ERMENONVILLE
‘“Ermenonville présente un pays champêtre d'une part et sauvage de l’autre. La froide vallée, le ruisseau qui l’arrose, les côteaux qui la renferment et la dessinent, les plantations qui l’ombragent, les prairies qui la verdissent forment l'aspect des deux faces principales du manoir. Tout cet ensemble compose un pays véritablement champètre ; sur le côté, une vaste forèt, Le jeu tourmenté des côtes, des ravins creux, et des sables arides, lespèce d'arbres qu’ils produisent, des bruvères, des rochers, un sombre lac, offraient aux yeux un päys fort sauvage. »
La vallée du côté du nord aujourd’hui si fraiche et si champêtre, n’était autrefois qu'un marais impratiquable et d’un aspect repoussant ; son sol tourbeux imbibé de mille sources souterraines était fangeux et mobile; quatre ou cinq grands canaux qui le coupaient en divers sens n'avaient pu le dessécher ; ils augmentaient encore la masse des vapeurs malsaines qui, dans toutes les -‘usons, s’élevaient soir et matin. Des plantations alignées : droite et à gauche déguisaient le mouvement du terrain et en voilaient siexactement la marche, que le site qui est une large vallée, bo'dée de côteaux très accentués, ne laissait voir qu'une espèce de plaine maussade et sans accident; un ruisseau enfoncé dans
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la profondeur de ces rives, échappait au regard ; les côteaux variés par des vallons secondaires qui les entrecoupaient, une belle forèt très voisine, tout cela avait été ignoré et avait éte sacrifié à un parterre marécageux, enfermé entre deux labyrinthes de charmilles si: humides qu’ils repoussaient ceux qui voulaient en approcher.
Tel était l'aspect vu de la principale face de la maison ; la face opposée avait pour perspective une cour entourée des bâtiments de dependance qui attristaient les regards ; une lourde et antique porte donnait sur une rue enfermée de murs ; cette rue, l’égoût du pays, faisait la commuuication du village à un hameau, et servait d’avenue au manoir ; au delà, un potager aquatique entouré de hautes murailles, était terminé par une chaussée revêtue de pierres et destinée à soutenir les eaux d’un étang. Ce double rang de til leuls élevé sur cette chaussée retrécissait le ciel, coupait le tableau et privait l’œil du spectacle de deux côteaux couverts de bois.
Ainsi de tous les côtés les mouvements du terrain étaient ou voilés ou dénaturés ; la vue resserrée, les aspects intéressants, obstrués, chaque partie sans besoin, sans rapport, ne présentait ni expression, ni caractère et d'un site que la Nature avait fait agréable, il ne résultait qu’un lieu si repoussant, qu’au premier coup d'œil, il paraissait intraitable. Tel était Ermenonville quand il fut confié à mes soins ; aujourd'hui tout est changé ; le site du coté du nord, naturellement bien dessiné, n’attendait pour se montrer que la des ruction de plantations maladroiïitement placées. Les arbres abattus et les obstacles détruits ont découvert une scène d’une belle composition ; une vallée fraiche et riante a pris la place d’une plaine froide et monotone ; les marais desséchés sont devenus de bonnes et agréables prairies ; une charmante rivière a été substituée aux fétides et tristes canaux. Le tableau est terminé par une montagne surmontée d’un village, au dessus duquel s'élève encore la tour de Mont Episoi à demi uinée. Cet accident fait le lointain et parait, à raison de son éloigneri1ent, toujours coloré de ces tons bleuâtres et vaporeux qui lient d’une manière si douce le ciel et l'horizon.
Au midi, Les murs de clôture et la gothique porte détruits laissent apercevoir une autre composition. Quoique cette artie soit de la mème vallée, elle est toute différente de autre et n’en est pas moias agréable,
La rivière prend sa source de ce côté, traverse et arrose une prairie qui occupe la place de l’ancien potager ; sur la droite du ruisseau, cette prairie, en s'élevant sous la forme de pelouse, va se réunir à la forèt, et se perdre sur une futaie de beaux arbres suspendus sur une côte, qui se préci-
pite sur la gauche ; cette même prairie est bornée par des massifs d'arbres et d’arbrisseaux agréables par leur disposition, et par l’ombrage qu'ils donnent. Enfin, la ligne sèche et roide du mur de la chaussée qui soutient les eaux de l'étang, a été déguisée par un mouvement de terre combinée avec le jeu des plantations de la droite et de la gauche de manière à procurer à ce ressaut un effet naturel; et si ce ressaut voile encore la fuite de la vallée, an moins il la laisse soupçonner.
