‹ Monographies et esquissesChapitre 8 sur 107 · MONOGRAPHIE IJ · texte numérisé non relu

MONOGRAPHIE IJ

gleterre, portera cet item, à £ioo sterling par année. Si VOU5 caimenez avec vous des nègres, de Xev\-Yor1-:, tâchez que ce soit des gens fiables. Pour le service de la table, il

nous faudra constamment quatre valets bien mis

(puis il discourt de la politique chez nos voisins.) '' Notre hiver est commencé et cependant je ne le réalise pas. Les poêles du Canada, disposés dans les passages, tempèrent l'air par toute la maison Je m'assieds d'ordinaire au coin de la cheminée — ce qui me donne 71 à 72 degrés du thermomètre : c'est-à-dire une température d'été. La carriole couverte, le casque en pelleterie et le pardessus — ce sont là des objets de l'ixe dont l'on se sert en voyage seulement. La carriole ordinaire suffit en ville. La réception officielle de jeudi dernier le prouve : cinquante dames eu coiffures brillantes, et pas un ruban, pas une boucle dérangée. Tout se passa d'apiès l'étiquette anglaise, exceptéia cérémonie du baiser (the ceremony of kissing) que Milord D (Dorchester T) se réserva à lui seul.

''Son aide-de-camp escorta les dames à tra\'ei's une salle ou lui et moi nous les attendions. Elles reçurent le baiser sur les deux joues et furent reconduites au salon du château, en arrière, où nous nous réunîmes quand la foule eut diminué. Les messieurs entraient par une autre porte. Puis, on servit le thé ; pu^s vint le jeu de cartes, etc., le tout jusqu'à dix heures. Je laissai \otre fils à la fête, pour entretenir la beauté du bal — une dame \\'illiams. épouse du major Williams et fille de Sir John Gibbons, de Windford, — une personne de gentilles manières et de bonne maison. Nous dansâmes ce jour-là aussi chez le Lt-Gouverneur, le général Hope,(i)que vous avez dû connaître. Il fréquentait alors, comme le Col. Harry Hope, le salon du gerteral Robertson ; il est neveu de I-^ord Hopetown, en Ecosse, et de Lord Darlington f^par le second mariage de sa mère) en Angleterre. Sa table est montée dans un excellent goût.

(1) L^ gouvetiienr Hoi.é exinin à Qit.-l.ec in 17i?T— ce fnt lui (jui i>.?imit aux Canadiens de Ijiitir la Porte Hope ou A^ la cauoterie. ia«é? en l?7l — jlle poilait son nom.

r8 WIL.LIAiM SMITH

" William (le futur historien) qui sait le latin et le français mieux que sa propre langue, m'importune pour lui acheter une collection des Classiques : achetez la lui,si vous le. pouvez, au moyen d'une traite de ;^I5 sterling que vous m'enverrez dans une lettre à Ryland.

" Il y a ici une bonne bibliothèque et mes amis en ont.

aussi ( i) , - .

Puis l'honorable juge communiquait à sa fidèle moitié plusieurs rumeurs et nouvelles affectant les "Whigs.américainsj " et terminait sa missive avec les mots suivants : "Adieu ! " The broad hand qf heaven protect you."

Le juge en chef Smith a lui aussi légué à la postérité,, en outre de ses écrits judiciaires, un travail historique fort recherché de nc^s jours parmi les bibliophiles :" //w/^;j off/ie Province of Nciv-Y.orkyfrom thc first settlemcnt to tJic year 1734," grand in-folio.

Il joua un rôle fort importaijt dans les assemblées publiques où s'élaborait le programme de l'ujiion des colonies en Amérique. On a été jusqu'à dire qu'il conçut le plan de constitution .qui régit maintenant l'union américaine. Une feuille de Boston, en 1825, contenait le trait suivant :

{Frôvi thc Boston Mirror, 1825.^

'' The foUowing was related by Dr." Mitchell himself, and we wouch for its authenticity :

" Anecdote of William Smith, Esquire, the historian of New- York, and the late chief justice of Lower .Canada, recommended to American historians.

" This éloquent man, having been an adhèrent to the royal cause during the révolution, left the city of New-York in 1783, with the British Troops, and was afterwards rewarded by his sovereign with a high judiciary office at Québec. Judge Smith, although thus removed from Ihe place of his origin, always contemplated the politics of his native country with pecuhar solicitude.

" One evening m the year 1789, when Dr. Mitchell was in Québec, and passingthe evening af the chief justice's house, the

(1) Cette bibliotlièque a dii être la Québec iiiraj-j/, bibliothèque publique fondée en 1779, par lord Dorchester et incorporée en 1869, dans celle de la société littéraire et historique.

