du mûrier noir ; ce mûrier est plus actif à jeter sa feuille de dix à quinze jours, il coûte moins de cueillette et donne une soie plus fine. »

Un siècle plus tard, le mûrier sauvage était tout à fait délaissé pour l’arbre greffe.

M. Latour, fonctionnaire, auteur du manuscrit qui nous a conservé la trace des désastres de 1750, se demande déjà si le mal qu’il constate ne doit pas être attribué à la greffe du mûrier. Il dit que l’on est content lorsque les vers rendent 40 liv res par once de graine.

La greffe, la fumure abondante, la taille courte de l’arbre, prendront graduellement un immense empire dans l’ agriculture, à cause des avantages qu’elles présentent quant à l’abondance et au bon marché de la feuille. Bonafous confirmera les avantages énumérés par Isnard.

1 Ollivier de Serres (1600) dit : « Que en divers endroits de Lombardie, en Andnze, en Alez et autres lieux des Sevennes du Languedoc, grand traftic se fait de la soie que produit le mûrier noir. »

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