Cette: chaussée déguisée par la forme qu'on lui a donnée, produit un accident d'autant nlus naturel que la chaussée se trouve placée positivement à l’endroit où ies deux côtés, par la saillie qu’elles font, semblent vouloir se rapprocher l’une de l’autre.
Une cascade perpétuelle produite par le trop-pieun de l'étang, justifie encore ce ressaut et anime en mème temps la scène par son éclat, son mouvement et son bruit. Cette perspective moins étendue, mais aussi champêtre que celle du Nord, ne lui ressemble cependant en aucune manière : le site est plus resserré, les effets sont plus rapprochés, les objets plus réunis, les côtes plus prononcées ; c'est surtout lorsque le soleil entre dans sa carrière, et au moment où il va la terminer que les yeux se plaisent à contempler ce tableau, comme ils aiment à s'égarer tous les instants de la journée dans la vallée du nord.
Avant de parcourir la partie sauvage de ces jardins, peut être le développement de certains détails sur la composition des deux tableaux dont je viens de cravonner les traits prin- Cipaux, donnera-t-il occasion de faire d'utiles remarques. Retournons dans la vallée du midi; des deux côtes qui forment de chaque côté le cadre du tableau, celle de la droite, élevée et assez rapide, paraît, par l'effet de la pers pective, s'abaisser à mesure qu'elle fuit ; les arbres hauts et toutfus qui la couronnent dessinent dans le ciel une, ligne qui indique la marche et fait sentir la continuation de la vallée bien au-delà du point où l'œil la perd de vue. Je ferai remarquer, d’après cette observation, que les effets de ce genre, qui tiennent à l'illusion des yeux, sont un moyen dont l'artiste se sert pour étendre ou resserrer une perspec- Uive, sans augmenter ni diminuer le champ, qu'elle renferme et pour lui donner la proportion qu'il lui convient. La côte opposée plus uniforme, d'une pente moins rapide, s'incline jusqu'à l'étang dans lequel elle va se perdre. Depuis le haut jusqu'au bas cette côte est couverte dune pelouse fine dont ia verdure est entretenue par l'ombre de quelques superbes noyers qui la bocagent ; enfin l'étang dont on voyait l'extrimité, va se perdre à présent dans les détours des deux côtes ;
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depuis qu'on m'en aperçoit plus les bornes, il peut passer pour un lac.
Après avoir embelli la prairie au-dessous de la chaussée, la rivière, qui tire son origine de la cascade, passe sous le
ont du chemin et va se jeter dans les fossés qui enveloppent e bâtiment principal, et au devant duquel elle produit uu bassin d'une forme iriégulitre. Cette pièce d'eau est encadrée dl un gazon qui se lie et fait portion de la prairie qui recouvre et verdit toute la vallée du nord Deux ponts de bois traversent Le bassin, et font la communication entre le manoir et les jardins. De ce bassin, les eaux se précipitent et vont former la rivière qui fuit à travers la vallée du nord ; dans sa course, quelques îles la divisent en plusieurs bras et varient sa marche et ses accidents, et en justifient les détours ; ou a profité de la différence du niveau de la pièce d'eau à celui de la rivière pour construire une écluse qui fait passer les barques de l’une à l’autre. Cette manœuvre, qui peut intéresser la curiosité, permet de s'embarquer au pied mème du manoir, où pour cet effet on a pratiqué un port.
Au bout du pont de la gauche, on se trouve sous une masse de hauts peupliers d'Italie; quoique très élevés et assez touffus, l'ombre dont 1ls couvrent les gazons sur lesquels ils sont plantés n’en altère pas la verdure ; au-delà e, au travers de plusieurs groupes d'arbres, on apercoit les b âtiments d'un moulin et le clocher äe l’abbaye de Chälis.
