‹ Monographies et esquissesChapitre 80 sur 107 · LORD DUFFERIN · texte numérisé non relu

LORD DUFFERIN

Je vous enteads voas écrier "De qui parlez vous"? Eh bien je parle d'un illustre savant Scandinave, d'un saga d'Islande, un sportsman wxi yatchman de la verte Erin, un navigateur capa ble de faire la barbe à Cook, à Bougain ville, un rusé diplomate. Prenons les choses de plus haut. Vous vous rappelez, sans doute, la visite que le prince Napoléon, le cousin du monsieur de Chi-

l)ar son mérite baron Clandeboye de la pairie du Eoyaume-Uni, et a été honoré plus iiu-aucim de ses prédécesseurs de la confiance royale.

n naquit en Irlande, le viiigt-et-un juin, mil huit cent vingt six, et reçut, dès son bas àg3, les éléments de la meilleure éducation, de l'instruction la plus raffiuée. Eton, Christ Cliurch et Oxford le comptent parmi les hommes distingués qu'ils ont donnés à l'Angleterre.

Dès mil huit cent quarante-huit, alors qu'ils n'était encore âgé que de vingt-deux ans, il fut fait, sous l'administration libérale, chambellan de la reine, et remplit ces fonctions presque sans interruption jusqu'en 1858.

Lors de la famine qui ravagea l'Irlande, en 1847, il visita ce malheureux pays et publia, à son retour, le résultat de ses observations.

C'est vers la même époque qu'il visita les régions boréales de l'Islande et du Spitzberg. Il a fait le récit de son voyage dans un livre connu sous le nom de " Letters from High Latitudes." Ce livre jouit d'une bonne réputation dans le monde scientifique et littéraire : en France comme en Angleterre, on a loué les savantes observations et les agréments littéraires qu'il renferme.

A peine revenu des glaces du pôle Nord, il partait pour les régions que brûle le soleil, chargé d'une iuiportante mission politique.

Il allait en qualité de commissaire anglais, faire une enquête sur les massacres des chrétiens de la Sj-rie. L'intelligence et la fermeté qu'il déploya dans cette mission lui valurent l'honneur d'être nommé Chevalier du Bain.

De 1864 à 18(56, il remplit l'emploi de sous-secrétaire pour l'Inde, et en 1866 il entra dans le département de la Guerre en qualité de sous-secrétaire. En 1868, il fut fait chancelier du duché de Lancaster. L'année précédente, il avait présidé le congrès scientifique de Belfast. L'année dernière, il fut fortement question de le nommer au poste quasi-royal de gouverneur de l'Inde, comme successeur de l'infortuné Lord Mayo, dont la mort tragique a ému si profondément l'Angleterre.

De ce qui précède il faut conclure que Lord-Dufferin n'est pas un homme ordinaire et que, soit comme administrateur, soit comme diplomate ou homme de sciences et de lettres, il jouit, dans la Grande-Bretagne, delà considération publique. Sa carrière a été remplie, déjà, par de nobles trSvaux, marquée jiar des succès honorables, et il n'y a pas de doute qu'il ne s'arrêtera pas en si beau chemin. C'est un homme destiné à faire sa marque dans tout ce qu'il fait et entreprend, à voir au-delà des horizons de tous les jours.

A une intelligence active et admirablement cultivée, à un esprit curieux et hardi, il joint un caractère ferme, entreprenant, ambitieux, avide de nobles distinctions, ami de tous les lîrogrès, dévoué à son pays, capable de grandes choses. Les sentiments comme les pensées sont larges chez lui ; l'étude, les voyages et l'observation ont c(jnsidérablement dévelopv)é ses qualités natui-elles.

A le voir, d'aileurs, à l'entendre surtout, il est facile de reconnaître un homme qui ambitionne d'autres titres de noblesse qvie ceux de la naissance, qui aspire à quelque chose de plus honorable que le prestige de la position qu'il occupe.

