‹ Monographie du cocon de soieChapitre 8 sur 189 · DU DEVELOPPEMENT DES MAONANEPJES · texte numérisé non relu

DU DEVELOPPEMENT DES MAONANEPJES

Ainsi que nous le verrons plus loin, les produits de la sériciculture française ont presque quintuplé depuis cinquante ans. Gela se conçoit aisément en ce qui concerne le mûrier : il ne s’agissait que de multiplier les plantations, travail facile, et d’en attendre le développement, question de patience .

Mais si, comme le disent Lambruschini et le bon sens, la capacité des locaux affectés à l’éducation doit s’accroître' non en proportion simple du nombre d’insectes élevés, mais en proportion progressive , il s’agitait dès lors un problème d’une solution extrêmement délicate, et dans laquelle le bien faire devait succomber devant les exigences de l'intérêt matériel. Celui-ci poussait l’éducateur à développer la quantité de vers élevés dans un local déterminé.

C’est ainsi que chez les masses, lentement, mais de jour en jour, se produisit l' encombrement , auquel il faut attribuer la plus grande part dans l’exaspération de toutes les maladies du ver et particulièrement de l’épidémie actuelle.

Rarement on aura vu cette action se produire aussi clairement que dans les contrées de l’Orient, ou s’est exercé le grand grainage, dans les conditions de brusque et considérable accroissement de l’éducation, provoqué par le prix excessif retiré des cocons.

Cette action était si évidente, en ces dernières années, que l’on pouvait prédire à jour fixe, comme un calcul d’éclipses, la ruine de tel centre producteur.

Je ne saurais mieux faire que de rééditer aujourd’hui le paragraphe suivant, extrait d’une controverse que j’entretins, en 1861, avec un sériculteur italien, M. Mapei de Nocciano :

« Dans les pays infectés d’Europe, disais-je, l’on cherche à sauver la position en forçant la quantité de semences élevées, et l’on développe ainsi l'épidémie.

« Dans les pays préservés, ou jugés tels, comme les provinces danubiennes, les graineurs paient actuellement les cocons destinés au grainage jusque à trente francs le kilogramme (V. Bukarest). L’éducateur de ces contrées, sollicité par d’énormes bénéfices, a, cinq ou six fois, plus de raisons qu’ailleurs d’entasser les vers et ne s’en fait faute ; aussi, Bukarest mourra de la mort d' Andrinople et de Smyrne. »

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