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BANDON-LODGE

mais son ami et protecteur le C'ipitaine Baillie ayant ététué à L')uisbourg en 1758, M. Thompson consentit à servir comme volontaire. A la bataille des Plaines d'Abraham, il fut chargé du soin des hôpitaux comme Hospital Bergcant ; puis il fut promu, comme officier dans l'ordonnance en 1775, à la position importante d' Ovcrsccr of Works de la garuson, et connue tel prit une part fort active aux modes de défense jugés nécessaires pour exclure de Québec nos amis les Bostonnais de 1775. Respecté [i] de tous, choyé des gouverneurs de Québec, il expirait en cette ville, en 1830 à l'âge patriarcal de 96 ans. C'était un honmie d'une stature colossale. Revenons aux Mémoires laissés par M. James Thompson, fils. Il y est consigné en toutes lettres: que le camarade de bivouac, le cousin de son père, Saunders Simpson, vers le temps de la cession, résidait dans l'antique maison " la plus proche de la porte St-Louis en dehors. " Cette maison " la plus proche " rasée vers 1871 pour faire place aux fastueuses résidences modernes en cet endroit, était bien " Bandon Lodge, " occupée pendant plusieurs années, comme maison de pension par madame Torrance.

Chacun se rappelle, sur la Grande Alice, ce modeste mais solide corps de logis, en pierres,d'un étage, avec cour, écuries, etc., entouré d'un mur passablement lésardé, faisant face au chemin du roi, ombragé de peupliers de Lombardie et ceint d'une forte haie de lilas. Morne, perdue sous de% flots de verdure, mais menaçante, la vieille métairie avait conservé, malgré la mousse des ans, quelque chose de respectable dans sa dégaine, sur cet avant-poste des Plaines d'Abraham. Nagui?re, il me fut donné de rencontrer

(1) M. J. G. Barthc, dans ses Ikl^.moivas^ page 172, est tombé dans une singulière erreursur le comte du vcncrahle Montagnard. Selon M. Bartlie, M. Thompson aurait suivi à Québec Lord Dalhousie en 1820, qui l'aurait installé comme concierge des casernes. A l'arrivée de Liord Dalliousio, ily avait déjà 61 ans que Jas Thomi^son, père était fixé à Québec. Il ne fut jamais " concierge de casernes ; " des 1775 il était " Overseer of Works " surintendant des Travaux de la Garnison, ayant pris une part active dans la défense de la ville. Estimé de tout le monde, on le recherchait surtout à cause du fond d'anecdotes qu'il possédait sur le siège de Louisbourg, en 175S,sur celui de Québec, en 1759, sur le blocus, en 1775; plus d'une fois il fut invité à, diner au châteaii.

Il a laissé d'assez volumineux mémoires manuscrits que la Société Littéraire et Historique a achetés de ses héritiers.

•quelque chose d'analogue, mais beaucoup plus vaste et tout hérissé de grands, de martials souvenirs : la métairie de Hougoumont, sur la plaine historique de Waterloo.

Baiidon.(i) Lodgc, il nous semble, eût pu réclamer sa quote-part dans plusieurs incidents du passé orageux de notre forteresse. Il a dû lier connaissance intime en 1759, avec les bombes anglaises ; en 1760 avec les boulets de Lévis ; en 1775-76 avec les balles de Montgomery (2); d'Arnold et de Wooster.

Quelles traces de cette résidence existent aujourd'hui ? Peut-être quelques blocs de pierre dans les fondations de la demeure princière de l'hon. Jos. Shehyn, — notre estimé concitoyen, — résidence bâtie comme toutes ses voisines à vingt pieds en arrière de la ligne de la rue afin déménager plus tard un boulevard, pour se conformer au plan et devis du gouvernement, à la vente des lots. .

Après le départ de notre garnison impériale, en 1871, le Canada confédéré accepta du gouvernement impérial plusieurs terrains, qu'il mit en vente, entr'autres ces lots sur la Grande Allée, où plusieurs amis du progrès, ayant foi dans l'avenir, ont érigé les belles terrasses qui enjolivent les abords de la cité, à partir des Buttes-à-Nepveu jusqu'à la nouvelle porte St-Louis. Grâce aux honorables MM. Langelier, Shehyn, Garneau ; grâce à MM. Hamel, Bilodeau, Joseph, Turcotte, Duquet, Stavely, Roi, le nouveau Québec, comme New-Edivibitrg, se dév^eloppe à côté de la vieille ville avec tant de rapidité que bientôt, quand le parc projeté de la province de Québec, sous l'heureuse inspiration de MM. LeSage et Taché, sera entré dans le domaine des faits accomplis, tout ce quartier deviendra

[1] Bamlon est lo nom d'une ville dans le Sud de Tlrlaude.

