‹ Monographies et esquissesChapitre 96 sur 107 · LE HOUX— LE GUI · texte numérisé non relu

LE HOUX— LE GUI

"Quot estfs in convivio Caput apri defero Reddeng laudes Domino." (Benedicite d(t Noeljà Oxford)

Chaque peuple chrétien commémore à sa façon la grande solennité des chrétiens : le jour de Noël. En ce jour, la gratitude, l'action de grâce pour la naissance d'un Rédempteur, n'est pas le seul sentiment qui agite les masses. Au surnaturel, aux joies du cîel, se marient le sentiment de besoins, des idées tout-à-fait terrestres, On célébrait la fête aux époques reculées, par des dances, des mascarades, une pompe théâtrale passablement profane ; le tout se terminait par un festin pantagruélique.

Dans la savante université d'Oxford, fondée en l'an 800 par Alfred-le-Grand, Noël ne se passait pas tout entier en prières. Il y avait le banquet traditionnel, précédé du Beiiedicite \ \di fête aux huîtres, en octobre, à l'Université Laval, en approchera plus tard peut-être, avec le temps,

"Quot estis in convivio

Caput apri defero

Keddens laudes Domino, etc. etc."

Tel le benedicitc du mémorable banquet.

Les élèves remerciaient Dieu pour l'appétissante hure de sanglier qui, fumante et hérissée, s'étalait au réfectoire avec tant de majesté ; c'était la pièce de résistance. Puis, un vénérable maître d'hôtel, porteur du Wassail Boivl, bol gigantesque de/wff:/^ ou de vin épicé, parfumé, cognait trois fois à la porte, en répétant les mots : Wassel ! JVassel ! ! Wassel!!! Chacun était tenu de vider jusqu'à la dernière goutte, la formidable coupe, et le grave échançon se retirait. Cette coutume, paraît-il, s'observait, ces'années dernières encore, à Queen's Collège, Oxford.

Les gens de qualité réhaussaient la célébration par des plats dispendieux, incroyables. On servait un pa*n rôti, auquel on ajoutait la queue emplumée, les ailes et la tête, comme s'il était vivant.

C'était le Noël des aristos.

Les vieux poètes, Massinger et autres, ont chanté ces excentricités. Sous le règne d'Elizabeth, la "vierge d'Occident," l'oie grasse faisait les frais du dîner, à la Saint- Michel et à Noël ; maintenant, c'est le dindon rôti.

L'Arbre de Noël, Christmas Tre'e, si usité de nos jours parmi la jeunesse de la blonde Albion, n'est pas d'origine anglaise. Ce sont les Allemands qui l'ont inventé : probablement qu'il s'est glissé en Angleterre avec ses souverains Honovriens.

C'est wne fort jolie coutume : on va quérir dans la forêt une gracieuse et verte épinette, que l'on dispose au centre ou dans l'angle du salon ; on convie tous les enfants du voisinage à venir en faire un Arbre de Noël. A chaque rameau est suspendue une bougie ; à côté, un cornet de bombons, un jouet d'enfant, un couteau de poche, une carabine, un ruban, un livre, une tabogine, un pendantd'oreille, une bourse, une orange, une pomme et autres friandises etc. Puis le jour de Noël, ou même la veille, tous ces messieurs et dames, dont les plus âgés ont, tout au plus, atteint leur douzième année, se réunissent au son du violon ou du piano ; une danse ronde s'organise ; puis les jeux y succèdent: "le coUin maillard," "Jacob et Ruth,'' la "Chaise Honteuse" et autres aménités, etc. On allume plus tard les bougies de Y Arbre de Noël, et la maîtresse delà maison dépouille l'arbre de ses cadeaux ; chacun des invités en reclame sa part.

Les anglais de la vieille Angleterre ont]encore une autre coutume de Noël maintenant fort répandue dans la colonie. C'est l'ornementation des appartements, le jour de Noël, avec des rameaux de houx ou du gui : coutume sacrée et générale dans les riantes villas anglaises autour de Québec.

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