CARACTÈRES PROPRES A LA VARIÉTÉ
1° Safran du Gàtinais. — Cette variété, la plus estimée, présente des filaments longs, larges et épais, souples et élastiques, d’une
couleur rouge orangée foncée, sans mélange des styles blanchâtres qui caractérisent la troisième variété. L’extrémité des filaments est assez ordinairement jaune pâle ; il est toujours un peu humide.
2° Safran cl'Espagne. — Ce safran diffère peu de celui du Gatinais,il est seulement plus sec et contient moins de filets jaunes. Le plus beau vient des royaumes de Grenade et de Yalence.
‘6°Safran d’Angoulême. —Le safran d’Angoulême, moins estimé et plus rare que ceux qui précèdent, offre à la vue des filets maigres et allongés, d’un rouge sombre, mêlés de nombreux filets jaunâtres et de styles blanchâtres; ceux-ci doivent leur couleur à l’absence du principe colorant dans les styles et dans la partie inférieure des stigmates.
h° Safran clAvignon ou du comtal d,'Avignon. —Cette variété est la meilleure de ceux du département de'Vaucluse ; elle est cependant inférieure au safran d’Angoulême et sa couleur est moins vive ; ses stigmates sont longs, mais plus minces. Il rend moins à l’emploi.
5° Safran de Carpenlras. — Inférieur à celui d’Avignon dont il a l’aspect, il rend moins à l’emploi.
G 0 Safran d'Egypte. — Ce safran est compris dans ceux du Levant; sa qualité laisse à désirer. Il n’en arrive guère aujourd’hui en France.
7° Safran du Levant , de Macédoine, d'Egypte et de Perse. •— Safrans autrefois réputés les plus beaux du monde et récoltés sur les côtes de la mer Caspienne ; il en circule peu aujourd’hui.
8° Safran cl’Orange. — Ce safran est très-inférieur. Il se présente en stigmates maigres, courts, peu colorés et peu généreux en teinture. Il vient du département de Vaucluse.
Toutes les fois qu’un pharmacien peut choisir entre ces espèces de safran, il ne doit point hésiter, Le safran du Câlinais est celui qu’il doit toujours prendre, quelqueélevé que puisseen être le prix.
Mais il arrive fréquemment que l’on ne peut se procurer le safran de première qualité, celui-ci ne se trouvant pas en assez grande abondance dans le commerce. On comprend aisément cette disette, non-seulement du safran de premier choix, mais encore des safrans inférieurs, lorsque l’on se reporte à l’aperçu que j’ai donné du rendement du crocus salivus.
En présence d’un tel état de choses, M. Monthus, dont j’ai déjà parlé, s’est demandé s’il ne serait pas possible de trouver une substance qui pourrait, à un moment donné, remplacer le safran, sinon toujours, au'moins dans quelques cas, en un mot de lui trouver un succédané.