Brun, de moyenne taille, la figure pâle, les traits accentués, le front développé, la physionomie sérieuse, même dans le sourire, l'attitude modeste dans la dignité, il a plutôt l'air d'un savant que d'un gouverneur, d'un penseur qvie d'un lord ; ou bien il a l'air de l'un et de l'autre si l'on veut.

Nous sommes certain qu'il se soucie fort pou des galons d'or qu'il porte dans les circonstance» solennelles, et qu'à l'éclat des habits de cour il doit préférer les choses de l'esprit, la gloire dos sciences et des lettres. Il est d'ailleurs fort aimable, gracieux et poli sans affectation, galant avec les dames, plein de prévenances pour tout le monde, confirmant, par tous ses actes, l'opiniou de ceuk qui disent qu'il n'y a personne qiii soit plus gentilhomme qu'un gentilhomme irlandais.

Loi'd Dufferin n'est dans le pays que depuis six mois, et, déjà, il est plus populaire que tous les gouverneurs qui l'ont précédé depuis Lord Elgin. On va à ses levers, à ses diners, on lui donne des bals, on lui présente paito'at des adresses et on lit avec plaisir ses discours ; les hommes louent son jugement et ses connaissances ; les femmes vantent son amabilité, le peuple de Québec l'appelle Lord Dufresne. On remarque l'intérêt qu'il porte à tout ce qui est canadien ; il achète les ouvrages de nos écrivains, il étudie l'histoire du pays, se fait renseigner sur ses besoins, ses sentiments et ses aspirations et semble déjà au fait de tout.

Lady Dufl'erin. — Lord Dufferin a épousé, le 23 octobre 1862, Harriet, fille de Arohibald Hamilton, de Killyleagh Castle, et petite-fille de Hamilton Eowan. C'est une femme d'une figure aimable et jolie, digne par son intelligence et son caractère d'être l'é^iousc (la Lord Dufferin.

Leurs Excellences ont déjà une famille de quatre enfants, dont deux garçons et deux filles.

(L. 0. Davidj

selharst, jadis empereur des Français, nous faisait ces années dernières. Vous n'avez sans doute pas oublié non plus d'avoir feuilleté à la bibliothèque parlementaire, parmi les superbes volumes à nous présentés [jar le gouvernement de 1 Empereur un grand octavo illustré, contenant la relation d'un voyage entrepr s par le prince Napoléon en Islande et au Spitzberg,dans son beau yatch de 1,100 tonneaux, la corvette à hélice '•'■La Reine Hortense." Un des dessins exhibait, au milieu de la barquise i? majestueuse corvette, faisant jaillir de sa proue des flots d'écume et remorquant une svelte goélette de 80 tonneaux, le schooneryatch '■'■Foam'" commandé par le noble lord. Le voyage pour cette dernière surtout, devait être périlleux, aux >,eins des glaces et des brumes polaires.

Depuis une quinzaine de jours, l'ex commandant du Foam s'est installé sur le point le plus dominant de notre cité— notre citadelle. Sa courtoisie, sa généreuse hospitalité, 1 amabilité de la comtesse, sa femme, sont dans toutes les bouches. Il se nomme, ce brave marin. Lord Dufferin, ou, si vous l'aimez mieux, en franrais. le comte Dufresne t lar parmi ses ancêtres, il en est qui hêient de France

Il nous arrive avec un arôme scientifique, une auréole litté raire, entouré en sus du prestige d'une descendance doublement illustre, puisqu'il appartient à la pairie d'Angleterre, "la plus belle société moderne, depuis le patriciat romain," a dit le vicomte de Chateaubriand. I )"un côté, il hérite des saiUies fines ■de son ancêtre le fameux Richard Brinsley Sheridan ; de l autre, 1 honorable madame Norton, sa tante, lui a légué le secret d'envelopper sa phrase dans lidiôme élégant d'Addison.

