L-VAL-CAM PANVS
Nous devons faire remarquer cependant que le nom de Lucius Valerius Gampanus est plus complet et plus officiel que ne le sont généralement les noms des culiores du dieu Leherenn. (V. § v.)
(16) sont sortis jusqu'ici tous les monuments relatifs au culte du dieu Leherenn (1).
C'est par les soins éclairés de la Sotiété Archéologique du Midi de la France , fondée , comme on le sait , en 1831 , quc^ le Musée de Toulouse s'est enrichi des deux autels suivants , dont le premier a été publié à t)lusieurs reprises (2). Nous le reproduisons , comme ceux qui précèdent , d'après un estampage comparé lettre à lettre avec la légende du marbre antique :
LEHEREH
MkRti
Vil BAMBIX
PVBL'-L'I
Leherem Marti Bambix, Publi (Publii ) lihertus, Votum Sdvit Libens Mmto (3).
(1) M. duMège croit se rappeler, sans rien affirmer pourtant , que ce curieux firagment provient du vUlage de Valcabrère , ce qui , en admettant Fexactitude de ^'assertion, ne contrarierait pas sérieusement Tinduction cpe nous venons d*émettre,
(2) Les procès -verbaux de la Société nous apprennent, sous la date du ^ octobre 1831 , que cette négociation avait été confiée à M. Chaton père , horloger à SaintrGaudens. Les quatre inscriptions, détachées par M. Chaton du pavé et des muraiUes de Téglise , étaient : 1» le grand autel de Diane, que M. du Mège avait trouvé, en 1814, encastré dans Fun des montants de la porte (nous le reproduisons plus loin, voy. § v) ; 2<» et 3o les deux autels dédiés à Leherenn par Bambix Publii Libertus , et par Gemellus et Festina ( nos vu et viu ) ; 4» un fragment d'inscription monumentale (U était encastré dans le pavé de Téglise , à ce que nous apprend M. Y. Caze ) sur lequel on ne lit plus que le nom tronqué de (PR) OXVMVS (voy. plus loin, § iv). M. du Mège, qui a publié ces monuments fort peu de temps après Facquisition foite par M. Chaton (Mém. de la Soc. Archéol. du Midi de la France , tom. i , pag. 5, 13) , dit , dans son Catalogue du Musée, en parlant d*un des autels que nous venons de citer : « Ten ai recueilli quatre autres » (pag- 41).
(3) Cet autel , équarri de tous les côtés à la scie et martelé latéralement comme une pierre de taiUe , ce qui lui donne Taspect d-un linteau de porte , a, dans son état actuel , 0"<^,40 de hauteur totale sur 0,19 de largeur. L'écriture , encore régulière , est lourde , élargie et creusée jusqu'à l'exagération*
Le marbre n'offre pas trace du mot Deo , que M. du Mëge lit et imprime en toutes lettres au-dessus du nom de Leherenn ( M. du Mége , Descr. du Musée des Antiques de Toulouse , p. 42). M. Castillon, qui se borne d'ordinaire à copier» en les défigurant, les textes publiés par M. du Mège(/ris(. des fOfpvX. pyr. du Nébouzan et du Comminges, t. Il, p. 507) . supprime , comme lui , le petit t du mot Publi, inscrit comme celui du mot Lib. dans l'angle intérieur de VL. M. Cénac Mour caut (Voyage j etc. , p. 18), fidèle à ce procédé de multipliplication épigraphique , que nous aurons plusieurs fois l'occasion de signaler „ fait de cette inscription fort claire deux inscriptions distinctes, dont il emprunte l'une à M. du Mége (celle qui intercale gratuitement dans le texte le mot Deo) en y ajoutant de son chef deux inexactitudes : Lehren au lieu de Leheren, Bamrix au lieu de Bambix, L'autre , relevée probablement sur l'original , remplace le nom bien connu de Publius (Publi ) par le prœnomen inédit de Purius (Puri) qui eut rendu bien heureux le savant Reinesius (/6îd., p. 16). Enfin, comme si tout le monde était d'accord contre cette malheu^ reuse légende, M. Mérimée lui-môme substitue le prénom de Publicius à celui de Publius et remplace par le mot Rumeix (l'R et le V sont liés, dît-il,) le nom A^Bambix que nous allons retrouver sur un autre monument d'Ardiége ( Note sur un basrelief du Musée de Strasbourg, iley. i4rcA., 1844, 1. 1, p. 252).
Par une fatalité regrettable , de quelque manière qu'on l'explique , le second des deux autels dont nous venons de parler a disparu, depuis plusieurs années déjà, des galeries du Musée, où nous l'avons inutilement cherché à bien des reprises. M. du Mége, qui l'a publié peu de temps après l'acquisition faite à Ardiége par la Société Archéologique du Midi , remarque que la pierre avait souffert de nombreuses dégradations et que la légende paraissait mutilée à dessein à la suite de la première ligne (1).
(i) Mémdre sur quatre inscripUons antiques. ( Mém. de la Soc. Archéol du Midi de la France , tom. i , pag. 12. )