[2] Ii3 5 décembre 1773, le capitaine d'artillerie, Lamb, braquait à quatre C2uts mètres des murs, vis-à-vis la porte St-Louis, une batterie de ciuq pièces légères et d'un obusier pour bombarder et incendier la ville : au cinquième jour de cette date, le général Montgomery venait inspecter en personne cette batterie protégée d'un retranchement composé de gabions, remplis de neige, que l'on arrosait et que le froid congcdait ; ou nomma cette fortification avec assez d'à propos la batterie glacée. Elle se trouvait si faible et si exposée à l'artillerie puissante de Carleton qui la foudroya des murs, que Montgomery donna •ordre au Capitaine Lairib de l'évacuer, ce qui eut lieu. (Life of M'ashington, par AV'ashdngton Irving, Vol. II. p. ICô. Edition de 1SS3.)

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pour la vieille capitale un vrai décor, objet d'intérêt pour les étrangers, d'admiration pour tout Québec.

Mais enfin, me direz-vous : "Voilà qui est bien, mais pourquoi tant de peine pour décrire une villa qui n'existe qu'à l'état de souvenir ?"

Voilà, précisément, où je voulais en venir : c'est ce souvenir que je me propose de restaurer, d'exhumer de l'oubli, des cendres que cent ans y ont accumulées.

Nous sommes en 1782. Quel est ce vaisseau de guerre mouillé en rade sous les canons du Cap-aux Diamants avec pavillon anglais ?

C'est le Sloop of ivar, Albemarhy de 26 canons, commandé par le jeune capitaine Horatio Nelson.

Si vous avez du respect pour le génie, inclinez-vous devant le futur vainqueur à Aboukir, à Trafalgar, à Copenhague, le Titan de la mer qui a changé la carte de l'Europe au profit de l'Angleterre.

Mais le futur foudre de guerre n'a que vingr-quatre ans. Accueilli au château St-Louis et dans les meilleures maisons de Québec, il semble en 1782, plutôt se rappeler qu'il n'a que vingt-quatre ans que rêver à foudroyer l'ennemi traditionnel de l'Angleterre. Vous savez sa glorieuse devise sur le tillac de son vaisseau le " Vietory " : " EXGL.-^ND EXPECTS EVERY MAN TO-DAY TO DO HIS DUTY." Eh bien, une autre devise anglaise lui siérait mieux à Québec : " T'iS LOYE that MAKES THE WORLD GO ROUXD."

Il s'est épris d'une Québecquoise d'une ravissante beauté. Ses biographes Southey, Lamartine et autres nous le reputent : le nom de cette Hélène est I\Iary Simpson, fille du maître de Bandon-Lodgc, parente des Thompson et des Prentice, du CJiicn-d'Or.

L'auteur de X Histoire des Girondins nous dépeint comme suit le délire amoureux du jeune capitaine ;

"Au printemps de 17S2, le brick A/dc;jiar/c,commdindé par Nelson, reçut ordre de retourner en Amérique. En approchant des côtes du Canada, Nelson fut poursuivi et entouré par quatre frégates françaises, dont il allait être la proie ; mais préférant la perte de son vaisseau à l'humiliation de se rendre, il lança son brick à pleines voiles sur des bas-fonds, où la mer mugissante menaçait de l'échouer à chaque vague. Son adresse et son bonheur lui firent franchir cette barre que des frégates ne pouvaient approcher. Il passa quelques mois à Québec. Epris d'une ardente pa.ssion pour une belle Canadienne d'une classe inférieure à son rang, il n'hésita pas à sacrifier son ambition à son amour, et à quitter le service pour épouser celle qu'il aimait, au moment où l'escadre faisait voile pour l'Europe.

" Les officiers, inquiets de son délire, descendirent à terre pour l'arracher à son idole, et lui firent violence pour le rapporter à son bord. Ou pressentit dès cette époque que l'amour, cette ambition insatiable des âmes tendres, serait i'écueil de sa vie. " [Nelsox par A. DeLamarthie, page 16 — Hachette 1859.]

" Précédemment à la scène mentionnée par Southey et Lamartine, XAlbcinarlc, qui avait fait voile, était à l'ancre ail trou St-Patricc, Ile d'Orléans, lorsqu'un matin, un familier de Nelson,Alex. Davidson, au rapport de Southey, — M.' Lymburner, au dire de l'historien Smith — rencontra le capitaine Nelson à la Basse- Ville et s'enquit de la cause de son retour à Québec. Nelson avoua ingénument que la vie lui était intolérable sans la présence de celle qu'il aimait.

— Mais, lui dit Davidson, si vous prenez femme à votre âge, vous ruinez du coup votre avenir dans la marine.

— Eh bien ! soit, répliqua Nelson. Je consens à renoncer à tout, à Westminster Abbey même, pour épouser la belle: Canadienne.

