I. LOBOPHORA BIFORA AgaSS
lab. 12. -
SrN. Sculclla hifora Lani. Tom. 3, p. 281, N° 7. — Agass. Piodr. Ech. p. 188. Echinus hiforis L. Gni. p. 3188 ( pio parte).
Echinoglycus irrcgularis ( Omegelmatige Egelkoel; ) Van Pliels. p. 35, N" 1.5, ( pro parte). Echinodiscus Knoir Dclic. nat. T. 1 . p. 92, Tab. D 1 fig. 1 . — ( pio parte). Sculclla Inlincarijora DesMoul. Tabl. syii. p. 226, NMl.
Lcspccc que je désigne sous ce nom , ue se trouvant figurée dans aucun auteur , je n'aurais pas songé à lui conserver, de préférence à la suivante qui est plus anciennement connue, le nom si généralement reçu maintenant de S. hifora , si je n'avais acquis , au Musée de Paris , la certitude que Lamarck l'envisageait comme le type de son Scutella hifora, nom sous lequel il confondait cependant comme de simples variétés plusieurs espèces très distinctes.
La forme du L. hifora est irrégulière ; le côté antérieur est arrondi et sensiblement plus étroit que le côté postérieur, qui est tronqué et présente une légère échancrure dans le prolongement de l'ouverture anale. La plus grande épaisseur n'est pas exactement au centre , mais en avant de la rosette apiciale (fig. 3j. Les lunules sont très obliques, allongées et plus rétrécies au milieu qu'à leur extrémité. La rosette ambulacraire est très inégale , les pétales postérieurs étant sensiblement plus longs que les antérieurs ; ces derniers sont en outre comme atrophiés, et, au lieu d'être arrondis à leur extrémité, ils paraissent tronqués. On est assez naturellement porté à attribuer cette circonstance à l'empiétement des vacuoles; cependant il faut remarquer que les pétales antérieurs qui n'ont point de vacuoles dans leur prolongement , ne sont pas non plus parfaitement arrondis. La fig. 6 représente une portion d'une zone porifère sous un grossissement de plusieurs diamètres, pour montrer que même les espaces intermédiaires entre les sillons transverses sont garnis de petits tubercules comme le reste de la surface. La fig. 5 représente la face interne d'un pétale ambulacraire sous un grossissement moins fort. On y voit d'abord les deux rangées régulières de pores, et de plus , dans l'espace intermédiaire , entre les deux zones porifères , deux autres rangées moins régulières , dont l'usage m'est demeuré inconnu jusqu'ici.
La face inférieure est d'un aspect beaucoup plus varié que dans les autres espèces, et d'abord les sillons ambulacraires sont plus larges et plus distincts, sans cependant être plus ramifiés ;
chaque sillon n"a qu'un seul rameau principal qui se dirige sur l'aire interambulacraire. De plus, les aires interambulacraires se distinguent des aires ambulacraires par une granulation toute différente, composée de tubercules spinifères très serrés, mais qui ne sont point entourés de tubercules miliaires (voyez (ig. 1 1). Dans les aires ambulacraires , au contraire, les tubercules spinifères sont plus petits et naissent du milieu d'une dépression entourée de tubercules miliaires très apparcns, à peu près comme cela se voit dans la fig. 10 , qui représente une portion de la face supérieure grossie. Enfin les sillons ambulacraires sont accompagnés, dans toute leur longueur, d'une bande d'apparence lisse et veloutée , mais qui , lorsqu'on l'examine à la loupe , se montre également composée de tubercules excessivement fins et nombreux. Cette diversité dans la forme et les dimensions des tubercules implique sans doute des différences analogues dans la structure des soies ; il n'en est donc que plus à regretter que celles-ci ne soient pas conservées.
L'ouverture buccale est à peu près centrale, très petite et de forme lobée par suite des saillies que font sur son pourtour les tubes des branchies buccales. La fig. 4 représente cette partie du test sous un grossissement de 1 ^/a diamètre , afin d'en faire voir la structure intime ; la rosette buccale est composée de cinq grandes plaques lobées correspondant aux aires interambulacraires et de cinq autres plaques excessivement grêles correspondant aux sillons des aires ambulacraires ; les sillons montrent les pores microscopiques qui sont ici moins nombreux que dans les genres précédens. L'anus est très petit et de forme circulaire ; il est situé en face d'une écbancrure du bord postérieur.
L'intérieur est remarquable par la structure compacte de la masse cellulaire qui remplit surtout les bords et qui, lorsqu'on l'examine de profil, ressemble à une forêt de piliers osseux. Les mâchoires sont excessivement minces, ainsi qu'on le voit par la fig. 9 , qui représente le profil d'une mâchoire isolée. J'ai indiqué par les lettres a, l, p la position anlérieure , latérale et postérieure des mâchoires dans les figures 7 et 8. L'une (fig. 8) représente l'appareil masticatoire vu par sa face supérieure, les mâchoires étant réunies; on distingue très bien au milieu de chaque mâchoire un petit sillon dans lequel étaient fixées les dents, qui ont disparu. Dans la fig. 7, qui représente l'appareil masticatoire par sa face inférieure , les mâchoires sont disjointes et l'on remarque sur chacune d'elle une petite dépression qui est la fossette naviculaire. Les auricules qui correspondent à ces fossettes sont très petites.
M. DesMoulins ayant eu l'obligeance de m'adresser un croquis de son Scutella hilinearifora, m a mis à même d'affirmer avec certitude que son espèce est bien la forme dont Lamarck faisait le type de son Se. bifora. Les exemplaires que j'ai eu occasion d'examiner m'ont été commu-
uiqués par M. Valenciennes et par M. Chavannes, mais sans indication d'origine. L'un de ces exemplaires a la face inférieure teintée de brun-olivàtre terni. M. DesMoulins rapporte que le sien provient des côtes de la Cafrerie.