L. J. C. FI3ET
Ce nom vous reporte aux rives de la Seine, aux portes de Paris, aussi bien qu'à celles de l'Hudson, près de New- York, où le Chancelier Livingstone possédait un superbe manoir connu sous le nom de Clermont. Livingstone était allié par les femmes à ce malencontreux général d ' brigade, Richard Montgomery, qui terminait tragiquement ses jours à Près-de-Ville, en 1775. Le site du manoir de l'Hon. R. E. Caron, choisi en 1850, est éminemment historique ; c'est là même, d'après l'historien Ferland, que les féroces Iroquois, en 1655, massacraient le frère Liégeois, et où fut trouvé son cadavre, moins la tête, enlevée par ces barbares ; ses restes furent inhumés dans la chapelle du Collège des Jésuites, à Québec. Le panorama qui se déroule à cet endroit par un temps clair est des plus grandioses ; de la coupole du château, vers le sud, l'œil saisit dans le lointain le contours des montagnes jusque dans le Vermont même. ,
Clermont, lieu chéri, pendant près d'un quatt de siècle, d'une de nos familles les plus distinguées, celle de l'Hon. R. E. Caron et où la- société Québecquoise recevait une hospitalité large et affectueuse!
M. Caron descend de Robert Caron, un des premiers colons de la côte de Beaupré, Robert Caron était père de Marie Caron, l'épouse de Jean Picard.
L'historien Ferland raconte un incident de ce temps éloigné qui peint bien l'état d'alarme, où les éruptions des barbares Iroquois et autres indiens avaient réduit la colonie •implantée par Champlain :
' Le 4 Juin 1660, huit Hurons qui avaient passé aux Iroquois débarquaient à Ste Anne et saisirent l'héroïque mère de famille Marie Caron avec ses quatres jeunes enfants dans une maison qui existe encore, pendant que le reste de la famil e était aux champs A la nouvelle du désastre le gouverneur d'Argenson plaça des Algonquins en vedette à Lévis où le canot des Hurons devait passer.
■' A la première décharge, deux sauvages furent tués et deux ou trois, blessés. La prisonnière ayant levé la tête au moment oii elle entendit des voix amies, fut ellemême frappée d'une bal.'e, qui tua en même temps un de ces enfants. Elle expira quelques jours après à l'Hôtel-Dieu^ remerciant Dieu avec grande joie, de ce qu'il avait délivré sa jeune famille des mains de ces barbares. "
(Cours d'Histoire du Canada, Vol. I. Page 454.^
Isl. Caron quittait en 1850, Spencer-Grange, qu'il avait occupé plusieurs saisons, comme résidence d'été, pour se rendre à Clermont, — où il séjourna jusqu'à son départ pour Spencer Wood, en 1872. Voici ce que nous écrivions dans les Feuilles d'Erable, en 1865, en décrivant ce site :
" Il existe pour plusieurs de nos vétérans politiques un agréable sujet de réflexion : c'est l'espoir qu'au terme d'une carrière longue et ardue, consacrée à défendre les droits d'une nationalité opprimée, la patrie reconnaissante leur reserve couronnes et honneurs ; bref, une récompense proportionnée à leur mérite ; et si, à ses honneurs, vient s'ajouter la richesse, n'est-ce pas là, le comble de la féhcité terrestre ?
Et pourtant, l'honneur suprême, le couronnement de la brillante carrière de l'honorable M. Caron ne lui arrivait que plusieurs années plus tard, en 1872, lorsqu'il disait adieu à sa villa, où entouré de sa nombreuse famille et du respect de ses concitoyens, il avait écoulé tant d'heureux jours, pour aller prendre à Spencer Wood les rênes de la province de Québec, comme lieutenant-gouverneur.
J'oubliais de vous dire que la robe et la magistrature