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C'est alors que ses amis jugèrent urgent de l'arracher -de suite aux doux sourires de sa Juliette, laquelle, aU rapport de l'historien Miles, qui a fait de sérieuses recherches pour débrouiller cette affaire de cœur, épousa plus tard le major Mathews, secrétaire de Lord Dorchester, et passa à Londres avec son époux, qui plus tard fut nommé gouv^erneur de Chclsca Hospital. Madame Mathews expirait à Londres à un âge avancé en 1830, conservant jusqu'à la fin le tendre souvenir de son premier amour. Miss Simpson était vraisemblablement amie des nièces de Miles Prentice, le Boniface du vieux café qui alors existait sur le site où notre Bureau de poste a été érigé depuis — le ■Chien d'or. Il a fallu déchiffrer bien des anciennes lettres, des documents vermoulus récemments découverts, pour identifier la belle personne à laquelle Southey et DeLamartine font allusion sans la nommer.

Voilà donc un des souvenirs de Bandon-Lodgc.

je ne puis dire si le propriétaire actuel retiendra à sa fastueuse résidence le nom d'autrefois; je •'espère, (i) Vous avouerez, mon cher antiquaire, qu'il y a ici d'amples matériaux pour un joli roman historique, et que l'héroïne de notre ami Marmette, Mlle de Rochebrune, ne fut pas la seule belle Canadienne, aux anciens jours, pour qui la Grande-Allée eut des charmes.

Cl) Depuis que ces lignes ont L'tô ti-acéos, M. Sheliyn a restaui-ô fi neuf lo nom de sa .résidence Bandoii-Loâgi;.

It'ASILE CHAMPETRE, Grande Ailes (1 75 3- 1844)

" We can make our lires sublime Ancl, depai'tiug. leave beliind us, Footpriuts on tlie sanil of time."

IjONGFELLOW.

Sta, viator ! Au sortir de l'antique cité, saluez, en passant, la villa ensoleillée où s'écoulèrent tant de jours bien remplis d'un vrai patriote, Joseph François Perrault, le vénérable pionnier, en cette ville, de l'éducation populaire.

Au haut de cet historique plateau, sur le côté nord de la Grandc-Allce, que nos pères désignaient sous le nom de Buttes à Ncpveu, et nos contemporains, sous celui de Côte à .Perrault, voyez, à l'extrémité d'une ombreuse avenue, une longue maison blanche, à un étage, avec mansarde, mode d'habitation simple, assez usité encore il y a une quarantaine d'années, mais en désaccord avec le faste moderne. Le grand mai près de la piazza n'annonce pas la présence d'un capitaine de milice des anciens jours mais simple- :ment le séjour d'un opulent constructeur de navires, M. H. Dinning, qui ne manque jamais d'y arborer le pavil'on du 'Canada, le ler juillet de chaque année, — Dominion Day.

Ces Buttes qui dominent notre mémorable champ de bataille, nous associent en effet aux souvenirs les plus palpitants des annales de notre ville ; près de là se rencontrèrent, en 1759, Montcalm et Wolfe ; en 1760, Lévis et Murray ; et en 1775-76, la soldatesque cupide d'Arnold y pénétra plus d'une fois malgré le chevaleresque Guy Carleton.

Pour peindre ce champêtre réduit, il suffit d'ouvrir l'excellente biographie de son fondateui, M. Perrault, écrite par son petit-fils, le Dr Prosper Bender. Voilà, sachez-le

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bien, une de nos plus anciennes villas, Bclniont, Holland- House, Poii'clL- Place et Haldiinand H ou se exceptées.

Rien de plus pittoresque que ce site aux long jours d'été. A l'ouest, les fertiles campagnes de Sillery, de Ste- Foye, accidentées de grands bois, de gras pâturages, de vastes champs de blé ; au nord, quelque peu dans le lointain, Charlesbourg, Beauport, etc., avec leurs blanches maisonnettes, échelonnées au versant des Laurentides ;. au sud, les Plaines d'Abraham flanquées de leur quatre massives tours Martcllo, sentinelles oubliées d'un ennemi qui ne reviendra plus; à lest, le sublime Cap-aux-Diamants ; les murs austères de la cité, hérissés de canons ;. puis, les verdoyants beaucages de l'Isle d'Orléans terment la vue. Inimitable mise-en-scène !

La résidence du vénérable protonu'aire, érigée sur un lot de quatre arpents, entourée d'un mur solide, nous dit son biographe, était un modèle de bon goiàt, de confort. Laborieux, patriotique, lettré, il lui fallait un local ample et bien aéré pour ses livres chéris, sa bibliothèque où se passait une notable partie de son existence : cette pièce était située dans un des pavillons ; à une extrémité, dans ua pavillon semblable et surmonté, comme l'autre, d'une petite tourelle Normande, se trouvait un mignon réduit, pourvu d'un calorifère ; c'était un conservatoire pour héberger pendant l'hiver les fleurs exotiques — la première serre-chaude, dit-on, construite à Québec.

