PARTIE DESCRIPTIVE
L’étude comparative des Pilobolus et des mucorinées ne laisse, comme nous venons de le voir, aucun doute sur la place qu’ils doivent occuper dans une classification naturelle des champignons : ce sont de véritables mucorinées par leur port, leurs caractères et tout l’ensemble de leur vie. C’est aussi la place que leur avaient sagement assignée les premiers observateurs, et celle qu’ils occupent dans les classifications les plus récentes L Persoon, Schumacher, Fries, Wahlenberg, Rabenhorst et Berkely, en les réunissant autrefois aux gastéromyces, méconnurent l’ensemble de leurs caractères, autant que Corda, MM. Léveillé et Benorden, en en faisant, sans raison suffisante, le type d’une famille nouvelle.
Gen. pilobolus, Tode, emendatum.
Mucor , Scop. Boit.
Hydrogera, Web.
PiLOROLUS, Tod., Pers., Fries.
Pycnopodium , Corda.
Char. gen. — Germinatio, evolutio ac hyphasma stoloniferum ut in mucorineis ; cellulae fructiferae septo distinclae, hydrophorae, roridae, supernè ventricoso-rullatae , fugacissimae , sporangio discolore, non innovato, coronatae. Sporangium compositum , explose ejaculatum. Sporae simplices, coloratae.
Ce genre mérite, à cause de l’élégance de san port et de la supériorité de son organisation, d’être placé à la tête des mucorinées, et se distingue particulièrement des genres voisins par le renflement sous-globulaire de sa tige,
* J. Payer, Bot. Crypt., p. 82. Paris, t850. — G.-W. Kôrbcr, Grn7idriss der Krypt. Kunde , p. 55, 1848, etc.
DU GENRE PILOBOLÜS.
les gouttes cristallines qui la couvrent habituellement, son sporange composé et bicolore, foncé au-dessus et pâle en-dessous, et enfin par le mode de dissémination de ses spores.
Cinq espèces de Püobolus sont connues aujourd’hui dans la science : les P. crystalUnus f Tode, oedipus, Montagne, roridus, Pers., anomalus, Cesati, et lentigeriis, Corda, dont cet auteur a fait plus tard, mal à propos, le genre Pycnopodhm.
D’après mes recherches, le nombre de ces espèces devra être notablement réduit. Le P. lentigerus, Corda, n’est qu’une forme maladive du P. oedipus , Mont.; le P. anomcdus. Ces., est bien certainement une Ascophora; l’existence du P. roridus est très-incertaine; il ne reste donc plus que les P. crystallinus et oedipus pour constituer ce petit genre. Je décrirai d’abord les espèces certaines pour examiner ensuite les espèces critiques.