‹ Monographie universelle de l'Orpheon, societés chorales, harmonies, fanfares, avec documents inedits, recueillis par les representants de la France a l'etranger [par] Henri Marechal [et al.]Chapitre 76 sur 97 · RÉPUBLIQUE DU PARAGUAY · texte numérisé non relu

RÉPUBLIQUE DU PARAGUAY

Communication officielle. — Voir Sociétés chorales, page 118.

PERSE

Communication du général Lemaire, chef des musiques du Schah de Perse :

Il existe deux fanfares à cheval à Téhéran : une dans l'artillerie et une dans les Cosaques, ces deux régiments ayant chacun, en outre, une musique d'harmonie.

PORTUGAL

Communication officielle :

Les sociétés de Fanfares sont excessivement nombreuses dans le royaume, et l'on peut dire qu'il s'en trouve une, sinon plusieurs, dans la moindre ville.

A Lisbonne on compte 4 fanfares. Aux environs de la capitale, les fanfares de Azeitao et de Odivellas sont renommées.

Il y a aussi en Portugal un nombre élevé d'Estudiatitinas: les instruments en usage dans ces Sociétés musicales sont les guitares, les mandolines, les violons, les flûtes, les triangles et les tambourins.

Ces sociétés se nomment Tunas quand elles comprennent une grande quantité de ces instruments. Les Tunas sont au nombre de 6 à Lisbonne. La plus réputée est celle de l'Ecole de médecine.

Les Sociétés de Sol et Do sont des Tunas dans lesquelles entrent quelques instruments de métal ; elles sont au nombre de 4 à Lisbonne. La principale est celle de Santo-Amaro.

D'une façon générale, l'on peut dire que la majeure partie de ces Sociétés inusicales manquent en Portugal d'orientation artistique.

Pour le répertoire, voir chapitre Harmonies, Portugal, page 267.

SERBIE

Comniunicalion officielle de la Légation de France en Serbie :

Il n'y a pas en Serbie de Fanfares analogues à celles qui existent en France.

Cependant chaque unité militaire est pourvue du nombre nécessaire de trompettes et tambours pour les marches et les commandements. Signé : Fostenay.

SUEDE

Communication officielle :

II n'existe pas en Suède de sociétés particulières pour les instruments à vent correspondant aux fanfares françaises.

SUISSE

jy

Communication de M. Délaye :

800 sociétés environ, se décomposant ainsi :

Suisse franç-use : 347 fanfares et 21 harmonies. Parmi les premières nous citons les plus célèbres : à Genève, la Musique d'élite et VU7iion instrumentale ; à la Chaux-de-Fonds, la Musique des arme? réunies; à Lausanne, l'Union instrumentale; au Locle, la Musique militaire.

Suisse allemande : 150 fanfares, 100 harmonies.

Petit historique des meilleures fanfares de la Suisse. (Traduction de H. GœHRixGEB.)

Givica Philharmonica de Bellinzona. — Fondée en 1847 en fanfare, transformée en harmonie en 1881. Elle compte 40 membres. Les auteurs dont les œuvres sont le plus souvent interprétées sont : Verdi, Massenet, Rossini, Bellini, Saint-Saëus, Bizet, Ponchielli, Mascagni, "VV'eber, Wagner, Meyerbeer, A. Thomas, Schubert, Brahms, Beethoven, Mendelssohn, Haendel, etc.

En dehors des concours où elle s'est fait entendre, cette société a donné de nombreux concerts, notamment aux expositions de Zurich,

Genève. En qualité de musique d'honneur, elle s'est fait remarquer à Berne, Lugano, Bàle, Lausanne, au tir fédéral de Neuchàtel. La Civica philharmonica est hors concours.

Musique militaire les Armes réunies de Chaud-de-Fonds. — Cette

fanfare, une des plusaaciennes, fut fondée vers 1820. A ce moment, il existait à la Chaux-de-Fonds une compagnie de carabiniers; elle possédait une cible et un petit champ de tir situés non loin de la ville. Dès l'année 1819, sinon auparavant, 3 trompettes, plus tard un quatrième, accompagnaient les tireurs, les jours de revue, et le soir allaient les reprendre au sta7id pour les ramener en musique dans leurs foyers ; ces quelques trompettes se réunissaient sur la place d'Armes pour répéter les marches de leur compagnie. Peu à peu, aux trois anciens trompettes se joignirent d'autres amateurs, et bientôt le corps de musiciens fut si nombreux, qu'en 1831 on jugea bon de l'ériger en société' régulièrement constituée.