Les allées du jardin se perdaient sous de grands arbres. Des parterres semés de fleurs de toutes espèces, un étang pour les oiseaux de basse-cour, etc., un amp'e jardin potager.un verger abondamment planté d'arbres fruitiers bien choisis ; aux angles du jardin, de grands vases remplis de fleurs : rien ne semblait avoir été omis dans ce petit Eden, dont le maître était horticulteur, Aoriste, agriculteur, homme de lettres, philantrope.

Au dessus de la porte d'entrée, était inscrit en lettres, d'or : Asyh Champêtre.

Si M. Perrault avait su se ménager des jouissances intimes à l'intérieur de son foyer, il s'en était créé de plus vives au dehors, en consacrant sa fortune et ses veilles à la diffusion de l'éducation parmi le peuple, (i)

Par la date de sa naissance, le spirituel et excentrique patriarche remontait à l'ancien régime français, étant né, le 1er juin 17-53.

Le traité de 1763 rappella son père et sa famille à Québec, cetce année-là ; le fils fît ses études au Petit Séminaire. Son aïeul, François Perrault, était fils du Dr Joseph François Perrault qui avait pratiqué la chirurgie en la cité de Cosne-sur- Loire, diocèse d'Osaire. Etabli en Canada au commencement du siècle dernier, il y épousa Mlle Carcy, fille de M. Page Carcy, le 2 nov. 17 15. Page Carcy, fut maître du Havre à Québec. C'est de lui que la célèbre pointe-à-Carcy, où est construite la douane, a pris son nom, croyons-nous.

A l'âge de 19 ans, c'est à-dire en 1772, le jeune Perrault s'embarquait, avec ses parents, dans un petit vaisseaucôtier pour la Nouvelle-Orléans, où son père avait ouvert une maison de commerce, pour la vente des pelleteries.

Après une traversée périlleuse, il atteignit cette ville où il séjourna plusieurs années après s'être arrêté à Cuba et à St-Domingue,

Dans une excursion qu'il entreprit au fort de la guerre de l'indépendandance des Provinces anglaises, aux Illinois, en 1778, il fut fait prisonnier par les indiens et n'échappa au massacre de ses compagnons de voyage que par une espèce de miracle ; après avoir subi des souffrances inouies dans les forêts de l'ouest, il fut livré comme prisonnier aux autorités anglaises du Fort de Détroit.

Meurtri, exténué, couvert de cicatrices, il s'adressa à son oncle maternel, M. Jacques Dupéron Baby, qui faisait la traite en cet endroit ; celui-ci en prit soin, le rendit à la

[1] Il avait fondé de ses deniers plusieurs écoles, dans le voisinage ; il fut le premier a y introduire le système de Lancaster alors en vogue.

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santé et l'expédia SOUS escorte au gouverneur Haldhnand, à Québec.

De retour au Canada, aidé d'un emprunt effectué de son oncle Baby, dont il devint l'agent, il ouvrit un commerce de pelleteries à Montréal, près Xd, porte des Rccollcts,

Le lo janvier 17S2, il y épousait Délie Ursule McCarthy, fille du major McCarthy : seize ans plus tard, la mort lui ravissait à Québec sa compagne dévouée. Son commerce ne prospéra qu'à demie. Comme il n'y avait à Montréal que quatre avocat.s pratiquants, M. Perrault s'adonna à l'étude, et bientôt, â la pratique du droit, comme moyen de subsistance pour lui-même et sa famille.

En 1795, Lord Dorchester le nomma greffier de la Paix à Québec, charge devenue vacante par le transfert de M. Pierre Panet, nommé juge à Montréal. Il vint donc à Québec.

En 1797, il fut fait " Régistraire des naissances, des mariages et décès " ; protonotaire de la Cour du Banc du Roi, en 1802, charge qu'il occupa jusqu'à son décès. M. Perrault représenta en chambre le comté de Huntingdon pendant les cinq sessions du troisième parlement et y présenta des projets de loi pour amender le mode d'éducation. En 1813 il accourait sous les drapeaux comme Lt. Colonel de milice : mais l'instruction du peuple, l'amélioration du sort des niasses, tel fut le rêve de sa jeunesse, de son âge mûr et de sa vieillesse. Ses écrits sont fort nombreux et pleins d-; mérite, (i)

(1) X.-B. — Xousempruhteious au travail du Dr B3uJ-3r la liste des écrits da M. Jos.

Frs. Perrault ;

lo en 1789, " Le juge de Paix et officier de paroisse, pour la province de Québec. ''

2o en 1803, " Seconde édition de la traduction de la loi Parlementaire, "

3o en 1SU5, " Dictionnaire I)ortatif et abrégé des lois et règles du Parlement Provincial

du Bas-Canada. " 40 en 1810, " Questions et Béponses sur le droit civil du Bas-Canada. " ôo en 1813, " Manuel des Huissiers de la Cour du Banc duBoi du district de Québec." Co en 1814, " Questions et Réponses sur le Droit Criminel. " 7o en 1819, " Manuel pratique de l'Ecole Elémentaire. "

80 en 1824, " Extraits ou précédents tirés des Begistre de la Prôvosté de Québec. " '.^o en 1825, " Extraits ou précédents des arrêts tirés^des^Begistres du conseil supérieur 'do Québec."