MOXOGRArilIE 19

leading subject ôf conversation was the new fédéral consiitution then under the considération of the States, on the ' recomméndation of the convention, which.sat at Philadelphia, 17S7. Mr Smith, who had been somewhat nidisposed for several days, retired to his chamber with Mr Grant, one of the members of the législative council, at an early hour ; in a short time, Mr Grant came forth and invited Dr Mitchell, in iMr Smith's name, to» walk from the parlour into Mr Smith's study, and sit with thertï. ^Ir Mitchell was cènducted to a sofa and seated besides thechief justice, before whom stood a table, supporting a large bundle of papers. Mr Smith resumed the subject of American politics, and untied his papers ; after searching among them a while,. he unfolded a certain one which, he said, was written about thetime the colonial commotions grew violent in 1775, and contained a plan or System of government, sketched ont by himself " then. and which nearly resembled the constitution afierwards proposed by the fédéral convention of the United States. He then read the contents - the pièce was long and elaborate, and written with much beauty and- spirit. — " This, sir, (added he, , after finishing it.) is the copy of a letter. which I sent to a meniT ber of Congress m 1775, who was an intimate frier)d of General^ Washington. You may trace to this source the sentiments in favor of a more energetic government for your country, contained in the commander in chief's circular letter, and from this there can be no doubt îhat the citizens of ail the States derived their leading hints for your new form of govermuent." Thus you see the great and original outline of your national constitution were drawn by a man, whom the laws of his native land proscribed and forced away from its shores"

Il est même possible que si le roi eiit adopté le plan de réforme et de gouvernement .que ]\I. Smith lui soumit avant 1774, le lien colonial eijt duré quelques années de plus. Doué par la nature d'une grande éloquence, éminent légiste, chrétien fervent, l'honorable juge était lié d'amitié avec plusieur.-i des écrivains les plus distingués d'alors — entr'autres avec le célèbre historien de l'Amérique, Robertson ; sa fidélité au roi !ui valut l'emprisonnement dans le manoir Livingston ; plus tard, il fut élargi et envoyé comme cartel, à New- York.

Il avait épousé le 3 novembre 1752, Janet, fille de James Livingston, de New- York. Une de ses filles devint plus tard l'épouse du juge en chef, l'honorable Jonathan SewelL

Le juge en chef Smith rendait l'âme, à Québec, le 6

20 avilliaSi s-Miïii

décembre 1793, dans la même maison où expirait en 1847 son fils — c'est maintenant la résidence du shcrif x\lleyn, rua Saint Louis. Le prince Edouard, quatrième fils de George III, duc de Kent, et père de notre Souveraine, faisait partie du cortège funèbre du savant juge.

Le juge Smith était aussi propriétaire du site sur la rue St-Louis, occupé maintenant par la somptueuse demeure que son gendre, le juge en chef Sewell, y construisit plus tard, cidevant l'Hôtel du Gouvernement. Telle fut la carrièrexi'abord troublée, plus tard bien remplie, du juge en clief William Smith : tel vécu^:, tel expira le respecté, Téradit, le fastueux père du futur hi.^torien du Canada, l'hon. juge en chef William Smhh.

Quand le jeune Smith mit le pied sur le sol canadien, en 1786, il n'avait pas dix- sept ans.

On a pu voir que si ses goûts littéraires lattiraient vers l'étude des classiques, sa naissance, sa jeunesse, ses manières courtoises lui avaient ouvert, dès le début, la porte des salons de Lad}' Maria Dorchester, au château St-Louis.

ïl est permis de croire qu'avec l'élite de la .société du

temp.-, il fit acte de présence aux brillantes réception^

officielles et aux feux d'artifice organisés, le 21 août 17S7,

par Son Excellence, en honneur de la, vidte du troisième

fils du roi — le jeune prmce ^A'iljiam Henry, duc de

Ciarence — couronné en 1.S27. comme Guillaume IV — joitr

de gala pour la ville entière, Le royal uùdslnpfnan laissa

des souvenirs assez galants, à Québec. On est toutefois

surpris de ne pas rencontrer le nom de Williani Smith^.

•inscrit à côté de celui du juge en chef, son père, s«r la liste

.de ceux qui accoururent au château St-Louis, ie 6 avril

1789, à l'invitation de Lord Dorchester. pour fondei' sous

ses auspices une société d'agriculture. La Gazette de Québec

tde. cette année là contient le rôle des personnages marquants

des deux nationalités qui tinrent à honneur de seconder le

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gouverneur en. chef", dans sa géi^ereuse entreprise. Milord Dorclitster étai'. et à bon ilroit, estimé de tout le motide. Il est toutefois possibfe que la lecture des " Classiques " et la vie de salon avaient plus d'attrait pour un jouvenceau de vingt printemps, en parfaite santé, que de graves dissertations sur l'agronomie, sur l'amélioration des races bovines et la création de concours aratoires ! Suivons donc la foule qui va s'inscrire au château St-Louîs, fière de seconder le gouverneur, le " sauveur de la colonie, " Lord Dorchester, dans son patriotique projet : nous y trouverons une excellente occasion de faire connaissance avec le personnel de ce vieux Québec de 1789' — déjà si lom de nous — auquel le futur historien ée la colonie restera identifié pendanr soixante ans et plus.