Si l'illustre auteur du Génie du Christianisme avait une idée si élevée de la pairie anglaise, ce n'est pas moi qui l'amoindrirait Bien que sur cette libre terre de l'Amérique nos aspirations soient plutôt démocratiques, nous ne pouvons nous défendre de la conviction que nos ancêtres descendaient de la France monarchique, longtemps avant que la guillotine de 1793 eût fait disparaître celte généreuse noblesse française, bien longtemps avant l'ère de la commune de Paris.

Vous savez qu'en Angleterre, il y a cinq degrés de noblesse : 1c. Ducs (du latin Z?«.v, chef d'armée,) '20 marquis {Marchis,) gouverneur de marches ou provinces. 3o. Comtes ( Cornes,] compagnons du roi. 4o. Vicomte fdéputé-comte, dans l'absence du comte,j 5o. Baron, vieux titre Normand ou Saxon. Ajoutez un sixième degré, les Archevêques, Evêques, Lords spirituels. Les principaux privilèges de la noblesse sont : immunité de la contrainte par corps pour dette, dans leur personne, et dans la personne de leurs serviteurs jus ^u'en 1770, etc '20. L'exemption de prêter serment comme jurés dans les procès criminels sur leurs pairs, et le droit de répondre sur leur honneur au lieu de sur leur serment. 3o. Garanties spéciales par la loi contre les

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écrits ou paroles diffamatoires. 4o Le droit dans les procèsd'importance de prendre leur siège sans se découvrir.

Un seul pair f Lord Kinsale) a le droit de se présenter sans se découvrir, devant le souverain, etc.

Passons du général au particulier.

Frederick Temple Hamilton Blackwood, baron Dufferin et Clandeboye, est d'extraction écossaise ; il descend d'Adam Black wood, conseiller privé de la belle et infortunée Marie Stuart, reine d'Ecosse. Un autre ancêtre, John Blackwood, possédait dans le comté de Dowa, Irlande, un domaine qui fut séquestré, en 1687, par le parlement de Jacques II, mais le prince d'Orange, en montant sur le trône, le lui rendit. Pour le reste, voir le Peerage de Debrctt ou de Burke. Sa devise est, comme plus haut :

Per vins rectas

Deu.x travaux littéraires fort attrayants donnent au nom de "Dufferin," un charme tout particulier aux ytux du monde littéraire.

L'un, magnifique volume illustré., est une étude humoristique écrite par la mère du noble comte, en 1S63.

Cest une série de traits mordants, une parodie de la carrière aventureuse d'une enthousiaste anglaise, à Constantinople, en Palestine, etc. Il lui faut pour drogman, un honmie qui paie de mine. Elle a le malheur de choisir un grec, d une stature impo santé, remarquable pour la dignité de ses poses, ses airs, ses grands saints. C'est à ce drogman, véritable scélérat, qu'elle confie à Constantinople, son précieux caniche, "Bijou." t.e drogman a pour mission d'accompagner Bijou dans les rues de la ville Byzantine ; il finit par s'ennuyer de ce soin ; et un bon jour, il se présente devant sa maitresse, lui fait une profonde révérence et lui exhibe les oreilles et la queue de ce pauvre Bijou, assassiné, dit-il, par les féroces chiens de Constantinople. C'est tout ce qu'il en reste. Il reçoit son congé. Est ce une parodie des aventures d-" I ady Hester Stanhope, l'amie de Lamartine ? Est-ce un iake offdc Lady EUenborough, avec son Cheak chéri ? Non, ce n'est qu'un person nage imaginaire. •

Ce dernier livre est intitulé : Lispingsfrom the Loiu Latitudes, et J autre Leiters froin Ifig/t Latitudes.

Lispingsfrom Low Latitudes, par son format de luxe et la beauté de ses dessins, aura un succès de salon, ou le prix élevé [$6.50] auquel il se vend ne le met pas à la portée de tous Cependant quel est le littérateur canadien en dei^a de la quarantaine qui se refusera le plaisir de feuilleter ces pages spirituelles, tracées par une comtesse élégante et lettrée. Cette une belle prérogative que celle du génie, chez la femme aussi bien que chez l'être barbu qui s'affuble si modestement du titre 'de roi de la.

création. Si la France est glorieuse de ses Sévigné, ses De Staël, ses de Genlis, ses d'Abrantes, ses Récamier, le génie a laissé sa marque indélébile sur plus d une blanche fille d'Albion, Mrs Shelley,. Mrs Hemans, Mrs Trollope, Harriet, Martineau, les Landor, les Strickland, les Norton.