1(10 en 1830, " Traité de la Grand? et Petite Culture, 2 vols. "

110 en 1830, ' Plan r.aisonné d'Education Générale et Permanente. "

120 en 1832, " Moyens de conserver nos Institutions, noti-e Langue et nos Lois. "

loo en 1832, " Abrégé de l'histoire du Canada, 1534 à 1791. "

(Suite de cette note sur la page suivante.)

En 1824, il secondait éneigiquenient le Cornue de Dalhousie comme l'un des membres fon '.ateurs de ia Société Littéraire et Historique. Pendant les troubles politiques de I837-3S, il partageait les idées modérées de Ouesnel — de Neilson — de Cuvillier et blâmait le parti extrême de l'ancienne chambre d'assemblée. Son biographe nous rappelle les touchantes joies du foyer qui régnaient à X Asyle Champêtre au temps du vieux patriote ; M. Perrault partageait ses loisii;s entre sa famille, ses amis et ses laborieuses occupation- littéraires, en attendant calme et résigné les ombres de cette nuit sans aurore pour tous — et qui terminait son utile carrière, le 4 avril 1844 — à l'âge de 91 ans.

140 en 1833, " Abrégé de l'histoire du Canada, 1791 à 1815. " 150 en 1836, " Abrégé de THistoire du Canada 1815 à 1833. " ICo en 1831, " Traité de médecine vétérinaire. "

ITo en 1832, " Code Enral à, l'usage des habitants, tant anciens que nouveaux, du.Bas- Canada. " I8o en 1839, " Traité d'agriculture adopté au climat du Bas-Canada. "

Sans compter les écrits suivants :

Plaidoyers dans deux causes célèbres ; Modèles d'entrée de procédures aux termes de la Cour Supérieure ; modèles d'entrées de procédures aux termes de Cour Inférieure. Méthodes pour enseigner la langue Anglaise.

" " " " " Latine

" " " •' " Française '

" " " " " l'Arithmétique

" " " " " l'usage des Globes célestes et terrestres

" " " " " Les examens des écoles primaires

Manuel pour enseigrcr le dessin linéaire Abécédaires et vocabulaires Français.

Histoire d'Angleterre.

Histoire Sainte ;? Preuves de la religion chrétienne. Preuves du Christiannisme, traduit de l'Espagnol, do Beyuard. Manuel à l'usage des Grefiâers de la Cour.

Manuel pour toutes les parties de mathématiques applicables aux arts et métiers. Manuel pour la tenue des livres à parties simple et double. Mantiel i^our l'étude du commerce.

Jlanuel, pour l'étude des Ecoles secondaires.

Eattlefield Cottage

Voilà un nom d'une nature fort belliqueuse, n'est-ce pas ?

Le vieux cottage bâti par feu le It.-col. Chs. Campbell, du <99e régiment — père de M. Archibald Campbell, protonotaire-'djoint de la cour Supérieure, se dresse, avec sa garniture de grands arbres forestiers, sur le fameux champ de bataille même où se décidait le sort,de tout un continent, le 13 septembre 1759. Les années passées, on aurait pu voir dans le jardin un puits assez profond. A ce puits se rattache un étrange souvenir. S'il en est un qui ne doit pas l'avoir oublié, c'est assurément notre ami M. A. Campbell -qui entant, faillit y perdre la vie.

Son père décida alors de combler ce puits. C'était pourtant un puits qui avait dû s'enorgueillir de son passé, car le dit 13 septembre 1759, ^^'"^ >' avait puisé libéralement, pour rafraîchir les lèvres brûlantes d'un moribond qui reposait sur l'herbe, à quelques pas, à l'endroit même où en 1832, les soldats d'Albion élevaient un monument (i) à l'heureux rival de Montcalm. Ce moribond se nommait James Wolfe.

L'occupant de Battlcjïcd Cottage, ]\L Charlebois, constructeur des édifices du Parlement Provincial, sedoute-t il que, chez lui, le sol est spécialement fertile en grands souvenirs, et que les puits, s'ils pouvaient parler, pouraient avoir leur mot à dire ?

(Il Her*.' Diod

viCTOPaous :

" The work does grcat crédit to the masou, Mr Xavier Malouin, who lias cxecuted it in a very ablc manner, under tlie direction of jNIr. Blaiclilock, of the Eoyal Engineer Department from a design drawn Ijy Lord Aylmer.

The spot where Wolfe received his third and death wound was in front of the redoubt and rising gronnd, somewhat on the right and in advance of the monument. Ile was thence borne to the rear, and supported against a rock laying on the surface.

