LA PRESSE ORPHÉONIQUE
Dès son origine, l'institution orphéonique eut besoin d'un organe de publicité destiné à enregistrer les faits, comme à montrer les travaux accomplis. Plusieurs feuilles parurent; leur existence, éphémère pour beaucoup, se prolongea, et cessa pour d'autres, avec la vie même de leur directeur-rédacteur.
Evoquer dans le menu le souvenir de ces feuilles n'offrirait aucun intérêt, puisque celui-ci s'est évanoui avec les faits eux-mêmes. Il nous suffira de rappeler que les deux dernières publications disparues, la France orphéonique et l'Echo des orphéons, créé en 1860, avaient comme directeurs et rédacteurs principaux Camille de Vos (1821- 1899) pour la première, Victor Lory (1827-1905) pour la seconde.
A leur nom il convient d'ajouter celui d'Emile Deplaix (1832-1903), directeur du journal V Orphéon, fondé en 1835 et encore existant. Comme organe d'origine des divers groupements départementaux, X Orphéon a droit à une mention spéciale.
« Alfred Tranchant, critique à la Patrie, fut, sous le pseudonyme de Marcel de Ris, désigné d'abord comme rédacteur en chef du nouvel organe bi-mensuel, auquel collaborèrent immédiatement F.-Jules Simon, C. de Vos, P. Torchet, Laurent de Rillé, A. de Beaupré, etc. A ces artistes militants se joignirent bientôt Elwart, de Lyden, Adrien de la Fage, G. Kastner, Aug. Luchet, Mathieu de Monter, etc.
« En 1836, la rédaction passa à F.-Jules Simon, qui la conserva jusqu'à sa mort (1868), sauf un intérim rempli par J.-F. Vaudiu de 1859 à 1861. Cette pléiade de jeunes et chaleureux écrivains imprima un vigoureux élan et apporta uu ferme appui à Delaporte; il était la
tête, ils furent la plume. De leurs conseils, appréciés et écoutés, découlèrent de nouveaux jirogrès dus en grande partie à deux innovations précieuses : les appréciations des jurys sur l'exécution des sociétés participant aux concours; elles furent l'œuvre de début de F.-Jules Simon ; puis, aussi, les analyses raisonnées des œuvres à exécuter dans les concours, et qui sont dues à l'initiative de C. de Vos et A. de Beauplan (1823-1890).
« Le journal nouveau contribua encore très effectivement à la formation nécessaire d'un répertoire national, par l'ouverture périodique de concours de composition musicale qui procurèrent à de nombreux compositeurs populaires l'occasion de mettre en lumière leurs talents spéciaux et otlrirent ainsi aux sociétés un large choix d'œuvres nouvelles écrites dans une note répondant à leurs aptitudes particulières.
« Sur la fin de 1861, Delaporte abandonna la direction et la propriété de son journal à quatre de ses plus fidèles collaborateurs et soutiens : F.-J. Simon, déjà rédacteur en chef; P. Torchet, directeurinspecteur des orphéons de Seine-et-Marne; F. de Marie, pianistecompositeur distingué, et l'abbé Clergeau. » (Ab. Simon.)
1863. — A Barcelone, fondation d'un organe spécial, El Orfeon Espanol, publié par les frères Tolosa, traducteurs de la méthode Wilhem.
Ces courageux défenseurs de l'idée orphéonique l'ont bien servie; et, par cela, leur nom restera toujours en bonne place dans son histoire.
Cette idée, dont on vient de suivre les développements, tend de plus en plus à prendre une place régulière dans les journaux quotidiens, puisque, à Paris, le Journal, le Petit Journal, le Petit Parisien, et beaucoup d'autres journaux de province consacrent, une fois la semaine, plusieurs colonnes à la chronique orphéonique, en plus des feuilles hebdomadaires et spéciales qui se sont multipliées et dont voici les noms : VOrphéon, le Monde orphéonique, l'Instrumental, le Journal musical, l'Accord parfait (de Lyon), etc.
Par un concours de circonstances h signaler pour sa rareté, tous les rédacteurs de ces journaux connaissent