Nous jugeons intéressant de citer ici quelques-uns des articles des premiers statuts élaborés à cette occasion, et qui donnent une idée de la façon sérieuse dont la nouvelle société fut organisée :

« Les trompettes des carabiniers de la Chaux-de-Fonds, réunis en société' de. musique, sont convenus de s'astreindre réciproquement à l'observation des articles suivants :

« Art. 2. — Chaque membre devra être muni d'instruments approuvés par la société, soit qu'ils lui appartiennent, soit qu'ils appartiennent au corps des carabiniers; dans ce dernier cas, il en est responsable. Chaque sociétaire devra aussi avoir un cahier de musique à lui appartenant et sera astreint à le tenir au complet à ses frais.

« Art. A. — 11 y aura des répétitions de quinzaine à quinzaine, ou plus souvent si la société le trouve à propos. Dès le 15 mars au 15 septembre, elles commenceront à 8 heures du soir, et le reste de l'année à 7 heures.

« Chaque répétition devra finir à 10 heures.

« La société déterminera à chacune d'elles le jour et l'endroit où la suivante aura lieu.

« Art. 5. — Tout sociétaire est astreint à se rendre à toutes les répétitions aux heures prescrites par l'art. 4 ou payera les amendes comme suit:

u 1° Celui qui ne se trouvera pas dans le lieu de l'assemblée à l'heure juste ou pendant le premier quart d'heure qui suivra, payera deux batz. (Le batz valait 0 fr. 14 environ.)

<( 2o S'il ne s'y rend qu'une heure après, il payera quatre batz.

» 3° S'il s'y rend plus tard ou point, il payera sept batz...

« Art. 7. — Il n'est permis à aucun membre de quitter l'assemblée qu'après la répétition finie et les délibérations prises, s'il n'en a obtenu la permission de la société, sous peine de quatre batz d'amende.

« Aj't. 0. — Après la première pièce jouée, nul ne pourra préluder

ou éprouver son instrument, sous peine de demi-batz d'amende pour chaque prélude.

« Art. /O. — A la première répétition du mois d'avril de chaque année, il sera fait par la société un examen de la capacité de chaque membre dans sa partie de musique.

« Il sera accordé un mois à ceux que la société reconnaîtra incapables de faire leur partie, pour se mettre en état de la faire.

« Art. II. — Ceux qui ne se trouveront pas à l'assemblée d'examen payeront une amende de 10 batz et demi, et s'ils ne se trouvent pas aux répétitions suivantes, ils seront amendables de la même somme jusqu'à ce qu'ils aient subi leur examen.

« Art. 12. — S'il était proposé à la société de jouer pour sérénade ou fête, elle ne pourra le faire qu'en réunissant les trois quarts des suffrages, après quoi ceux qui ne s'y rencontreront pas payeront une amende de 10 batz et demi.

« Art. 14. — Personne ne pourra être admis dans la société s'il ne réunit les deux tiers des suffrages en sa faveur et s'il n'est pas en état de faire sa partie.

« Art. 15. — Ceux qui désireront entrer dans \a. société devront se faire présenter par l'un des membres, et quinze jours après la société délibérera s'ils sont reçus ou non; s'ils sont acceptés, ils devront se soumettre aux conditions suivantes :

« 1» Payer pour leur entrée un écu neuf (environ 42 batz).

« 2» Adhérer par leur signature à l'observation du présent règlement.

« Art. S4. — Nul ne pourra entrer dans le lieu des répétitions ou assemblées s'il n'est introduit par un sociétaire, et chaque sociétaire ne pourra introduire qu'une personne.

« Art. 23. — Si quelque membre était assez malavisé pour se permettre des insultes ou grossièretés soit envers des sociétaires ou toute autre personne, ou tout autre membre qui ne se comportera pas honnêtement dans la société, en sera exclu si tel est le vœu de la majorité, recueilli par voix au scrutin secret. »

Suivent les signatures.

La lecture de ces premiers statuts est fort suggestive; elle permet de juger de l'esprit qui présidait à leur élaboration.

Leur sévérité est aussi l'une des causes primaires de la rapide extension acquise parla nouvelle musique; il était fort difficile de se soustraire aux obligations de l'article 10, et tout membre dont l'examen était jugé insuffisant ne risquait rien moins qu'une exclusion immédiate et irrémédiable.