In a small field, the property of the late Mr Morehead, the one in which the monument is situated and the property of Charles Campbell, Esq., from about fifty yards due north of the columu, immediatly joining the fence, may be seen the remains of the well whence Wolfe was supplied with water, when laying faiut and dying on tlie spot, 310W marked by the column. This lias been erer known to the old inliabitants of ihe ncighborhood as Wolfe's "VVell. {,H\st. of Canada, Vol. IV, P. 107.)

IVEARCHMONX, Grande Allée.

Quatre-vingts acres d'un terrain amélioré, fertile et planche, sur le côté sud du chemin du roi, à l'ouest des Plaines d'Abraham, dont une haute clôture les sépare — frang-s d'une haie d'aubépine dominée d'un verdoyant cordon d'érables, de jeunes chênes, d'épinettes rouges, de gracieux bouleaux semés daiis la haie à dix mètres de distance les uns des autres : voilà la. magnifique métairie, sur la Grande-Allée, à un mille et demi de Québec, où I\I. Thos Beckett, de la maison Dobell & Cie, Président de la Société d'Agriculture du comté de Québec, a ^levé son superbe petit château. On le découvre indistinctement du chemin, tapi sous Je feuillage qui couronne la cime du cap altier, au pied duquel murmure notre fleuve roi, après avoir déposé sur la rive les radeaux du propriétaire.

Occupé en 1819 par Sir John Harvey, le commandant de la garnison, IMarchmont a successivement hébergé sous ses frais ombrages, pendant la belle saison, l'évêque anglican Mountain, ainsi que d'autres éminents citoyens de la capitale. L'historique ruisseau Saint Denis par où grimpa Wolfe, sur les hauteurs, en 1759, l'avoisine à l'ouest.

Ce domaine, le plus avantageusement situé que je connaisse autour de Québec comme exploitation agricole, passa il y a une quarantaine d'années, à M. John Gilmour, un des associés influents de l'ancienne et puissante maison écossaise, Pollock, Gilmour & Cie, de Glasgow. M. Gilmour ajouta au corps de logis un conservatoire pour les fleurs, et des serres-chaudes pour la culture de la vigne ; à sa mort qui eut lieu récemment, le lieutenant-colonel Ferdinand Turnbull, inspecteur de nos écoles de cavalerie, y séjourna l'espace de deux années, avant de s'installer à Clermont, deux milles à l'ouest.

D'où lui vient le nom de IMarchmont ? Nescio, mon cher antiquaire.

SLM Gx^OVE. Grande-Allee.

Au nombre des riches propriétés qui firent partie de loj succession de feu George Burns Syines et qui échurent à sa fille, Madame la ivlarquise de Bassano, l'on peut mentionner le beau domaine en face de Wolfefielcl.

Possédé d'abord par M. John Saxton Campbell, constructeur de navires et qui y vécut nombre d'années, le domaine fut acquis en 1850, par M. Joseph Kright Boswell qui y éleva une spacieuse villa, au sein d'une plantation d'arbres de haute futaie où l'orme prédomine. On appela l'endroit Elni Grave : bocage des ormes. Au départ de M. Boswell, la Marquise de Bassano loua Elm Grove, en 1S7S, à son Excellence, l'ablégat papal, Monseigneur Conroy, qui y passa l'été.

Elm Grove, depuis quelques années, a été acquis par M. John Burstall, et sous les soins de cet homme de goût, la villa a pris son rang, comme une des maisons de campagne de première classe autour de Québec.

WOLKEKiELvD, Grande Allée.

'■Les ombres de la nuit — le précipice escaladé par Wolfe — 1 "empire que sa poignée de braves donna à l'Angleterre — la gloi-ieiise catastrophe qui termina sa carrière là même où

elle avait commencé On pourrait scruter Thistoire

ancienne entière et les fastes de lu philosophie en outre, sans rencontrer un fait d'armes plus glorieux. — William Put

Le succès qui couronna le débarquement à Sillery des soldats anglais qui prirent Québec, en 1759, de même que les charmes du paysage, prêtent à Wolfefield un intérêt tout particulier.

L'un des premiers à gravir la falaise où le ruisseau Saint Denis s'est creusé un lit, fut l'intrépide Major John Haie, plus tard général, à la tête d'une compagnie du brave Régiment de Lascelles, le 47me.

L'ordre de marche prescrit par Wolfe, pour escalader ce sentier abrupte, fut celui usité par les Sauvages dans les bois, un seul homme de front : " Indian (île " dit un historien anglais.

A l'extrémité du jardin de Wolfeiield, on discerne encore à fleur de terre quelques faibles vestiges d'un corps-de- garde français où nos miliciens, au nombre de cent, en grande partie de Lorette, avaient été places en faction, sous les ordres du traître ou inepte Capitaine de Vergor, (i) le protégé de Bigot : les miliciens tirèrent sur les soldats du Major Haie ; puis, disent de vieux mémoires, croyant qu'ils avaient affaire à l'année anglaise entière, ils prirent la fuite ou se rendirent prisonniers ^vec leur commandant blessé au talon, lequel avait crié : " Sauvezvous !"

