NOS ARCHIVES IO
Verreau présentait à la Législature fédérale le 31 décembre 1874.
Je n'ai jamais été plus vivement impressionné de l'importance que les grandes nations de l'Europe attachent aux dépôts de leurs archives nationales, que lorsque je pénétrais tout récemment dans la vaste salle circulaire du BritisJi Muséum {i) à Londres. Après avoir contemplé les amas de parchemins, de records, de rôles, etc., enfouis sur les rayons des magnifiques bibliothèques de l'université de Cambridge, du IVar office, de la Tour de Londres, etc, il m'eût fallu des mois entiers pour compulser les 2,64? volumes de la collection qui m'intéressait le plus, la collection Haldiniand et les nombreux volumes manuscrits du colonel Bouquet. Si notre métropole est si riche en matériaux pour son histoire et pour l'histoire de ses grandes colonies, il ne faut pas oublier qu'elle s'étudie à collectionner et à conserver ses archives publiques depuis huit cents ans. Une partie notable de ces mêmes archives, com.me vous savez, a été perdue de 1135 à 1272, aussi bien que pendant les guerres sanglantes des Deux Roses (1455 à 1461J.
Edouard III, en 1473, dans une ordonnance, faisait déclarer que ' les archives publiques sont considérées comme le témoignage de la nation, et il est ordonné qu'elles soient accessibles à tous les sujets du roi."
Sous le règne d'Elizabeth (^1559-1603) une enquête fu t instituée au sujet des archives du Parlement. "Jacques I (1617) eut l'idée de créer un bureau de papiers d'Etat et un bureau des archives générales. Charles 1er nomma une commission chargée derechercher toutes les archives appartenant à la couronne." J'emprunte ces citations à M. Brymner. Au reste ce^ enquêtes furent ccntinuées par la Reine Anne, par George I, George III, George II. Et si la Couronne crut devoir intervenir et affecter de fortes sommes pour sauvegarder, restaurer, recueillir et classer
(1) \j& British 'Maseutn contonait '47,C93 volumes manuscrits, lors de la visite de- M. D. Brymner. (Voir rapport IsSl, p. 40.)