Bien que l'on se plaise à répéter qu'il y avait peu ou point d'entente entre les deux races qui se disputaient le sol — les anciens et les n&iivcaiix sujets, — on ne s'en douterait guère à en jug^ par les noms accolés à la liste de ;a Gazette de Québec :

R(jLE DES -MEMBRES DELA SOCIÉTÉ D'AGRKULTUKE DK QUEBEC EX 1789.

Révd PMlippe Tosey, chapelain militaire ; T. Monk, procureur-général ; G. E. Taschereau, Peter Stewart Malcolm Fraser, William Lindsay, J. B. Descheneau,John Lees, J. Renaud, Mathew Lymburner, John Blackwood, M. L. Germain, A. Panet, P. L. Panet. A. UtGaspé, St-Jean Port Joly ; l\\. 01. A3l\vin ; l'Evêque de Québec ; M. Bailly, coadjuteur ; Dr. T. Mervic Xooth, Henry Metz, Jenkins Williams, Isaac Ogden, j ge de la cour de Vice-Amirauté ; Messire Panet, curé de la Rivière Quelle ; Sir Thomas Mills, François Dambourgès, Capt, Fraser, 34e bat., Ceneltn Chandîer, J. F. Cugnet, J. F., M. Pierre P'Iorence, Rivière-Ouelle ; Ca pt. Rctson, T. Arthur CofîFin, Capt. Chas. St-Ours, Aug. G lapion, supérieur

des Jésuites ; A. Hubert, curé de Québec ; Juchereau Duchesnay, L. de Salaberry, P, Panet, P. C, M. Gravé, sup. du séminaire; Jbhn Qraigie, Berthelot D'Artigny, Perrault-l'aîr.é ; George AUsopp, Robert Lester, Alex. Davidson, le juge en chef ,Smith, les honorables Hugh Finlay, Thos. Dunn, Ed. Harrison, John Colins. Adam Mabane, J. G. C. De Léry, Geo. Pown^Fl,. Henry CaldweM, William Grant, François Baby, Samuel... Hplland, George Davidson, Chs. De Lanaudière, Lecompte Dupré, Major Mathew. " ...

Cette liste résume à peu près tout ce -qu'il y avait de plus distingué dans ou autour de la vieille capitale, en 1789 : l'Etat, le clergé, la robe, le commerce, les professions, jusqu'au sport, rien n'y manque, car Sir Thomas Mills, l'hon. Chs. De Lanaudière, le Capt. St. Ours, étaient des sport inen de haute pègre : le cheval De Lanaudière, Corbeau, la jument de Sir Thomas Mills, Coqirettc, et Niagara^ le coursier du capt. St-Ours, ont fait parler d'eux cette année là. (voir la Gazette de Québec).

On est charmé de voir tant de noms distingués sur 1-î rôle de la première société d'agriculture, fondée à Québec : De Salaberry, Juchereau Duchesnay, Panet, Taschereau, Dambourgès, — le héros du Sault-au-Matelot ; Berthelot D'Artigny, Perrault, l'aîné, — le vieux négociant français de l'ancien régime, qui avait son comptoir sur la rue Saint- Pierre — J. B.Descheneau, ci -devant i propriétaire de vastes voûtes et magasins, sur le site 'où la Baiiquc de'-'Quchec fut construite en 1S62 — ^A. De Gaspé, seigneur de St-Jean Port Joly, qui avec ses collègues, M. Couillard, seigneur de St. Thomas, et De Beaujeu, seigneur de l'Ile aux Grues, accompagnés du belliqueux curé BaillyJ (i) conduisaient un détachement de milice pour porter secours à Lord Dorchester, bloqué dans Québec par les Bostonnais, en

(1) Mossire Bailly gravement blessé à ce malheureux ■combat, expira à l'HopitsU' Général le iiO mai 1794. On y voit son buste de fîrandour naturelle, copié plus tard pa JVI. PlamouJbn. Il fut inhuma ù la Pointe aux Trembles, .pr^s Québec.

^775 •'-~ Le colonel Lecomp'te Dupré, la- terreur des Yankees : — François Bab-y, les deux avocats Cugnet.

L'Eglise et la haute éducation sont représentées par l'Evêque de Québec et son coadjuteur, le martial Messire Bailly, évidemment membre de l'église militante, ■évêque de Capse — mort en 1794,; le bon curé Hubert, victime en 1792, d'un si triste naufrage, en face de Québec ; le père Glapion, supérieur des Jésuites ; Messire Gravé, supérieur du séminaire des Missions Etrangères, Messire Panet, curé de la rivière Quelle, plus tard évêque de Québec.

