‹ Monographies d'échinodermes, vivans et fossiles (volume 2)Chapitre 9 sur 187 · IX. Salenia areolata Ag. TaL. 3, fig · texte numérisé non relu

IX. Salenia areolata Ag. TaL. 3, fig

Forme circulaire, aplatie au côté inférieur, moins déprimée au côté supérieur, fig. 2. L ouverture inférieure , fig. 3 et 7, est moins grande que l'appareil oviducal ; cependant la différence entre leurs dimensions relatives est moins considérable que dans la 5. stellulata. Son pourtour offre des crénelures au point de contact des aires interambulacraires avec les aires ambulacraires , et , comme d'ordinaire , l'espace compris entre deux crénelures est toujours plus grand en face des aires ambulacraires qu'en face des aires interambulacraires, quoique celles-ci soient beaucoup plus larges dans tout le reste de la périphérie. L'appareil oviducal ne diffère guère, dans sa forme générale , de celui de la S. stellulata. Les plaques ovariales et interovariales présentent , sur leurs points de jonction , de petites dépressions qui donnent à l'appareil entier un aspect inégal et raboteux, et aux plaques ovariales en particulier, une forme assez semblable a une feuille de chêne. Les interovariales sont petites et assez régulièrement triangulaires. La plaque suranale enfin est en forme de croissant irrégulier. L'ouverture anale est fortement allongée dans le sens du diamètre transversal , et son bord antérieur est plus saillant que le bord postérieur, fig. 1 et 6.

Les aires ambulacraires sont pourvues de deux rangées simples de tubercules de moyenne grandeur, plus grands, proportionnellement, que dans le S. stellulata, surtout à la face inférieure du test. Les pores sont rangés sur deux lignes de chaque côté de l'aire ambulacraire , qu'ils accompagnent dans toute son étendue , fig. 5. Les aires interambulacraires sont fort larges et ornées de deux rangées de quatre à cinq tubercules de plus en plus gros , depuis les plaques qui entourent l'ouverture inférieure jusqu'à celles qui se forment en avant de

lappareil oviducal, cl entourés chacun d'un cercle de plus petits tubercules, à-peu-près de même dimension que ceux des aires ambulacraircs , fig. 2 et 4. Leur mamelon articulaire , fig. 8 , est plus gros , proportionnellement , que dans la S. s(ellulata. Comme dans toutes les vraies Saléuies, ces gros tubercules sont lisses à leur base et étranglés à leur souunel, qui est entouré d'un cercle de petits plis rayonnes. Les petits tubercules, placés en cercle autour des gros , étant plus nombreux au milieu de l'aire iuterambulacraire que du côté des ambulacres, il en résulte une sorte de double ligne sinueuse au milieu des deux rangées de gros tubercules.

Jusqu'ici cette espèce ne s'est encore rencontrée que dans le terrain néocomien ; M. Coulon en a trouvé un exemplaire dans la pierre jaune du Roc , et M. DuBois un second dans la marniére de Ilauterivc, près de Neuchâtel.

A l'occasion des genres Salenïa et Àrbacia, étaldis par M. Gray et pour lesquels M. Des- Moulins réclame la priorité , ce dernier a élevé des doutes , dans ses études sur les Ecbinides , pag. 207, sur la date de mon Prodrome d'une Monographie des Radiaires ou Eehinodermes, lu à la Société des Sciences naturelles de Neucbàtel le 10 février 1834, imprimé pendant lliiver de 1835 à 1836 et publié en juillet 1836. Il se fonde sur ce que j'ai introduit dans mon énumération des genres publiés par M. Gray en 1835, imprimés dans les Proceedings de la Société zoologique de Londres en avril (et non eu octobre, comme M. DesMoulins le croit), et que je n'aurais par conséquent pu connaître en 1834. Il n'en est cependant pas moins vrai que j'ai connu les genres de M. Gray dès 183i', ce savant ayant eu l'obligeance de m'en communiquer les caractères avant la publication de ses notes. Comme il ne s'agit pas ici pour moi d'une question de priorité , mais d'une justice à rendre à l'auteur des genres Salenia et Arbacia , j'ai dû faire voir qu'en conservant les noms de M. Gray je suivais la règle généralement admise , sans faire aucun tort à M. DesMoulins , dont les noms ne sauraient être conservés dans ce cas , puisque son ouvrage a paru eu août 1835 , c'est-à-dire plus tard que celui de M. Gray. 11 n'en est pas moins vrai , cependant, que M. DesMoulins a très-bien établi ces groupes à une époque où il ne pouvait pas avoir connaissance du travail de 31. Gray. En indiquant comment , de mon côté , je les ai connus plus tôt , j'ai simplement eu l'intention de me disculper des reproches que ce rapprochement de dates semblait faire peser sur moi. Des collisions semblables à celles que je viens de signaler entre M. Gray et M. Des- Moulins , se reproduiront pour plusieurs genres que j'ai établis ou modifiés dans le même sens que M. DesMoulins. N'attachant pas une grande importance à des questions de ce genre, et pour ne pas abuser de la priorité que me donne la lecture de mon mémoire en 1834, je me bornerai à conserver ma nomenclature lorsqu'elle me paraîtra préférable à celle de

M. DesMoulins. Je le ferai d'autant plus volontiers que les tableaux de ce savant ont le grand avantage sur mon Prodrome, de présenter une synonymie complète et généralement très-bien faite de toutes les espèces connues jusqu'ici.

Dans mon Prodrome, etc., j'ai cité sous les noms de Salem'a hemisphœrica et Salenia Iloffmanni , deux espèces que j'avais cru pouvoir rapporter à ce genre , d'après les caractères qu'en donne M. Rœmer. N'ayant point eu l'occasion de voir depuis les originaux de ces espèces , je me suis abstenu de les mentionner dans cette monographie , dans la crainte de confondre dans un même genre des types différens , quoique voisins , comme sont, par exemple , les genres Cyphosoma, Acropeltis et Salenia. Le fait seul que ces espèces proviennent des terrains jurassiques me fait douter que ce soient de véritables Salénies ; car, ainsi que je l'ai dit p. 5 et 7, toutes les espèces que je possède et dont l'origine est connue appartiennent au terrain crétacé.

Au moment de mettre sous presse, je reçois un envoi de fossiles de M. Rœuier, parmi lesquels se trouve un exemplaire de sou Cidariics Hoffmanni, le Salenia Hoffmanni de mon Prodrome , qui est une fort jolie espèce de mon genre Hcmicidaris, dont je donnerai une description détaillée dans ma Monographie de ce groupe. Il ne reste donc maintenant de douteux que ma Salenia hemisphœrica, le Cidariles hcmisphœrictts de M. Rœmer, que j'espère recevoir aussi avant de publier la Monographie des Hcmicidaris , dans laquelle je pense qu'elle devra prendre place , à en juger d'après sa grande ressemblance avec le Cidariles Hoffmanni.

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