I. Escor* bmargixata Agass
Tab. 10.
.Si>. ScuteUa cmarginaia Lam. T. 3, p. 279, N® 3. — E. Dcsl. Enc T, 2, p. 675, N° 3. — Encycl. méth. pl. 150, f. 1, 2. — DcBl. Dîct. sc. nat. T. 48, p, 224. — DeBI. Zoopli. p. 201 . — Agasi. Prodr. Echîn. p. 188. — DesMoul. Tabl. syn. p. 222, N® 5.
Echinodiseus emarginattts Lcske , N® 53, p. 200, pl. 50; f. 5, 6.
Echinus emarginatus L. Gm. p. 3189.
Grand Oursin de mer cloife. Kl. Gall. suppl. du Cab. de Rèaumur ; p. 231, 232, pl. 25, f. A. et pl. 26, f. D.
Echinogljrcus fnndosus. Van Plielsum, p. 34.
Quoique très rare dans les collections , celte espèce est cependant connue depuis long-temps des naturalistes. Sa forme est subeireukire en avant et plus ou moins tronquée en arriére. Le diamètre transversal et le diamètre longitudinal ont sensiblement les mêmes dimensions. L’épaisseur égale à peu près le sixième de la longueur (fig. 3). I.a surface entière du test, lorsqu’elle est dépourvue de ses soies , présente une granulation très homogène , surtout à la face supérieure. 1 -a face inférieure est plus variée ; les tubercules y atteignent leur plus grand développement sur les aires interambulacraircs , tandis qu’ils sont d'une finesse extrême sur les aires amhulacraires. La fig. 6 représente quelques tubercules spinifères des aires interambulacraires sous un grossissement de l'ji fois le diamètre et entourés de tubercules miliaires qui occupent l'espace compris entre les aréoles des plus grands.
J'ai indiqué , dans les fig. 1 , 2 et 3 , les ouvertures du test par des lettres , ayant trait au plan de position de l'animal. La lunule de l'aire intcrambulacraire impaire (p) est proportionnellement petite ; ses bords ne sont point renflés ; les cinq ouvertures des aires amhulacraires ne sont pas non plus très développées; celles des ambulacres postérieurs (p d et p s) sont habituellement fermées près du bord et plus grandes que celles des ambulacres antérieurs (a, l d et / s); mais comme il règne une très grande variété dans la forme et la grandeur de ces ouvertures , on ne saurait guère les envisager comme des caractères spécifiques. C’est ainsi que dans l'exemplaire figuré , la lunule de l'ambulacre antérieur droit (l d) est fermée , tandis que celle du côté gauche (I *) est ouverte. Dans d'autres , les deux ouvertures du côté droit sont seules ouvertes ,
dans d’autres encore toutes sont fermées. Il en est de même de la lunule de fambulacre antérieur impair (a): elle est très ouverte dans l’exemplaire figuré, tandis que dans la plupart des autres exemplaires que j’ai sous les yeux, elle est fermée ; c est toujours la plus petite des ouvertures. L’étoile ambulacraire est très élégante. Les pétales postérieurs sont les plus longs et en même temps les plus étroits ; les antérieurs pairs sont courts , larges et très arrondi» à leur extrémité. Le pétale antérieur impair enfin tient généralement le milieu entre les autres. L’espace compris entre les zones porifères est sensiblement plus large que ces zones elles-mêmes dans les ambulacres antérieurs ; dans les ambulacres postérieurs , en revanche , cette différence est moins sensible; les zones porifères et l’espace intermédiaire sont a peu près d’égale largeur. La figure 4 représente la moitié du pétale antérieur grossi afin de faire voir la forme des sillons transverses et la manière dont ils sont séparés par une rangée de tubercules. Les pores ambulacraircs sc laissent encore poursuivre au delà de la rosette ambulacraire. L'on remarque sur chacune des plaques du lest formant le prolongement des pétales, une paire de pores située tantôt au milieu, tantôt au bord de la plaque; mais ils sont souvent tellement petits, qu’on a de la peine à les reconnaître à l’œil nu. La rosette apicialc présente une étoile pentagonale dont les rayons s’avancent dans les aires intcrambulacraires , où ils se terminent par les pores génitaux qui sont au nombre de cinq, comme dans toutes les espèces du genre. Les trous ocellaires placés au sommet des ambulacres, sont beaucoup plus petits que les trous oviducaux, mais cependant très distincts , même à l’œil nu. La surface de l’appareil oviducal ne présente point une structure tuberculeuse comme le reste du test, et lorsqu’on l’examine à la loupe, on la trouve composée d’un tissu spongieux, à la surface duquel viennent aboutir une quantité de petits tubes. La face inférieure est très élégamment accidentée par suite de la variété des tubercules et de la ramification des sillons (fig. 2). La bouche qui est un peu rejetée en avant , est petite proportionnellement à la grandeur du test. On remarque sur son pourtour les cinq petits tubes destinés à loger les branchies buccales et dont les extrémités, en forme de bourrelets, font saillie sur le pourtour de la bouche (voyez la fig. 5 qui représente la bouche grossie). L’anus , de forme subconiquc, occupe à peu pris le milieu de l’espace entre le bord interne de la lunule interarohulacraire et l’ouverture buccale. Les sillons ambulacraircs se ramifient d’une manière très variée, et lorsqu'on vient à les examiner à la loupe , on trouve que non seulement les rigoles principales, mais même les plus petits canaux latéraux, sont parsemés de pores microscopiques. Il en résulte que les tubes auxquels ces trous donnent passage , doivent nécessairement être plu» nombreux à la face inférieure qu’à la face supérieure.
Les figures ci-jointes sont dessinées d'après l'exemplaire original de Lamarck , le seul qui existe dans La collection de Paris; je n'en connaissais pas d'autres, lorsque mon ami RI. Stokes, de Londres, eut l’obligeance de m*en communiquer toute une série, qui m’a servi à compléter la description de cette espèce. Plusieurs de ces exemplaires ont conservé une partie de leurs soies. Elles sont petites et en apparence lisses. Mais lorsqu'on vient à les examiner à la loupe , on trouve quelles sont toutes striées et hérissées d'épines : celles de la face supérieure sont clavellées; celles de la face inférieure sont cylindriques et suhulécs, à peu près comme celles de XEncopt Mrapora (voyez PI. 10 a). Les teintes de la surface du test sont d’un brun-jaunâtre*; mais cette couleur passe au lilas sur les bords des lunules et du pourtour.
L’habitat de cette espèce n’est pas exactement connu ; elle parait provenir des Philippines.