. * . A vous qui avez des goûts historiques, de chercher parmi nos

gouverneurs sous le régime français, un type qui ressemble au noble lord, auquel notre gracieuse Reine vient de confier le sceptre de Vice-Roi de toute l'Amérique Britannique ; ce territoire bien que moins peuplé, excède en étendue celui de l'orgueilleuse république, notre voisine, comme vous savez. Dironsnous que le comte Dufferin rappelle le savant et lettré comte de la Galissonnière?

Les Lettres des Hatctes Latitudes résument avec entrain la course du " Foam " du 2 juin, au 15 septembre, 1856.

Ce récit renferme, entr'autres choses, de savantes théories sur les fameux Geysers ou sources thermales de l'Islande ; ces singulières éruptions y sont décrites avec une rare clarté, leur examen me mènerait trop loin. Le livre a été traduit en français, par Lanoye : il vient d'être cité, dans un ouvrage écrit par des savants Français, intitulé : ^' Tremblements de Terres, Volcans," publié par Hachette ; le compte-rendu que les appendices renfer ment sur la température de la mer polaire, a servi de base à des savants d'Allemagne, dans de protondes études récemment pubhées à ce sujet.

Bien que le Foam ne jaugeât que 80 tonneaux, pas moins de dix-sept personnes en composaient l'équipage.

La mise en scène est consignée comme suit à la première page :

" Lord Dufferin, navigateur; Saga, artiste.

Sigurdr, fils de Jonas, natif d'Islande, étudiant en loi.

WilHam AVilson, valet, jardinier, natif du Cap de Bonne Espérance.

Albert Grant, maîtred'hôtel, horloger.

William Webster, récemment des Gardes à pieds de la Reine — subséquemment '-Maid Marian," cuisinier en sous-ordre, menuisier.

John Bevis, cuisinier-en-chef, plus tard, acrobate.

Ebenezer Wyse, capitaine ; mineur de la Californie.

William Leverett, second.

AViiliam Taylor, pourvoyeur de viande.

Charles Parne, ^

Thomas Scarlett |

Thomas Pilcher \ matelots.

Henry Leverett, )

John Lock. j

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William Wynhalt, mousse.

Un allemand versé dans la capture des moustiques.

Un coq qui chantait régulièrement au point du jour.

Une chèvre.

Un renard d Icelande

Un ours blanc

Damt;s et cavaliers parlant l'idiome Islandais, Norce, Lapon et Françai?.

Scène : Quelquefois sur le Foain, quelquefois en Icelande, au Spiizberg ou en Norvège

(^GOD SAVE THE QUEEN.y

Ne voilà t il pas un programme et des act- iirs, qui nous promettent un drame émouvant, palpitant d'intérêt et de nouveauté, pendant une course de deux mille lieues ?

i-ord Dufferin fut assez heureux après quelques jours d'attente, de voir une magnifique éruption du Grand Geyser, une colonne d'eau brillante de lumière et de vapeurs, s élançant en gerbe argentine, se divisant en plusieurs jets, d'une incomparab e beauté ; puis, ce magique spectacle, ces fantastiques eaux ther maies, reprenant leur calme habituel et disparaissant dans la cavité de leur singulier entonnoir. i>e tout est décrit avec un coloris de style, une clarté d'expression, qui vous fait presque assister en personne aux convulsions du monstre en courroux.