Ceci se passait peu après minuit le 13 septembre 1759 ; Wolfe bien que malade et souffrant, organisa de suite, un service spécial pour transférer des bateaux au bord du

(1) X. B. "Ce capitaine avait avec lui beaucoup d'habitants de Lorette, dont le lieu était à la portée de ce poste ; ils lui demandèrent la permission d'aller travailler la nuit chez eux ; il la leur accorda : on prétend que ce fut à condition d'aller aussi travailler liour lui, sur une terre qu'il avait dans cette paroisse." Mémoires sur les affaires du Canada 1749-CO, p. 114. "

1/3 WOLFEFIELD

fleuve, des provisions et des munitions de guerre, que l'on transportait à force de bras, au haut du plateau élevé en cet endroit de plus de cent pieds.

On utilisa pour cette rude besogne, les marins de la flotte ; le valeureux chef les attendait au haut, où ils arrivaient haletants sous leurs fardeaux et épuisés de fatigue. Il leur faisait distribuer des spiritueux ; les encourageait -de ses paroles et leur promettait une victoire certaine 'et prompte.

A quatre heures du matin, les bataillons anglais prenaient leur position, déployés sur le plateau à l'est en face du site où a été depuis érigé le petit château de Marchmont.

Au printemps de 1810, une semaine après les funérailles du Col. Henry Caldwell, com.me il se plaisait à le répéter, un jeune anglais débarquait à la basse-ville de Québec : ce jeune étranger, ayant nom Wiliam Price, était destiné à prendre une position dominante dans les sphères du haut commerce. Ses nombreux moulins, entre Québec et Rimouski, ses vastes scieries, ses fermes, ses grandes exploitations agricoles, dans les environs de Chicoutimi, le firent nommer plus tard " Le Roi du Saguenay."

M. Price avait succédé a une autre célébrité locale au Saguenay : M. Peter McLeod.

Associé de la puissante maison Goldie & Co., de Londres, M. Price, par son esprit d'initiative, son caractère honorable, ses succès dans l'exploitation du produit de nos forêts, devint bientôt, dans la rue Saint-Pierre, une des sommités de notre moide conimercial.

Vu l'état affreux de l'hygiène publique à Québec et la défectuosité du drainage dans la ville — M. Price se hâta de se choisir une résidence, loin des miasmes de la cité ; il venait d'épouser Mlle Charlotte Stewart, fille de M. Charles Gray Stewart, Contrôleur des Douanes à Québec : quelques années plus tard le ciel bénissait l'union, par une famille patriarchale quant au nombre.

Le cottage que le Capitaine Kenelm Chandler avait acquis de M. David Munro, sur la rive du ruisseau Saint- Denis, près de Spencer Wood, le tentait : il en fit l'acquisition et lui conféra un nom fort approprié — qu'il porte encore : Wolfefield.

William Price décédait à Wolfefield en mars 1867.

Le domaine paternel est maintenant occupé par ses filles et leur frère, M. John Evan Price.

THORNMIIvIv, Silleo^

Prisonnier d'un bureau, je connais le plaisir De goûter, tous les soirs, un moment de loisir. Je rentre lentement chez moi, je me délasse

Je traverse un jardin, où j'écoute, en mareliant. Les adieux que les nids font au soleil couchant.

[COPPÉE, Promenades et Intc)'ieuri

Une solide maison de campagne datantde 1823, rebâtie en ce joli site — voisin des Plaines d'Abraham — par feu M. Alexander Simpson, alors gérant de la succursale de la Banque de Montréal, à Québec.

Perchée au haut d'un tertre au nord de la Lrrande Allée, à un mille de la barrière de péage, on distingue du chem.in, à demi voilée par un bouquet de verts sapins, la villa de M. Archibald Campbell, Protonotaire-adjoint de la Cour ■ Supérieure. Elle tient son nom d'une épaisse garniture d'aubépines qui court le long du coteau.

Une avenue bordée d'arbres, entre deux vallons, mène à la résidence, bien pourvue de jardins, de pelouses, de balcons. Le fondateur M. Simpson semble avoir été amateur de ce confort national, à la foi solide et élégant : English Coinfort : ou en voit des traces non équivoques dans son logis et dans son ameublement. Les portes d'entrée sont d'acajou solide ainsi que d'autres objets antiques.

Au temps où notre sympathique Vice -Roi le Comte d'Elgin tenait sa brillante cour à Spencer Wood qu'il aimait tant, (\) il avait pour premier-ministre l'habile financier, Francis Hincks, qui a expiré le 18'août 1885.