Puis, vient toute un-; troupe de hauts dignitaires :1e juge en chet Smith, le Juge Isaac Ogden, le procureurgénéral Monk, le solliciteur-général Jenkins Williams, l'hon. Hugh Ficlay, député-maître des postes, le successeur du fameux Benjamin Franklin, Ths. Dunn, président du Conseil, l'hon. Adam Mabane, juge intègre et méiecin dévoué, dont notre vieil ami, M. l'abbé Bois, nous a donné une intéressante biographie, l'hon. Mathew Lymburner, négociant distingué l'hon. Georfie Pownall. secrétaire-provincial, l'hon. Williant Grant, répou>^ dé la baronne de Longueuil : tou:? deux ont laissé leur horri à deux rues du faubourg Saint-Roch, la rue Graiit et la rue Baronne. On voit encore des traces de leur magnifique rhanoir et de leur parc, à l'ouest de la manufacture de meubles de M. J; O. Val- • Hères, rue Saint- Valier ; l'hon, Samuel Holland, le compagnon d'armes deWolfe, au.x Plaines d'Abraham, arpenteur et Ingénieur militaire, en renom ici et à î Ile du Prince- Edouard.

Mathew Lymburner, Peter Stewart, John Lees, John Blackwood, Ob. Aylwin, Robert Lester, représentaient le haut commerce.

Saluons Alexander Davidson, plus tard paie-maître de Lord Neson et son ami ; le mêfne qui. en 1782, arracha ipresque de foro^ l'impressionnable et vaillant marin au

doux sourire d'une Juliette canadienne, Miss - Simp;5on, la beauté san?; par'siîle de Québec ; puis, le major Matliews, secrétaire de Lord Dorchester, le même qu-i plus tard épousa la ravissante Hélène de Lord Nelson.

Mais, je m'arrête, car cette liste des agricu'teurs émérites de Québec, en 1789, nos vénérés ancêtres, me fournirait matière pour un robuste in quarto de chroniques et de mémoires des anciens jours.

Une autre mesure d'une incontestable utilité publique signala encore l'année 1789: l'ouverture du grand pont sur la rivière St-Charles, œuvre que Lord Dorchester honora de sa puissante protection, et qui avait pour objet de relier la rive nord i Heauport, Charlesbourg, etc.,) à la citt^, au lieu de l'ancien bac du régime français ; ce pont prit le nom de Son Excellence, qu'il a conservé depuis. Il fut placé plus près du site du pont Bickell ; plus tard, on le nomma le vieux pont, quand le pont actuel lui succéda, en» r822.

Le futur historien fit sans doute acte de présence à cette fête.

L^n autre incident qui dut fort intéresser la famille Smith, ce fut l'arrivée à Québec, le 7 août 1791, dans le vaisseau de guerre Résistauce, du Prince-Edouard, le fils du roi de la Grande-Bretagne, George III, le protecteur avoué de Thon, juge en chef Smith. Il y eut lever au château et bal ; le monde fashioiiabh, agité et intrigué, se pressait à la réception officielle. L^ne question d'un intérêt maj-eiir chez \t<< grands de l'époque se présentait. Som Excellence recevrait-il le Prince-Edouard seul, ou souhaiterait-il aussi une bienvenue officielle à la belle comtesse française, Alphonsine Bernardme, Julie Mongenet, de St. Laurent, veuve du co^. de Fortisson, (i) que l'on disait

(1) La belle comtesise vécut \-iugt-Iiuit ans avec le in-ince Edouard, le père de notre Souveraine. Elle fut traitée avec tous les éjîards dus à une légitime éi)Ouf<e. L'année du inariago duPi-incc, en 1818,1e Col, de Eote)n'nng, mentionne dans une lettro à y\.. de Salaherry fjne» madame .St-Laurent se i-etira cette année Ift, clîns un com-ent, en France.

MONUGRAPhUL 2$.

être l'épouse du Prince, en vertu xl'une de ces alliances morganatiques, usitées au siècle dernier? Le débat sur cette question de légitimité devint encore plus vif, lorsque l'on apprit que l'évèque de Capse avait accepté madame de St-Laurent, le 2 juillet 1792, pour marraine d'un des fils de Salaberry.

Il y avait pourtant pour les bons citadins de Québec en 1791, d'autres préoccupations, d'autres sujets moins gais au milieu des réjoui-^sances publiqiies, en l'honneur du fils; du roi, qui devait faire de Québec le lieu de sa résidence pour trois années consécutives. De temps à autre, le paquebot apportait d'alarmantes nouvelles d'outre-mer. Vr^ vieux trône, une noble lignée jadis l'idole de la cité de Champlaîn, s'écroulait avec un épouvantable fracas- sur les rives de la Seine. Le ciel était gros d'orages ; le drapeau rouge devait être bientôt arboré là où avait flotté pendant une longue série de siècles le pavillon aimé de St. Louis..