A une certaine distance, on rencontre un fort massif d'aunes, qui ombragent un pelit ruisseau formé par une source particulière ; ce massif, très remarquable par le nombre et la hauteur des arbres, et surtout par le ton brun de leurs feuilles, est à tous égards un accident heureux ; placé presqu'au milieu de la vallée, illa partage en deux parties ; sans cet accident, cette vallée, par la marche des côtes qui s'écartent tout à coup, eût paru trop lâche et son caractere en eût été affaibli ; il n'est pas jusqu'à la place où se trouve se massif, qui ne contribue à de “ser plus de grâce à cette vallée par la légère sinuosité qu'il grocure à sa marche, En la dirigeant sur la gauche, le bassin de la source, les eaux vives et limpides du petit ruisseau qu'elle produit et le groupe d'arbres qui l’'ombragent, forment eux mêmes, comme site particulier, upe scène qui, par sa composition, est très agréable, Le promeneur ne rencontre pas ce lieu frais et solitaire sans S'v arrèter ; Jà, il oublie volontiers un moment les beautés d'ensemble des jerdins qu'il a perdus de vue.
Quelques sentiers qui partent du pont sur la droite circuient au travers de ces plantations ; en les parcourant on rencontre divers accidents, entre autres un vallon secondaire très différent du principal : ce vallon à aussi son ruisseau
346 JARDINS ANCIENS ET MODERNES le pont qui le traverse conduit à une côte dont le sommet élevé et d'une pente d’abord très rapide, est couvert d'arbres de haute futaie : un jeu de petites collines et de petits vallons qui donne à cette côte beaucoup de mouvement, a indiqué la place des groupes d'arbres dont on l’a décorée. En retournant au levant, cette côte forme avec le côteau opposé le vallon secondaire ; le second côteau d’une pente plus douce, tout couvert de culture, présente le village en amphithéâtre au dessus duquel domine l’église. Cette perspective contraste avec celle de la côte opposée toute chargée d'arbres, mais de quelque part qu’elle se montre son aspect n’est jamais sans effet.
En revenant sur ses pas pour gagner le bosquet des aunes, on aperçoit le ranoir à la tête de la prairie, et au delà les côtes couvertes de bois.
Au pied d’une de ces côtes, on découvre les maisons éparses d’un hameau entre des groupes d'arbres ; le seul bâtiment qui s’y fasse distinguer est une chapeile surmontée de son petit clocher. Cette perspective ne joue pas dans l’ensemble un rôle aussi important que celle où se trouve le : village ; mais son caractère plus champêtre, est plus analogue au ton général.”
(THÉORIE DES JARDINS, Tome IT P. 47.
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En traitant de l'ordonnance des parcs et des jardins autour de Québec, on est porté à dire quelques mots de l'embellissement dont la cité est susceptible. Dans les pays les plus civilisés, on fait de grandes dépenses pour créer et maintenir les parcs ; et les forêts réservées par l'Etat, comme parcs et promenades publiques couvrent souvent une notable partie du territoire-: (1) le parc projeté
[1] Dimensions des Pares Publics, en Amérique et en Europe. ’ {Extrait du Public Ledger Almanach]
Nom Qualité Aire en acres.
