‹ Monographies d'échinodermes, vivans et fossiles (volume 2)Chapitre 131 sur 187 · XX. Discoïde A macropyga Ag · texte numérisé non relu

XX. Discoïde A macropyga Ag

Syn. Discoidca macropyga Âg. Foss. crtl. du JuraNeuch. (Méiii. deNeuch. T. I, p. 137, Tab. 14 , tij;. 7. 8. 9. — Id. Catal. syst. Ectyp. p. 7. — DesMoul. Tabl. syn. p. 250.— Lam. Ht , p. 314.

C'est une espèce du terrain néocomien , mais dont la pliysionomie générale rappelle tout-à-fait les Ilolectypes ou Discoïdées jurassiques : son test, quoique subconique, est très-peu élevé; car il égale à peine la moitié de son diamètre ; son pourtour est circulaire ; ses bords sont renflés ; sa face inférieure est concave ; sa bouche est décagonale et munie d'entailles très-distinctes ; son anus est pyriforme et très-grand, puisqu'il occupe presque tout l'espace entre le bord et le pourtour de la bouche. Enfin , pour n'avoir aucun doute sur l'analogie de cette espèce avec les Holectypes, j'ai enlevé le test d'un exemplaire intact, et j'ai trouvé le moule intérieur dépourvu d'entailles ; ce qui m'a donné la certitude que, quoique d'origine crétacée, cette espèce n'a cependant rien de commun avec les autres Discoïdées de cette formation , mais qu'elle rentre duement dans la catégorie des Holcctypes ou Discoïdées jurassiques. Sa ressemblance avec certaines espèces et notamment avec les D. arenata Des., D. Mandelslohi Des. etZ). pundulata Des. , est même telle , qu'il faut une grande habitude pour les distinguer au premier abord , surtout lorsque les détails du test ne sont pas parfaitement conservés.

Cependant il existe des différences constantes qu'il importe de signaler. Et d'abord, les tubercules principaux sont très-uniformes sur toute la surface du test , et contrastent , sous ce rapport , avec les tubercules des espèces ci-dessus, qui sont très-gros sur le pourtour du test, et très-petits près du sommet. Les tubercules miliaires sont disposés par séries horizontales concentriques au sommet (fig. 9 b). Lorsque les tubercules ne sont pas conservés, on peut encore distinguer le D. macropyga des autres Discoïdées jurassiques, à son bord, qui est démesurément renflé. Sa taille est

ordinairemenl d'un demi-pouce à trois quarts de pouce (fig. 8-10). La fig. 1 1 représente un exemplaire de très-grande dimension.

Cette espèce est assez fréquente dans le terrain néocomien , dans l'étage des marnes bleues aussi bien que dans le calcaire jaune susjacent. Les exemplaires figurés font partie du Musée de Neuchâtel et ont été recueillis aux environs de cette ville. On la trouve également au Saléve , près de Genève.

CPIAPITRE VIII.

DU GENRE PYGASTER Ag

Ce genre , établi par M. Agassiz, aux dépens de l'ancien genre Nucleoliles, comprend des espèces de forme circulaire , à tubercules sériaux , ayant l'ouverture buccale centrale et l'anus situé à la face supérieure, tout près du sommet. En les plaçant aujourd'hui côte à côte avec les vraies Nucléolites, on a tout lieu de s'étonner d'un pareil rapprochement. Je n'ignore pas que c'est par les Clypeus que l'on fut conduit à cette identification mal fondée ; mai:; encore les Clypeus , quoique de grande taille , sont-ils des Oursins à ambulacres bornés et pétaloïdes , à tubercules petits et irréguliers , ayant l'ouverture buccale subcentrale et allongée transversalement. Les Pygaster, au contraire , sont des Oursins à ambulacres simples , à tubercules sériaux et à ouverture buccale centrale et décagonale. Même la forme de l'ouverture anale, que l'on a prise pour prétexte en les identifiant avec les Nucléolites , est très-différente ; car, tandis que cette ouverture est petite et située au fond d'un sillou dans les Nucléolites, elle est constamment trèsgrande et à fleur de test dans les Pygaster; ou bien, s'il existe quelque vestige d'un sillon au bord externe de l'anus , il est toujours très-évasé.