N'y avait-il pas aussi une autre surprenante rumeur.'^ Celle d'un nouveau pacte politique, d'une constitution nouvelle, incomprise de la majorité du p-uole ; la constitution de 1791 avec son régime représentatif ? Quelle part le juge en ciief Smithj le faiseur de constitutions, eùt-ildans ce changement ? Que pensa-t-il de la première réunion de notre législature en décembre 1792? Quelle opinion exprima-t-il à son fils, le futur historien, sur cette nouvelle phase de nos destinées ? Quelle influence, si aucune, ce père chéri, érudit, expérimenté, a-t-il exercé sur les appréciations que le fils fit, plus tard, des principaux, événements de nos annales ?

Voilà autant de questions à résoudre.

Le jeune William Smith, en 1791. avait atteint savingt-deuxième année. Il a donc où jouir de facilités,, toutes spéciales pour étudier et approfondir les caù?-:'s et

les circonstances qui avaient présidé à la nouvelle constitution de 1791, cela, sous l'œil et l'inspiration immédiate de son illustre père qui y aVait eu une large part. Le projet de la nouvelle loi avait été préparé par le secrétaire d'Etat, William Windham Grenville,en conformité aux instructions qu'il avait reçues du Conseil Privé ; puis, renvoyé à Lord Dorchester pour être revu' et amendé, avec injonction de consulter le juge en chef Smith. Après mûres délibérations, Son Excel'ence et son aviseur firent subir à la mesure d'importantes modifications ; le projet fut renvoyé en Angleterre, soumis au parlement, discuti et finalement adopté. Autant que les circonstances le permettaient, on avait tenti d'en emprunter les dispositions à la constitution anglaise. Voici la composition du Conseil Exécutif et du Conseil Législatif, sous la nouvelle loi :

Conseil Exécutif •.—W'ûWa.m. Smith, juge en chef, Paul Roc de St. Ours, Hugh Finlay, François Baby, Thos. Dunn, Joseph L. de Longueuil, Pierre Panet et Adam Mabane.

Conseil Législatif : — William Smith, juge en chef, J. C. Chau^segros de Léry, Hugh Finlay, Thomas Dunn, Paul Roc de St. Ours, Joseph L. de Longueuil, Edward Harrison, Fr?. Baby, John CoUins, Chs. De Lanaudière, George Pownall, John Fraser et Sir John Johnston.

Les élections des membres pour la Chambre d'Assemblée qui se firent en- juin 1792, donnèrent pour résultat 34 Canadiens-Français et- 16 Canadiens-Anglais.

Les Canadiens-Français eurent donc la grande majorité des sièges ; mais la première place sur le banc judiciaire, au Conseil Exécutif, au Conseil Législatif, était dévolue au juge en chef Smith.

Papineau-père, Bédard, Panet, avaient donc eu raison ; le nouveau système représentatif, ainsi que la division du Canada en deux provinces ïfvreraient aux canadiens-français ia suprématie du pouvoir législatff. Un nouvel état de choses allait surgir : le règne de l'absolutisme français, le régime

infamant de Bigot, le règne militaire anglais étaient mort?, bien morts. Hosannah !

Les 10,000 loyalistes (United E^npire loyalists) de la pcrtion-ouest du Canada, 'les United Empire loyalists de la section-est, présidés par les U. E. L. Smith, Sewell et autres ; plus, la grande majorité française (à preuve les requête^ au parlement impérial qu'on avait fait signer de 1783 à 1790J demandaient une constitution calquée sur celle de la mère-patrie. Chose assez singulière, la faction dominante, la minorité anglaise s'aperçut, mais trop tard, que le système représentatif remettrait le pouvoir législatif aux mains de ces nouveaux sujets, qu'ils considéraient comme race conquise, qu'ils affectionnaient si peu

Revenons à notre historien.

Là mort soudaine du juge en chef dans toute la maturité de son talent et à l'âge comparativement peu avancé de 65 ans, en 1793, non-seulement fut un événement douloureux, mais encore une perte irréparable pour William Smith, jr. Le juge en chef était bien plus qu'un tendre père pour son fils ; c'était un protecteur puissant par ses relations sociales dans la mère- patrie d'où pour le Canada venaient alors, titres, honneurs, dignité, avenir. Il lui restait, il est vrai, d'autres amis de son père, de puissants amis même, entre autres, l'hon. Herman W.istius Ryland, l'aviseur cauteleux de tant de gouverneurs, le confident, plus tard, de Sir James Henry Craig, l'instigateur zélé de cette politique soupçonneuse et arbitraire qui fit des martyrs politiques de Bédard, Taschereau, Blanche^, le 17. mars,

Est-ce dans l'intimité de cet habile et infatigable francophobe, Ryland, que l'historien du Canada a puisé quelquesunes de ses inspirations ? Sur ce point et bien d'autres l'histoire contemporaine nous fait défaut.