Eppirg Forest,.,,County Essex., England.. *72,000 Prater.,..,,,,,.,, Vienna, Austria...,...,.. *5,123 Windsor Forest.. County Parks, England, 3,000 Fairmount,,,,,,.. Philadelphia, Pa... ..... 2,991 Richmont. ,,,,,., County Surrey, England. 2,468 Bois de Boulogne.Paris, France. ...,.,...... 9,158 Hampton Court.…..County Surrey, England. x 1,642 Phænix..... rh Dublin, Ireland, ,.,,.,... 1,752 Petit Parc,....... Versailles, France....., . ‘1,280 Central,,.,,,,,.,. New York.,....,,.,...,,, 7843 Grosse Garten....Dresden, Saxonÿ verse CIN Botanic Garden. ..Kew, England... ReT 684 Prospect Hill... Brooklyn, NEW 609 Schloss Garten. .. Scottgarten, Wurtembarg 560 Hof Garten,,...,.Munich, Bavaria., RE *500 Druid Hill... Baltimore, MO serie 500 Summer Garden... St Petersburg, Russia. 480
Yjurgard,...,,...Stockholm, Sweden, .. : 480 Regent's.,.,,,... London, England........ : 473 Albert, .,,.,,,.,.. London, England..,.....… 409 Li A CRE London, England,....... 889 Tsarkoe-Selo.,....St-Petersburg, Russia... 350 English Garden, .Munich, Bavaria........ 320 Kensington,...…,..London, England. .,...... 262 Victorin.,,,.,,... London, England.,,.,.... 248 Champs Elysées...Paris, France..,.,.,..... +225 Boboli Garden.,..Florence, Italy..,.….,,,... 290 Thier Garten,.... Berlin, Prussia...,,.,..., 200 * Menadows......,..Edinburgh, Scotland,..... 209 Crystal Palace... Sydenham, Co. Kent, Eng. 200 Birkenhead, ..... County Chester, England. 185 Greenwich, .… London, England. . UT 185 Battersen. . .. London, England. . 175 Jardin du Luxembourg. Paris, France, 160 South,,.,,......, Washington, D. C...,... *150 Green,,,.,,.,...,. Glasgow, Scotland. . RE GET 121 Prince’s.,,..,,,,.. Liverpool, England,,..... 99 St James. ,,..,... London, England..,,,.... 59 Green, .. London, England..,....... 55 Primrose ‘Hill, .County Surrey, Eug....... 59 Tuileries, Paris, France,...,,.,,,,.. 50 St. Louis. .,......8t. Louis, Mo... 50 Arboretum.,,.... Derby. England...,...,..… *59 Common.,........ Boston, Mass.,,,,,.,,.,,.. 48 Central.....,..., Hartford, Conn....,,.,... 46
(Suite sur la page suivants.
sur cette portion des Plaines d'Abraham, avoisinant la citadelle aura bientôt son exécution, espérons-le.
Je publiais en 1876 dans ie volume Qwebec Past and Present, une ample description des plans de décoration publique conçus par Lord Dufferin, notre ancien gouverneur-général. Les plus saillants : le prolongement de l'ancienne terrace Durham, et les déux portes de ville St- Louis et Kent ont été heureusement menées à bonne fin.
Quand à la noble terrasse, dont la première pierre fut posée par Lord Dufferin le 8 octobre 1878 et à laquelle Lord Lorne et la Princesse Louise, à la demande et en présence du Conseil de Ville,le 9 juin 1879, (2) ont conféré
Hunting.....,..Philadelphia, Pa.,,,,,...., 4 Buckingham Pal. London. England. ....…. 4 Baxter,.,,.....,Dundee, Scotland,,,,...... 3 Kennington,,...London, England....…...., 3 Horticult Gard'n.Chiswick, England, 3 Peel.,,,.,...,...Manchester, England. .... 3 Norfolk,,,,,....Sheffield, England.,,,... PI Alameda,.,,,... City of Mexico.,,,,..,... 1 Palais Royal....Paris....,,,....., 1 £ *Estime.
(2) Tuuuguration de la Terrasse Dufforin, Le 9 juin 1879 :
(trait du Morning Chronicle, du 10 juin 1879.)
# Conformément à un avis préaluble, la cérémonie de l'ouverture de la Terrasse Dufferin a eu lieu (hier) à 2,50 heures, P. M. ; au temps fixé, une foule de personnes, estimée de dix à quinze mille, probablement de dix mille, encombrait la terrasse. Le spectacle de cet océan de têtes humaines avait quelque chose de frappant. Le pavillon du centre dans le jardin, occupé d'ordinaire par le corps de musique, avait été réservé pour le parti vice-royal : un tapis et an drap écarlate le recouvraient : au milieu étaient deux fauteuils Le corps de police urbaine en protégeait l'entrée et la Batterie “ B° avait été appelée à tournir sa fanfare et une garde d'honneur : l'hymne national annonça l'arrivée des hôtes distingués.
