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BELLEVUE

plein de feu de la lutte suprême de nos ancêtres pour conserver à la^France un sol arrosé du sang de ses enfants. Il y avait quatre-vingt-quatorze ans que ces braves reposaient du sommeil de la mort dans un parfait oubli, sur le sol même que leur vaillance avait illustré. Dans le fonds du ravin nous trouvâmes quelques débris qui évidemment étaient des restes d'ossements humains. Il était impossible de se méprendre sur la nature de ces fragments d'os que nous tenions dans nos mains."

M. Chouinard recueillit pieusement à Bellevue ces précieuses dépouilles trouvées presque toutes sur sa propriété, et quand la Société St-Jean Baptiste de Québec eut décidé de leur donner une sépulture solennelle, il offrit généreusement tout le terrain nécessaire à prendre chez lui pour les confier de nouveau à la terre et même pour leur ériger un monument. Deux fois il ouvrit sa maison et ses jardins à la foule immense qui se pressait pour assister aux fêtes du 5 juin 1854, pour la translation des restes mortels des Braves de 1760, et le 18 juillet 1855, jour de la pose de la première pierre du monument des braves, à Ste-Foye.

Le 5 juin 1804 le cercueil contenant les ossements des* braves fut déposé en terre dans un coin du terrain de M. Chouinard, béni par l'Eglise. L'année suivante il fut exhumé de nouveau et dispose dans la voûte pratiqué dans la base du monument actuel. La société St-Jean-Baptiste ne crut pas devoir accepter l'offre d'un terrain faite par M. Chouinard. Elle craignait que l'érection de ce monument considérable ne masquât la belle résidence de Bellevue. Mais elle exprima hautement sa reconnaissance pour cette offre libérale et pour l'hospitalité généreuse qui lui avait été accordée. Bellevue, après la mort de M. Chouinard, a été successivement loué à Madame Dougflas, à feu M. G. Mountai 1 et au juge Beaudry, l'un des codificateurs. Elle a été vendue en 1866 à M. J. W. Dunscomb, percepteur des douanes, maintenant en retraite.

H A.MWOOD, Chemin Sts-Foye

. "How sweet it is wlien mother Fancy rocks The wayward braiu, to saunter through a wood, An ôld "place, full of many a lovely brood, Tall trees, green arbours, aud groiind flowors in âocks. And Avild rose tiptoe, upon hawthorn stocks !

(Wordswortk.)

Vous qui raffolez de contrastes, en tout, venez par une radieuse matinée de juillet; humer dans cette région pastorale de Ste-Foye, les parfums des mignons parterres du Crœsus Québécois — M. Robert Hamilton.

Allons visiter la riante villa, lorsque le jardinier écossais aura donné les dernières touches à son éblouissante toilette. Puis, transportons-nous en esprit, dans le passé au même site, par une froide et orageuse journée d'hiver, à l'époque d'alarmes, de privations, de souffrances, dont le capitaine Knox nous a laissé une peinture si saisissante, dans sa relation du siège de 1759; (\) l'intrépide compagnon de Wolfe nous décrira une de ces mornes scènes d'hiver dont il fut le témoin, en ces lieux, au siècle dernier : l'aquilon fouettant de son haleine glacée, les troncs dénudés des chênes — restes de la forêt primitive ou saisissant à la chevelure les vieux pins — croissance plus moderne — qui garnissent la voie publique : puis au sein de la raffale, des escouades de troupiers anglais, attelés comme des bêtes de somme aux traîneaux à bois, huit par huit, haletant, maugréant, épuisés, voiturant leurs fardeaux insolites — le bois de chauffage, à travers les neiges, vers la cité lointaine, aux bivoaacs de la garnison, pour réchauffer leurs camarades malades, affamés, aux abois, privés quelquefois du nécessaire même : voilà telle que la guerre nous

(1) "Our garrison, now undergoes incredible fatigue, uot only within but without the walls, being obliged to load and sleigli home firewood from the forest of Ste-Foye which is near four miles distant, and through snow of a surpassing depth : eight men are allowed to each sleigh, ■«•ho are yoked to it in couples by a set of regular hamess besides oue man who guides it beliind with a long stout pôle, to keep it clear of ruts and other obstructions. We arc told that Monsieur de Ijé%"i8 is making great préparations for the long mcditated assault on this place — Québec — with which vre are meuaced. Christmas is said to be tlie time fixed for this entreprise, and ilonsieur says ; '"if he succeed he shall be promotedjto be Maréchal de France, and if he fail, Canada will be lost, for he -will give it up."— ITmox's Journal of Siège of Québec, Vol. Il, P. 224.