La puissante, protection d'un homme éminent en Angleterre, Lord Bathurst, secrétaire d'Etat, ne fut pas invoquée en vain. Grâce à ce dernier, William Smith',

homme de lettres, devenait, en 1814, Thonorable WiAlianr Smith, membre du Conseil Exécutifdu Bas-Canada ; et l'année suivante, en 181 5, il ajoutait à celte dignité, la charge fort lucrative de Gretifîer de la Chambre d'Assemblée,. celle de ÎMaitre en -Chancellerie.

La réunion de tant de dignités sur une seule tête ne porta pas toujours chance à l'heureux titulaire ; l'étoile de la famille Smith parut pâlir, sans toutefois s'éclipser, à Québec, en 1838, Cette année-là, comme l'on sait, Lord; G^ey avait envo)'é comme haut commissaire et Gouverneur-Général, en Canada, son fougueux gendre, l'habite comte de Durham. Il y avait peu d'abus plus criants, parmi les nombreux abus dont soutiraient la colonie, que le cumul des emplois publics sur un seul fonctionnaire ; on nommait ces employés p/ura/isfcs ; cpiand ils faisaient remplir pendant leur absence les charges par des députés, on. qualifiait l'abus à.' absente! s m et eux, d'abscNtJcs. L'hon.. William Smith était ////n2'//jr/'fc' (ij, pluraliste renforcé ; ce qui était pire, aux yeux des patriotes d'alors, ce bu-veancratc, appartenait à ce groupe d'heureux favoris de la fortune, qui de temps immémorial avaient eu l'oreille des gouverneurs et qui eng'obaient tout, jusqu'au moindres parcelles de patronage.

On dénonça M. Smith au grand redresseur de torts, à Lord Durham. qui, dit- on, le somma de venir en sn présence, dire si c'était vrai qu'il cumulait tant de places.

M. Smith plaida coupable et reçut ordre d'adresser par la poste du lendemain, une lettre au noble lord, lui. marquant lequel de ces emplois, ]\L Smith entendait retenir ; i'hon. Conseiller Exécutif se démit de Crtte chaige

(1) (Vt aljus datait tle laiii. Du Calvet déciit comme suit ce (iui i?t' pass-ait vei-s 1784 : " Places fW 31. Jlabane, chinirgien de la Garnison, 2itO livres sf g; jiieiubre' du Coii'seil Léj/hslatif, lOO liv. : jni.'e des Plaidoyers conniiims. .'iOO livres : Comniisssire l'rtisantles louetioiis de Juge on clief^ environ son livres, juge de la cotir des yrérogatives.lOOlbs: total, 120(1 sti'ljï. Places dt- M. Fras-^r. — La demie-paie de capitaine^ 10(i livres, strljî: iMembre du Conseil Léj-'islatif, toolrvre*, .Tnjjf* des plaidoyers comniniis, Vm» li^Tes : jugode la Cour des Prérogatives, lou livies; Trêsoi-ier, environ 4«i0 livres: total litHj livre»-. sUlg. Places de M. de Rauville. — Juge des Plaidoj'evs Coninmus, 'joo livres, sfrlg; Jugode la Cour des Prérogatives 100 livres : total, GOO livres strlg (HiB.\rr>, Hisfoii:' ijih C'i'niuhi, Tonte IJ, P ?!*). l^*! livres sterling »u «it'clo dernier équrv^Iaifiit .^ 2<0o livre-'. sterling, ih\ cours açti^el^à .Sl",00i).

MO.VOCIRAPHIE 29

pour retenir i'autre où l'honneur était moindre,, mais où le traitement valait plus : ccHe de Greffier du Parlement

En 181 S, l'historien prit une part active <Ian3 le projet formé par la veuve du Général Richard Aîont^omery, d'obtenii- de Sir John Coope Sherbrooke, les restes du Général. Il avait, paraît-i', informé la veuve IMontgomer)qu'il existait encore à Québec, une personne capab e d'indiquer l'endroit où M, Mont^omer}- avait été inluuné,. ■43 ans auparavant : James Thompson, présent aux funérailles. {Harpcr s Mo.gazuu , fcvri'sr i$S^, fûgc SS7-''

]3isons un mot de ses écrits.

Si la longue carrière officielle de i'hon. Conseiller 1-^xé-

cutif f:^t insuffisante par elle seule pour îe tirer de roubh\

"il n'en a pas été ainsi, quoi qu'en ait prétendu mie très

haute autorité, du travail historique de ce Irnborieux écri-

\'ain.

Toute incomplète, tout partiale que soit son '• Histoire du Canada, " elle continue d'avoir pour lecteurs les cip.quante-cinq millions qui parlent en Aaiérique la Ifuigue de Shakespeare et de Milton.

