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SPENCER- WOOD

hydraulique sous terre ; des balcons, des belvédères étaient érigés dans des endroits exposés au-dessus de précipices béants, et sur deux pointes, l'une regardant Siliery et l'autre, l'île d'Orléans ; ce fut le lieu de maintes gaies réunions où Ton prenait le thé, où l'on faisait sauter le Champagne. Faut-il aussi mentionner les pavillons, les chaises rustiques perdues dans les bocages, un superbe boulingrin et des places de jeux de paume.

La villa elle-même renfermait une collection choisie de peintures de grands-maîtres, une bibliothèque bien assortie d'ouvrages rares et de valeur, de missels romains enluminés, de riches portefeuilles avec gravures curieuses, de statues antiques, de gracieuses statuettes,, dç médailles, d'objets d'art acquis par le propriétaire durant quatre années de séjour en Italie, en France et en Allemagne ; c'est ainsi que nous nous rappelons Spencer Wood aux jours radieux du passé alors que c'était la résidence choyée d'un homme de goijt, feu M. Henry Atkinson, président de la société d'horticulture de Québec.

Au commencement du siècle. Spencer Wood, comme nous l'avons céjà dit, était connu sous le nom de Powell Place.

Son Excellence Sir James Henry Craig y passa les étés de 1807, iSoS, 1809 et 18 10 ; mais l'air salubre de Powell Place ne put effectuer la cure de la cruelle maladie qui l'obsédait

L'historien Robert Christie a conservé, entr'autres documents, une curieuse lettre de Sir James à son secrétaire et chargé d'affaires, à Londres, l'hon. Herman Wistius Ryland, en date de Powell Place, le 6 août 18 10, Dans •cette lettre, il caractérise dans un langage un peu parlementaire le coup-d'état qui avait fait consigner à un donjon, à Québec, trois des membres les plus marquants de la législature : MM. Bédard, Taschereau et Blanchet, avec M. Lefiançois, imprimeur du Canadien, pour s'être livrés

•dans ce journal à certains commentaires sur politique

coloniale de Sir James.

Voici cette lettre :

"Sir James Craig A M. Rvlaxd.

"Québec, Powell Place, 6 août iSio ^'Mon cher Ryland,

"Jusqu'au moment où j'ai pris la plume, je pensais avoir beaucoup à vous dire, et à l'heure qu il est, je me trouve pour ainsi dire sans sujet***. Nous sommes restés bien tranquilles ; tout ce qui se fait, se fait en silence Je n'ai aucune raison de penser cependant qu'il soit survenu de changement dans l'espiit public ; je crois qu'il reste dans le même état. (L'évêquei Plessis, au retour de sa tournée, a reconnu devant moi qu'il a raison de penser que quelques-uns de ses curés ne se sont pas conduits comme ils auraient dû le faire ; il achève en ce moment le reste de ses visites.

"Blanchette et Taschereau ont été tous deux relâchés par suite de mauvaise santé ; le premier est allé à Kamouraska prendre des bains ; le dernier n'est sorti que ces jours-ci. Il a envoyé demander au juge-en chef (Sewell j s'il consentirait à le recevoir ; celui-ci a répondu qu'il n'avait aucune objection. Le juge enchef est convaincu qu'il est parfaitement converti. Il lui a assuré qu'il croyait de son devoir de saisir toute occasion publique de montrer, par tout acte qu'on lui indiquerait de faire, son acte de ^contrition de sa conduite passée." (i) ^

Si les noms des visiteuts illustres sur le registre de Spencer- Wood peut rehausser l'intérêt que la place peut avoir, on pourrait rappeler celui de Son A. R. le prince de Galles, qui visita en 1860 ce site, plus d'une fois parcouru et admiré de 1791 à 1794 par son aïeul, le prince Edouard, duc de Kent, dans ses promenades autour de Québec avec la séduisante baronne de Saint- Laurent. On peut signaler aussi entre tous ceux qui furent familiers avec les airs de Spencer Wood, deux autres princes royaux, le duc d'Edimbourg et le prince Alfred, la Princesse Louise, le Prince Léopold avec forces ducs, et comtes, les ducs de Newcastle, de Manchester, de Buckingham, d,Argyll, le prince Napoléon, les généraux Grant, Sherman, etc.

.[1] Sir James, ou nous nous trompons fort, se faisait illusion en ceci. [J. M. L.]

lS6 SPENXER WOOD

Depuis la Confédération, Sir N. F. Bellean et les lieutenants-gouverneurs Caron, Letellier de Saint Just, et Robitaille ont successivement occupé Spencer-Wood. L'Hon. L. R. Masson, en prenait possession comme Lt. Gouverneur, le 7 nov. 1884, le jour même de l'anniversaire de sa naissance. Amateur de l'histoire canadienne, il vient d'y installer sa riche collection de livres, etc., de Mémoires, de Brochures, se rattachant à notre histoire.

Spencer Wood est devenu la propriété de la province de Québec au temps de la Confédération, par don gratuit de la Puissance, à la condition expresse qu'elle continuerait comme par le passé à être la résidence gubernatoriale. Réduite maintenant de moitié en étendue, son entretien est bien minime, comparé à l'époque où, résidence d'un simple particulier (M. Atl<inson,) elle comprenait le domaine voisin.

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