On pourrait, avec plus de raison, revendiquer une identité générique des Pygaster avec les Discoïdées ; la forme du test, la disposition des tubercules et la forme de l'ouverture buccale sont , en effet , très-semblables dans les deux genres. Mais tous les auteurs étant d'accord pour attribuer une importance capitale à la position de l'anus , qui suppose nécessairement une différence notable dans la disposition de l'intestin , surtout lorsque cette position est aussi diamétralement opposée que dans ces deux genres (Discoidées et Pygaster), je ne pense pas que l'on puisse se refuser à envisager le genre Pygaster, tel qu'il a été circonscrit par M. Agassiz , comme un type à part, parfaitement caractérisé et facile à saisir au premier coup d'œll. Il est inutile de faire remarquer que les Nucleopygus , quoique ayant aussi l'anus supère, n'ont cependant rien de commun avec les Pygaster, puisque ce sont de petits Oursins allongés, renflés, à tubercules irréguliers.

Les tubercules sont en général plus développés que dans aucun genre de la famille des Clypéastroïdes , et l'on peut dire que , sous ce rapport , de même que par leur ouverture buccale , profondément entaillée et toujours distinctement décagonale , les Pygaster sont le genre qui se rapproche le plus de la famille des Cidarides. Les tubercules principaux constituent des séries très-réguliéres et plus ou moins nombreuses, suivant les espèces et même suivant les variétés d'âge des individus. Les tubercules miliaires sont répandus sur toute la surface du test , mais ne forment pas de ces séries horizontales distinctes , telles que nous les avons vues dans les Discoïdées jurassiques; ils sont aussi beaucoup plus nombreux à la face supérieure qu'à la face inférieure , où ils n'existent parfois qu'aux angles des espaces hexagonaux qui correspondent aux tubercules principaux (Tab. XI, fig. 7 b).

Je n'ai pu observer l'appareil génital que d'une manière très-imparfaite ; mais il m'a paru être construit sur le même plan que celui des Discoïdées jurassiques , c'est-à-dire que les plaques génitales, au nombre de cinq , sont en général pentagonales et beaucoup plus grandes que les plaques ocellaires , qui s'insèrent entre ces dernières. Les unes et les autres sont, selon toute apparence, perforées.

L'appareil masticatoire est inconnu ; mais j'ai pu m' assurer sur un exemplaire vide du Pygaster coslellatus communiqué à M. Agassiz par M. Alex. Brongniart, qu'il existe sur le pourtour intérieur de la bouche , dix carènes fort saillantes qui rayonnent du centre à la périphérie. Ces carènes sont situées au bord externe des aires interambulacraires et doivent par conséquent déterminer, dans le moule intérieur, des entailles semblables à celles qui caractérisent les moules des vraies Discoïdées. Je ne connais pas encore de moule du genre Pygaster, mais je ne doute pas, d'après ceci, qu'ils ne soient plus ou moins sillonnés sur le pourtour de l'ouverture buccale.

Le nombre des espèces décrites et figurées dans cette monographie est de six , dont quatre jurassiques et deux crétacées. Les espèces jurassiques, telles que nous les connaissons jusqu'à présent, sont beaucoup plus développées que les crétacées. Dans ce nombre ne sont pas compris les Clypeus semisuîcatus Phll., figuré dans l'ouvrage de Phillips, intitulé : Geohgy of Yorkshire , Tab. 3, fig. 17, et qui pourrait fort bien n'être autre chose qu'un jeune de notre P. Umbrella, ni le P. Gresslyi. Le Nudeolùes depressus Munst. est probablement notre Pyg. coslellatus ; il est probable que l'auteur aura fait restaurer l'anus , attribuant sans doute son irrégularité à quelque accident, comme je l'ai fait moi-même avant d'en avoir vu plusieurs exemplaires. Une autre espèce d'Espagne, à lest très épais, a été communiqué à M. Agassiz par M. Alex.

Broncniarl, sans indication de gisement. Elle paraît se rapprocher du P. Umbrella et du P. patelli forints, et la nature delà roche adhérente rappelle plutôt le faciès jurassique que la craie.

Page 1