Ces volumes sont devenus tellement rares qu'iU se vendent à un prix assez élevé.

Chez nos compatriotes anglais, Smith contiriue d'être une source de renseignements prisés.

Les écrivains modernes, tant anglais que français, n'ont pas encore pris sa jilace chez ceux qui appartiennent à la race anglo-saxonne. W'iiliam Smith n'a pas le style brillant, chaleureux, aHéchant de Macaulay ; ce n'est pas un écrivain philosophe con.ime Gibbon, copieux comme Lingard, coloré et hardi comité Froude. Il a néanmoins un mérite incontestable : la c'arté, la concision. Il s'efforce même d'être impartial, nous aimons à le croire ; eût-il vécu plus tard, dans un autre milieu, avec moins d'attaches à un ordre de choses exclusif, suranné, ii est possible qu'il eût adopté des idées plus larges.

N'oublions pas' que M.' Smith a écrit en un temps où la tâche de l'historien était de beaucoup plus ardue qu'à l'époque où nous sommes. L'art du typographe n'avait alors rien fait pour les archives canadiennes ; des piles de manuscrits moisis, vermoulus, raturés, souvent presqu'illisi blés, encombraient les voûtes souterraines du vieux palais épiscopal à Québec, où étaient les bureaux des divers ministères, où se réunissait notre parlement. Le site de cette ancienne structure, en 1834, servit pour la construction du somptueux palais législatif incendié en 1854, et où brûlait, en 1883, la masure qui lui succéda. Cet écrivain eut un avantage sur ses successeurs, qu'il ne prisa {.as assez. Il lui fut donné d'avoir accès au moins à deux, sinon à trois des cahiers q ui constituaient le Journal des Jésîtites au siècle dernier ; il ne nous en reste qu'un seul,

\J Histoire du Canada de Smith, comme je l'ai dit précédemment, sous forme de note et d'appendice, renferme des matériaux précieux pour l'histoire ; citons entr'autres documents, un journal très étendu par un officier de la garnison, du blocus de Québec, par Arnold etJVIontgomery, en 1775 ; les commissions de nos premiers vice-rois; des statistiques du recensement, du commerce, de la navigation, des tableaux météorologiques ; et, finalement, un curieux rapport avec pièces probantes, d'un comité sur l'éducation créé en 1787 et continué jusqu'à 1789, présidé par son père, le juge en chef. On y discute une foule de questions dont quelques-unes sont loin d'avoir, après un siècle, perdu de leur actualité : l'éducation populaire, la haute éducation,, l'emploi des revenus des biens des Jésuites, la création d'une université ; cette dernière question paraît av^oir soulevé une petite tempête épiscopale, à en juger par les mémoires, soumis au président du comité, l'hon. juge Smith, (i) par Mgr l'évéque de Québec et par son coadjuteur, l'évéque de Capse.

(1) Voir la page suivante pour cette note.

Le comité qui s'était réuni le 26 novembre 1789 était composé comme suit : le Juge en chef, MM. Grant, Dunn, Baby. De Lery, Dupré.

Ce fut John Neilson, le propriétaire de la Gazette de Québec, plus tard le vieux patriote si longtemps membre pour le comté de Québec, qui imprima à Québec, l'histoire de M. Smith sous le titre suivant : " Histojy of Canada front its first discovery to tJic ycar 1791,/y' William Sinithy Esquive, Clerk of the Parliavient and mastcr in CJianccry of the Province of Lower Canada : in two volumes. " Ne quid falsi decere audeat, ne qui veri non audeat." Québec

Printed for the Author

By John Xeilson, 18 15.

Le 1er tome renferme 388 pages avec un fippendice de 72 pages. Le 2ème tome contient 235 pages : l'ouvrage se divise en époques, représentées par dix chapitres tel que suit : Chapitre I, traité de la découverte du Canada, à 1674; Chapitre II, depuis 1674, au siège de Québec, par Phipps, en 1690; Chapitre III se termine au temps de la nomination du marquis de Vaudreuii comme Gouverneur, en 1703 ; Chapitre IV relate ce qui a eu lieu jusqu'à l'administration du marquis de Beauharnois, en 1726 ; Chapitre V contient l'historique des événements jusqu'à 1752; Chapitre VI, a re'ation de ce qui eut lieu dei752-i759; Chapitre VII, ce qui se passa au Canada jusqu'au traité de Versailles en 1763 ; Chapitre VIII, les événements de 1764, au siège de 1775 ; chapitre IX, depuis 1775. à la convention de Saratoga, en 1777; Chapitre X,

(1) Voici le préambule de la lettre de mouseigueur de Capse : Lettre de Charles François Bailly, coadjuteur de Québec et évêqiie titulaire .de Capse,

datée de la Pointe aux Trembles, 5 avril 1790, adressée à l'hon. William Smith,

président d'un comité du Conseil Exécutif de Québec, sur une référence du Conseil,

touchant les mesures à prendre pour encourager l'éducation.