Au début, la nouvelle association s'érigea en fanfare. En 1834, la composition instrumentale était la suivante :

2 trompettes, 2 ophicléides à clefs, 1 trombone à coulisse, 2 bugles si b à clefs, 1 petit bugle 7ni b, 1 petit cornet (comme en avaient les

postillons), 1 clarinette mi \p en laiton, 1 petite flûte en laiton et divers autres instruments de cuivre.

Mais elle ne tarda pas à devenir musique d'harmonie.

Le premier président et directeur dut certainement être Sylvain Lupold, sociétaire très dévoué, autour duquel ont gravité les affaires de la société' pendant 15 ans.

De 1831 à 1840, la société s'organise petit à petit et forme bientôt un corps d'une trentaine d'exécutants, chiffre très gros pour l'époque, sous la direction de Thurner (1830-35) et enfin de Groschel.

En 1 840, un incident politique vint interrompre l'essor de la société. Un arrêté du conseil d'Etat interdisait aux musiciens de se réunir pour jouer dans les places, rues ou lieux publics. Néanmoins les musiciens continuèrent leurs répétitions clandestinement.

En 1848, par arrêté du conseil d'Etat, cette société prend le titre à& musique 7nUitaire : les Armes réunies. Les répétitions reprennent leur cours normal. La société est placée sous l'égide du département militaire cantonal, qui sanctionne les nominations et les révocations, ratifie les règlements divers, transmet des ordres de marche ; les rapports avec cette autorité sont généralement des plus cordiaux. Les sociétaires incorporés sont exemptés de tout service militaire après une école de recrues.

Il est inutile de relater dans cet ouvrage les nombreux concerts ou sorties effectués par cette musique. Bornons-nous à dire qu'elle prêta son concours aux fêtes cantonales fédérales, et enfin aux fêtes patriotiques du l^r mars.

A Sylvain Lupold, Edouard Thurner, W. Groschel, succédèrent : Nicolas Lampart (1844-1875), et enfin Sébastien Mayr, le directeur actuel.

La musique militaire to^rnie^réwrize^, avec un effectif de 60 membres, constitue actuellement l'un des meilleurs corps de musique de la Suisse.

Les œuvres principales du répertoire sont : les ouvertures de Benvenuto Cellini (Berlioz), Ruy Blas (Mendelssohn), Tannhaûser. Rienzi, Wagner), Jubel, Obéron, Fî'eyschùtz (Weber), fantaisies sur Loliengrin; la Suite algérienne de Saiut-Saëns, etc., etc.

Musique d'élite de Genève. —Fondée le 16 mai 1839 en fanfare. Elle compte 90 membres.

Les principales œuvres composant son répertoire : morceaux classiques, ouvertures, sélections sur des opéras, sont tirées des auteurs français, italiens et belges.

Jusqu'en 1874, cette société fit partie, au titre de musique rnilitaire, du contingent genevois. Se réclamant sans doute de l'autorité militaire, la Musique d'élite s'est abstenue de figurer à des concours. Elle ne se fait entendre que dans les services officiels : tirs fédéraux et cantonaux, fêtes populaires, voyages, etc.

La Concorde : Honng, près Zurich.

Cette fanfare, fondée eu 1880, ne compte que 23 membres; malgré ce petit effectif, cette sociiHé exécute quelques fantaisies sur des opéras de Wagner : Lohengrin, Tannhaûser. Les auteurs de musique populaire sont aussi fréquemment interprétés.

Musique militaire du Locle. — Fondée le 21 août 1831. Cette société est une des plus importantes fanfares avec saxophones de la Suisse. Son effectif varie entre 55 et 60 membres. Les principales œuvres de son répertoire sont : l'Or du Rhin, Lohengrin, la Walkyrie ("Wagner), Egmont (Beethoven), etc.

Cette société a remporté de nombreux succès en différents concours, notamment à Genève (1862), Berne (1868), Schaffoiise (1873), Zurich (1877), Courbevoie (1891).

Musique municipale de Saint-Gall. —Fondée en 1873 en fanfare, transformée en harmonie en 1900, compte actuellement 50 membres.

Les principales œuvres figurant au répertoire sont : les ouvertures du Carnaval romain (Berlioz), Tannhaïiser, Rienzi (Wagnerj, les Derniers Jours de la Terreur (Litolff), Jubel (Weber), Rapsodie de Liszt, etc.

Cette société se fit entendre à Paris en 1906. Elle est entretenue par un legs de 5,000 francs, plus une subvention annuelle de 2,000 fr. votée par le conseil fédéral.

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