Le Maire (R. Chambers) suivi de ses conseillers, était venu de l'Hôtel-de-Ville, Son Honneur ayant escorté Son Excellence (Lord Lorne) et Son Altesse Royale (la Princesse Louise) au duis sous lo pavillon, s'adressant au Gouverneur-(Général, comme suit :
Qu'il pluise à Votre Ércellence !
Au nom du Conseil de Ville et des Citoyens de Québec, permettez moi de vous remercier d'ayoir gracieusement accueilli notre prière et d'être venu inaugurer en personne ce boulevatd public. Permettez moi également de remercier Son Altesse Royale, de 8a condescendance en cette occasion.
La première pierre de cette structure a été posfe par le prédécesseur de Votre Excellence, le Comte de Dutferin [le 18 ggût 1878.]
Il lui sera doux d'apprendre que l'œuvre à laquelle il a porté un si vif intérêt, a été menée à bonne fin, qu'elle a été inaugurée par Votre Excellence, et que cette solennité a eu la distinction de la présence, de Son Altesse, la Princesse Louise.
Je dois donc respectueusement supplier Votre Excellence, de vouloir bien assigner à cette terrasse le nom qu'elle devra porter dans la suite et de déclarer qu'elle est de ce jour, ouverte au publie. Son Excellence répondit : ‘! Je suis heureux de pouvoir accéder à votre désir et signifier que cette terrasse sera nommée d'après votre dernier Gouverneur-Général, ‘ Dufferin ” et qu'elle est maintenant ouverte au public.’ î
Les paroles de Son Excellence furent accueillies par des salves d'applaudissements pour le Comte de Dufferin, pour Son Altesse Royale, la Princesse Louise et pour Son Excellence, Lord Lorne.'?
la terrasse Dufferin fait partie des fortifications do Québec : elle occupe entre autres points, le site de l'ancienne batterie du jardin du Fort, dont le terrain, jadis appartenant au Major Sunuel Holland, fut exproprié par le (rouvernement Impérial. Le Gouvernement du Canada a contribué pour uue large part au coût de cette terrasse et la Municipalité de Québec y a voté £€7,500,
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le nom de son illustre fondateur, elle fut reconnue authentiquement, en avril eten mai, 1879, dans les régistres officiels de la municipalité. Plusieurs plaques de fer furent déposées dans le parquet, portant l'inscription suivante : “DUFFERIN TERRACE, H. HATCH, CONTRACTOR ; C. Baï1.- LAIRGÉ, ENGINEER." Zerrasse Dufferin, . Hatch, Entrepreneur ; C. Baillairgé, Ingenieur." C'est une promenade unique ; on ne voit rien de pareil en Amérique ou en Europe; les étrangers ne beuvent se lasser de d'adimirer, ainsi que la citadelle qui la surplombe, La terrasse Dufferin, élevée de 182 pieds au dessus du fleuve, est longue de 1420 pieds.
La porte Kent, érigée en partie à même ses deniers fournis par Sa Majesté, la Reine, à ia sollicitation de Lord Dufferin et en souvenir du long et agréable séjour que son excellent père le duc de Kent, (1) a fait en cette ville (1791-04) est
() À un mémorable banquet, organisé à Québec, le 21 juin 1876, en l'honneur de Lord Dufferin et présidé par le maire de Québec, Son Excellence Lord Dufferin, après avoir résumé avec bonheur le passé historique, social, politique de la vieille Capitale, s'exprima comme suit :
“M. le Maire, Messieurs. Veuillez croire que c'est avec une bien vive satisfaction que j'apprends qu'il sera possible de mener à bonne fin, le projet qui été conçn pour restaurer sans délai les anciennes fortifications de votre ville, mesure qui pourvoit aussi à l'élargissement et à l'augmentation en nombre, des avenues de la cité, afin de rencontrer les exigences d’un commerce croissant, les besoins du siècle.
En cela, vous ne faites que suivre l'exemple des villes européennes, situées comme la vôtre et anxieuses comme Québec, de perpétuer les souvenirs d'un glorieux passé.