Monsieur et Messieurs — Dans un rapport d'un comité du conseil, sur la question de l'éducation, qui m'a récemment été transmis, j"ai vu une lettre, signée Jean François Hubert, évêque de Québec : l'ayant parcourue avec l'attention la plus soutenue, sans reconnaître le style ni le langage de l'illustre prélat, que les Canadiens sont si heureux d'avoir pour leur chef, je conçois, malgré le respect que j'ai pour Thon. Président et les autres membres du comité, que cette lettre entière est une fabrication [imposition] inventée au nom de notre Prélat bien-aimé'et une rapsodie mal bâtie, que l'on a e-a l'effronterie de présenter sous son nom vénéré

depuis la convention de Saratoga, en 1777, j'-'-^Qu'à l'établissement de la constitution en 1791.

M. Smith, c^ui avait épousé Mlle Sarah Webber, fille de â'amiral Charles Webber, du Hanipshire, Angletw-re, perdit =on épouse le 26 jan\'ier 1819.

\'crs cette époque, il acquérait au Cap-Rouge, un do- «viaine bien boisé, où il se bâtit luie jolie maison de campagne, Lçiigu-ood ; Kl, sa famille, composée de deux fils et de tfois filles, passait chaque année la belle saison,

L'hon. M. Smith semble avoir mené une existence fort paisible, fort retirée, absorbé par les soins de famille et partageant ses heures entre fes li\'res et quelques rares ^mis. Il expirait, le 17 décemb'c 1847, dans sa résidence, Tue St-Louis, maintenant la demeure du shérif Alleyn, à l'âge de /S ans: cette maison est devenue historique ; les prisonniers <'e guerre en 1814,16 Col. Scott et autres y ayant été internés.

Mes souvenirs se rattachent à l'année de .sa mort. Je ■crois presqu'entendre le glas solennel de la cloche de la «Âthédrale anglicane, lorsque son cortège funèbre défilait, dans la rue St-Lcuis en décembre 1847, devant les fenêtres du bureau de Mtre Jos. Noël Bossé (^plus tard l'hon. juge Bossé^, mon respecté patron, cho. qui je faisais mon droit de 1845 à 1850. J'ai cru qu'il ne serait pas étran- •ger à mon sujet de noter le milieu social, l'entourage où s'écoula la jeunesse dorée et l'âge mur de l'histoi en, .Si au lieu d'avoir consacré ses veilles à nous préparer deux octavo, précieux surtout par leurs pièces justificatives, appendices, etc., comme " matériaux pour l histoire, " il ju"-us eût donné à l'instar de son contemporain, IMiiiippe de Gaspé, ses souvenirs intimes, des mémoires sur les premières années du régime anglais, que de pages palpitantes, -que d'utiles renseignements, il eût pu nous léguer.'

R. Christie, Historien.

Les Annales Canadiennes de l'honorable William Smitn. trouvèrent un digne continuateur en la personne de son contemporain, l'ex-député de la Gaspésie, M. Christie.

Robert Christie vit le jour à Windsor, dans la Xouvelle-Ecosse, en 178S.

Il s'adonna alors au commerce, à Halifax ; plus tard, il s'établissait à Québec, où il étudiait le droit sous l'honorable Edward Bowen, qui était nommé juge de la cour du Banc du Roî, pour le Bas-Canada, en 18 12, et décédait, en 1865, juge en chef de cette cour. Il pratiqua au barreau pendant quelques années, (i) En 18 10, M. Christie s'embarquait pour Londres.

Sir James Henry Craig, le gouverneur du Canada, soupçonna le jeune légiste, mais à tort, comme ce dernier le prétend, d'avoir fait ce voyage dans le but d'aider le révérend messire (plus lard Monseigneur^ Plessis, dans sa mission auprès de lord Bathurst, à propos des affaires du diocèse et des biens de^ Jésuites.

Revenu au Canada, M. Christie préludait par de fortes études à la carrière que la politique lui réservait : puis, il s'alliait à une ancienne et respectable famille canadienne, en épousant mademoiselle Olivette Doucet, tante de feu Pierre-Antoine Doucet, juge de police.

Avec ses occupations parlementaires, M. Christie menait de front d'importants travaux littéraires, se rattachant à l'histoire du Canada.

Comme il n'existe aucune biographie de l'historien, il nous a été impossible de préciser à quoi il pouvait devoir le

[1] En 1822-23, il occupait coinrae^procureur dans deux causes qui firent du bniit au barreau, et où Tun des plus fameux plaideurs de Québec, M. George Arnold, Otait intéressé : Arnold vs. Boyle et al, et McPherson f». Arnold ; en cette dernière cause, il obtint un verdict, pour libelle : son adversaire était l'élociueut Andrew Stuart, père du juge en chef actuel.

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