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la peint, cette historique route de Ste-Foye, le 7 décembre

Mais le souffle délétère de Bellone a passé. Il ne leste de traces, de souvenirs d'une ère néfaste, à part quelques boulets rongés de rouille — quelques tronçons de bayonnettes, de vieux sabres, que la statue majestueuse de la martiale déesse — de Bellone — que nous présentait en 1863. le Prince Louis-Napoléon. Une douce paix, une atmosphère rassurante règne aux alentours : au lieu de scène de carnage, au lieu d'attirail de guerre, on voit de vastes prairies, des moissons jaunissantes, une culture perfectionnée, des saules, des cyprès, des acacias mariant leur ombrage aux allées du jardin dont l'éclat, la fraîcheur, les arômes rappellent celui d'Alcinoiis.

Nul part ailleurs sinon aux Tuileries et en Ecosse, ai-je vu des résultats plus heureux de ce style nouveau, exquis des jardins anglais, nommé carpct ga^-dcning, et qui consiste à figurer des arabesques, de gracieuses tapisseries, — tout un paysage — au moyen de contrastes produits par des plantes et des fleurs de couleurs vives, groupées, isolées ou combinées par une main savante : art merveilleux d^s Le Notre modernes, mais fantaisies que l'homme riche peut seul se permettre.

Le cottage orné de M. Hamilton s'élève au centre de ce site féerique ; il doit son origine au prédécesseur du propriétaire actuel, à M. J. Leaycraft qui le construisit vers 1850 : le nom de la villa, Hamwood, est celui du manoir des Hamilton, oa comté de Meith, Irl 1 1 le : un souvenir des vieux pays.

ALTAMONT, (WESTFIELD) Sts-Foye

The hawthorn bush, with seats beneath the shade For talking âge and whispering lovers made.

Que j'aimerais à vous dépeindre tout le pittoresque décors de notre vieux Québec, ses anciens manoirs au fond de verts bocages — ses gais castels modernes, étalés au grand jour sur les hauteurs — ses riches métairies dans les plaines !

Qu'il me serait agréable de vous décrire, de saisir au passage, les mille et un souvenirs du passé— qui voltigent autour de ces doux nids — séjour de la santé — de la paix domestique, perdus dans les bois du Cap-Rouge — de Ste- Foye — sur la côte de Beauport et de Çharlesbourg !

Il en est tout un groupe au Montplaisant.

Voyez LONG DESIR — la charmante demeure du juge Casault ; "Cave of the Wind" — bien nommée — la résidence aérée de l'évêque anglican, Williams, assise au haut de la colline qui surplombe Saint-Sauveur ; sa voisine EDGEHILL, radieuse villa du juge en chef Stuart ; puis vient le solide manoir du sénateur Eugène Chinic.

A Sillery, l'on voit le joli cottage sur la berge de l'historique ruisseau Saint-Denis, auquel le propriétaire, M. Israël J. Tarte, a donné le nom de Cottage St-Denis, et combien d'autres ; mais je m'arrête, l'énuméraiion en serait presque aussi longue que celle des vaisseaux J'Homer.

Voici néanmoins une demeure doiit le caractère exige une mention plus spéciale. WESTFIELD fut fondée aux premières années du siècle, par un éminent citadin, feu M. Charles Grey Stewart, Comptrôleur des Douanes Impé' riales, à Québec. Les possesseurs actuels, l'hon. David Alexandre Ross et son épouse, grands amateurs de fleurs, ont cru devoir lui donner les honneurs d'un nouveau baptême : ils l'appellent altamoxt, parcequ'elle se trouve au haut de la montagne au pied de laquelle vient expirer le

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