Si pour elles, c’est un devoir reconnu, ça devient une tâche plus imperative, plus sacrée pour Québec, la seule ville sur ce continent où se sont conservés les monuments, les traditions de son origine première ; Québec dont la pittoresque enceinte et l'imposante citadelle présentent à l'œil un spectacle que l'on chercherait en vain, du Cap Horn at, Pôle Nord
M. le Maire ot vous, Messieurs les conseillers de ville, permettez moi de vous rappeler que Québec ne vous appartient pas à vous seuls ; vous ne la régissez pas même au nom et pour l'avantage du Canada seul ; vous n'êtes que les mandataires de Québec, au nom du monde civilisé, au nom du continent entier. L'Amérique entière gémirait si vous laissiez détruire vos vieux murs ; elle y verrait un outrage irréparable, une perte pour tous. Heureusement, il n’y a aucun risque d'un pareil vandalisme. Loin de porter u#@e main sacrilège sur ces trophées antiques, vous vous.préparez à les sauvegarder, à les réparer à les embellir. ÿ
Quand, dans la suite des temps, le Canada aura accompli des destinées si brillantes que je n'ose à peine concevoir, la postérité reconnaissante entourera de respect les noms de ces édiles qui auront préservé intacts, les traces, les monuments sacrés de son histoire, monuments auxquels le temps ne fera qu'ajouter un éclat, une consécration nouvelle, un intérêt qui ne fera que s'augmenter ; car M. le Maire, la mère-patrie a les yeux sur le Cauada.
Dès que la rumeur fut accréditée en Angleterre que vos concitoyens avaient résolu de restaurer les bastions de Québec, le Secrétaire d'Etat au bureau de la guerre m'écrivit offciellement pour mo faire part de l'admiration qu'il ressentait, lui, ainsi que l'armée anglaiso, pour votre conduite, ajoutant qu'il aurait l'honneur de demander à la Chambre des Communes, un octroi ; qu'il était sûr d'avance que sa demande serait accueillie avec acclamation, pour aider à décorer cette partie de vos remparts, plus spécialement illustrée par les hauts-faits de Wolfe et de Montcalm et fécondée par le sang de 3 deux héros, si chers à leur patrie respective.
M. le Maire, la nouvelle de vos démarches toucha le cœur d'un personnage plus auguste que le secrétaire du ministère de la guerre :—elle emut profondément la Reine de l'Angleterre.
Sa Majesté qui porte le mème intérêt à ce qui transpire dans ses colonies les plus
une partie notable des embellissements suggérés par Lord Dufferin, aidé de son habile architecte M, Lynn, et inspiré par notre savant ingénieur de la cité,le chevalier Baillairgé qui en avait fourni l'idée dans son rapport au conseil de ville, en 1872. Tout n’est pourtant pas achevé. IL sous reste encore pour réaliser en entier la généreuse inspiration du Comte de Dufferin, à ériger les trois autres portes de ville et à construire autour de l'enceinte de Québec, le superbe boulevard inscrit aux Plans Dufferin : idée qui m'a semblée avoir été empruntée au boulevard qui circule autour des vieilles murailles de York, Angleterre, et que je parcourais, en 1881.
Mais le couronnement de l’œuvre serait l'érection du Château projeté sur la cime altière du Cap-aux-Diamants, en dedans de notre citadelle même. Le nouveau CAéätean Saint-Louis par sa magnificence rappellerait cette illustre lignée degouverneurs français et servirait de résidence d'été à nos vice-rois, les gouverneurs anglais.
éloignées, qu'à ce qui se passe aux environs de son palais, m'a enjoint de vous dire, à la première occasion qui se présenterait (et quelle meilleure occasion que la présente) la part active qu'elle veut prendre en ce que vous vous proposez de faire ; qu'elle entend se charger du coût d'une des portes projetées, afin de s'y voir associée ; qu'elle fera don de cette porte à la ville de Québec.
Sa Majesté désire en outre que cette porte de ville par son nom rappelle celui de son illustre père—le Duc de Kent—qui jusqu'à sa dernière heure, conserva un souvenir si vivace des bons procédés, de la courtoisie dont jadis il fut l'objet de la part des habitants de Québec.'’—(Applaudissements prolongés.)
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