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MONTAGUE COTTAGE

M. Wheeler, frère cadet «le l'historien anglais, J. Talboys. Wheeler, raffole de Scott, Moore, Wordsworth, Shelley, Byron, Shenstone, Swinburne, surtout de Tennyson.

Les poésies harmonieuses du Jaurëat anglais lui sont aussi familières que son yater.

Plus d'une fois, il nous a intéressé par ses profondes dissertations, aux séances de la Société littéraire et historique,. sur les ineffables beautés d'Enoch Arden, Mmid, The Prin cess Tirnbuctoît, petit poëme peu connu des lecteurs de Tennyson, mais méritant de l'être davantage, comme nous l'a dit M. Wheeler.

Le laïrd de Montagne Cottage savait au reste que le plus ancien, sinon le plus palpitant roman de mœurs canadiennes, ''TJie history of Emily MontaguCy' avait, au siècle dernier, vu le jour à quelques pas seulement de son cottage et que l'amant préféré d'Eviily, le séduisant col. Rivers, n'était autre, si l'on en croit un antiquaire jadis en renom, — feu Thon William Sheppard, de Woodfield, Sillery, — que le brave et beau colonel Caldwell, alors propriétaire de Sans Brîiit.

Nul doute que M. Wheeler ne fût sous l'empire de cette pensée lorsqu'il signait son titre d'achat avec les représentants de feu l'honorable juge George Okill Stuart,qui lui cédait ce lambeau de Holland Farui, ancien démembrement de Sans Bruit. Le nom de Montagne qu'il a donné à sa jolie résidence commémore donc deux carrières, celle de l'héroïne du roman, Emily Montagne, et celle du héros d'icelui, le col. Caldwell, un des premiers propriétaires du site.

Que de fois, en effet, la belle Emily, si jamais elle a existé ailleurs que dans le roman de madame Brooke, a dû, au siècle dernier, laisser errer ses pas dans cette région bocagère — avant de succomber à la flamme qui lui fit préférer un simple colonel, à la couronne de brillants que le beau, le riche, le séduisant Sir George lui offrait ! Je parierai que nonobstant votre science de bénédictin

sur tout ce qui se rattache au Canada, le roman de madame Brooke, jusqu'à présent, a été pour vous un livre clos ; que tout au plus vous n'en connaissez que le titre f

Eh bien ! moi qui Tai lu en entier, je vais vous venir en aide. D'abord, je vous dirai que je n'en sais qu'un< seul exem.plaire dans tout Québec. Prenons les choses ab ovo.-

Il y avait vers ce temps, au château Saint-Louis, ui-ï' vice-roi, aussi populaiie qu'il était amateur des lettres : Guy Carîeton, plus tard Lord Dorchester. Il parait avoir accepté la dédicace d'une œuvre littéraire, en quatre volumes, portant pour titre : " The History of Einily Montagne T

C'était une série de lettres échangées entre Emily Montagne et sa piquante et coquette amie, Bella Fermor, d'une part, et des militaires en garnison à Québec, à Montréal, à New-York, aussi bien que des lords anglais à Londres, les amis du père d'Emily, d'autre part. Les épîtres d'Eniily et de son intéressante confidente, Bella, sont datées de Sillery, et ont été écrites en \']66-'j.

Les vieux Qicebcc Guide Books, rédigés ici, en 1829-31, par le colonel Cockburn, par Bourne et autres, répètent que la maison où avait résidé la "divine" Emily, avoisinait cette antique et solide structure en pierres-Kilmarnock — que les familles MacNider et Graddon ont successivement occupée à Sillery depuis le commencement du siècle. Mrs Francis Brooke, si l'on en croit ses titres, à la première page de son œuvre publiée à Londres, le 22 mars 1769, était déjà connue du monde lettré, par un autre roman, intitulé : *' LADY JULL\ MAXDEVILLE." La tradition veut qu'elle ait été l'épouse de l'aumônier d'un des régiments stationnés alors à Québec : elle passait vraisemblablement la belle saison à Sillery. Voilà tout ce que j'ai pu trouver sur son compte. Son roman est une peinture des mœurs du temps : une photographie de la société officielle de la capitale, mais susceptible d'amélioration.

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