Pour saisir, sous tous ses aspects, la théorie de Lord Dijfferin sur les Geysers d'Islande, il faudrait avoir sous la main les découvertes de Tyndal on Jlcat, aussi bien que celles du savant chevalier Bunsen : les unes et les autres me manquent

G est sur les flancs volcaniques du grand Geyser même, que le noble comte fit la connaissance, pour la première fois, du prince Napoléon, et où il lui offrit T hospitalité de sa tente. Cette amitié se cimenta par de petits présents ; entr'autres par une superbe paire de candélabres bronzés, que ie prince offrait à l'avantureux yachtman et qu'il nous a été donné d'admirer sur la citadelle de Québec ; en retour ce dernier lui fiiisait cadeau d une belle carabine.

Quelle singulière région que cette Islande avec ses glaciers perpétuels, ses eaux thermales, tour à tour tranquilles, tour à tour en ébulition, au sein des frimas ; ses Sagas ; ses vivaces traditions littéraires ; son dieu Odin, dont la cosmogonie et le rituel nous ont été transmis par des archéologues Islandais.

Parmi presque toutes les anciennes races Scandinaves, c'est en Islandais que sont rédigés les vieux manuscrits. C'étaient des diplomates Islandais qui conduisaient les relations diplomatiques des Cours du Nord. Les relevés typographiques de l'ère la plus reculée sont tracés en cette langue. La première ébauche d'histoire en langue vernaculaire est celle de Snorro Sturleson est rédigée en dialecte islandais

"Elle portait le nom de Heitnskringla, parce que ce mot se trouvait le premier dans le manuscrit, et résumait l'histoire des rois norvégiens depuis les temps fabuleux, à venir à l'année 1 150, de l'ère chrétienne.'' ''Elle raconte," dit lord Dufferin, avec tant d'art et de tact, qu elle semble combiner le talent dra matique de Macaulay avec la peinture des caractères de Clarendon et la causerie familière de Pepys." Snorro Sturleson eut une mort tragique : sa convoitise lui fit épouser à la fois deux riches hér tières. Deux femmes à la fois pour un homme, en Islande ou ailleurs, j'oserais dire, peuvent causer des embarras matrimoniaux ; ses trois gendres l'assassinèrent une sombre nuit de sep tembre, en 1241, à Reckholt. e siècle de Snorro fui une ère remarquable pour les lettres.

Puis le savant écrivain nous raconte la découverte du Groën land par Eric le Roux. En faveur des habitan s, le Pape Nicolas ém.anait, en 1448, un bref, leur acordant un nouvel évêque ■et des pasteurs, pour marquer son apprtdbaiion de leur dévouement, et en considération de ce qu'ils avaient élevé plusieurs tem pies sacrés et une superbe cathédrale. "Puis tout disparaît pen dant quatre siècles, comme un rêve, et des missionnaires le découvrent de nouveau au i6e siècle." Je n'en finirais pas, trèscher poète, si j'entreprenais de vous retracer toutes les intéres santés choses que le savent comte nous rapporte sur l'Islande. Enfin montons avec le noble Lord, dans le Foatn ; Louis Napoléon est un bon prince, il nous touera avec sa puissante corvette La Reiîie Hortctise. Cinglons pour le grand nord, le Spitzberg et le pic volcanique de Jan Mayen qui s'élance de rOcéan, haut de 6,870 pieds. Quand, au sein des brumes, en 15 14, le capitaine Fotherby découvrit pour la première fois Jan •Mayen, en entendant le bruit des vagues sur la base du mont Beerenberg, il s'imagina avoir découvert un nouveau continent Lisez, si vous le pouvez sans frémir, le sort des sept matelots hollandais laissés pour y hiverner, en 1633. Au printemps suivant, le secours venait, mais trop tard, - la flotte hollandaise. On lisait dans le journal des sept infortunés, le récit poignant de leur agonie, sous l'étreinte du troid, aux prises avec le scorbut et le désespoir.

Une des plus fraîches peintures que 1 on trouve dans le volume, est celle qui retrace, à bord de la Reine IIorte?ise, une coutume traditionnelle des marins français, lorsque leur vaisseau, aborde pour tout de bon, le bord de la banquise dans les mers glaciales, comme les nommait l'amiral de la Roncière, le commandant ùe la corvette française :

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