‹ Monographie du safranChapitre 3 sur 14 · RÉCOLTE DU SAFRAN · texte numérisé non relu

RÉCOLTE DU SAFRAN

Tout le temps de la floraison, de quinze à vingt- cinq jours, des femmes et des enfants cueillent les stigmates des fleurs avec le plus de soin possible. Le travail se fait avant que la rosée du matin ne soit dissipée et même durant toute la journée et la nuit entière quand on est pressé. Malgré leur activité et leur adresse, les cultivateurs ont la douleur de perdre une partie du produit qu’ils vendent si cher.

Le safran est mis dans des mannes ou paniers pour être transporté à la maison, puis il est épluché en plein air. Les stigmates sont séparés avec soin et mis à sécher sur des tamis de crin suspendus à environ 20 centimètres au-dessus d’un réchaud qui consomme un feu de charbon peu ardent et sans flamme. Après un quart d’heure de chauffage, on retourne le safran et on le met au-dessus du feu, où il reste un quart d’heure ; après ce temps il doit être sec. Alors il faut éviter de le toucher de peur de le casser ; on renverse le tamis sur une table pour qu’il se refroidisse sans être exposé à l’humidité ni trop près du feu. Pour cinq parties de safran frais on n’obtient qu’une partie de safran sec. Celui-ci est introduit dans des sacs de papier que l’on renferme dans des boîtes, et on le livre ainsi au commerce.

Ces pistils doivent être recueillis aussi rapidement que possible, car la corolle ne dure qu’un ou deux jours après qu’elle est épanouie.

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