Pour être plus près de son chef. Sir Francis Plincks fit l'aquisition deThornhill, ou s'écoulèrent pour lui quelquesuns des jours les mieux remplis de sa carrière si longue,

[1] On prêtait à Lord Elgin, les paroles q ui suivent dans vm de ses discours, au sujet de Spencer Wood. •' Not only wonld I spend hère tho rest of niy life, but after my death, I should like niy bones to rest in this beautifut spot. "

ESQUISSES l8l

et si accidentée ; que d'épineuses questions alors réglées à

Spencer Wood entre la poire et le fromage !

On a dit qu'au siècle dernier Thornhi'l avait été la métairie du Lieut. Gouverneur Hector Théophilus Cramahé et que pendant cette automne de 1775, bi palpitante d'émotions pour nos grands-pères, messieurs les Bostonais firent une visite à ses poulaillers et montrèrent leur appréciation -de ses sî'rasses volailles.

SPENOER-WOOD.

"Through thy green groves and deep reoediug bowers Loved Spencer Wood ! how often hâve I strayed, Or musedaway the calm, unbroken hours, Beneath some broad oak's cool, refreshing shade. " * (Poem ou Spencer IVood, Adam Kidd, 1829.)

Du côté sud du chemin Saint-Louis, à deux milles des murs de la ville, gît, sous un dôme de verdure, le domaine le plus pittoresque de Sillery — d'aucuns diraient, du Canada : Spencer Wood.

De 1780 à 1796, on connaissait cette célèbre résidence vice-royale sous le nom de Powell Place, du nom de son propriétaire alors, le Général Henry Watson Powell. Elle prit ensuite le nom de Spencer Wood du très honorable Spencer Perceval,rillustre parent del'hon. Michael H. Perceval, dont la famille demeura propriétaire du domaine depuis 1816 jusqu'en 1833 ; alors Spencer Wood fut acheté par feu M. Henry Atkinson, négociant riche et avantageusement connu à Québec.

L'hon. H. Perceval, membre de l'Exécutif et du Conseil législatif, fut aussi percepteur impérial des Douanes de Sa Majesté, à Québec jusqu'à sa mort, arrivée en mer, le 12 octobre 1829. Son traitement annuel était de huit mille louis sterling. Les Perceval y vécurent d'une façon fort distinguée pendant plusieurs années. Québec conserve encore d'agréables souvenirs de leurs brillantes réceptions.

De même que plusieurs villas royales d'Angleterre et de France, Spencer Wood a eu ses alternatives de splendeur, d'isolement et d'abandon, quelque courtes qu'elles aient été.

Jusqu'en 1849, Spencer Wood comprenait la propriété voisine. Spencer Grange.- Cette année-là, M. Atkinson vendit la plus grande moitié de sa propriété au gouvernement, pour servir de résidence à l'aimable et hospitalier gouverneur, le ccmte d'E'gin, en se réservant la plus pe-

tite moitié, sur laquelle il érigea des conservatoires de fleurs, des serres, etc., beaucoup plus considérables que ne le sont ceux de Spencer Wood proprement dit.

Il y a une description du jardin de Spencer-Wood dans X Encyclopedia of Gardeniug, à la page 341, et aussi dans le Gardencr's Magazine de 1837, à la page 467. C'est à un jardinier paysagiste, M. P. Lowe, maintenant en charge du conservatoire de Cataraqui, que le jardin de Spencer- Wood était redevable d'être cultivé avec un go{it si exquis et d'avoir été un objet de curiosité pour tous les étrangers qui visitaient Québec.

Nous pourrions rappeler le temps où cette propriété s'étendait depuis Wolfefield, dans le voisinage de Marchmont, jusqu'au méandriqu2 ruisseau Belle-Borne, qui coule tout juste au-delà de la loge du concierge à Woodfîeld, vers l'ouest ; le ruisseau historique Saint- Denis, que le lient. Général Wolfe, gravit pour vaincre ou mourir, le traversant à Thornhill. C'était alors un domaine de plus de cent acres, — digne résidence pour le plus fier baron que l'Angleterre eut pu nous envoyer comme vice-roi. Borné à l'est et à l'ouest par deux ruisseaux ; isolé de la grande route par un épais bocage de chênes, érables, pins et ormes, — forêt pour ainsi dire vierge, ne livrant que ça et là passage à la lumière à travers le labyrinthe de ses avenues ; paysage saisissant, dont les ombrages estompaient les teintes douces des tapis de verdure : le tout était digne d'une demeure ducale, (ij

Un jardin féerique de fleurs était situé en arrière du château au nord ; jadis, il eut le privilège d'attirer bien des regards. Il y avait aussi un grand jacdin fruitier et potager bien entretenu ; il était émaillé de plate-bandes de fleurs ; le centre était orné de la plus charmante fontaine circulaire en marbre blanc, alimentée par un filet d'eau vive du ruisseau Bel le- Borne, au moyen d'un appareil

[1] Le lecteur tlésireux de se renseigner plus amplement sur cette belle résidence est pné de référer à la ilescriptiou contenue dans WWhiun du Touriste et à. la description encore plus détaillée dans le Pictiiresqtie Québec.

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