M. L..H. FRÉCHETTE, M, SR, C
CHEK MONSIEUR,
Pendant un court séjour que je faisais récemment à Boston, j eus occasion de me procurer la superbe édition en neuf volumes, illustrée, que la maison Ticknor et Fields a publiée de la biographie de Sir Walter Scott, par John Gibson Lockhart et dédiée par elle à Nathaniel Hawthorne.
Cette biographie, si remarquable pour son ampleur, son exactitude, et surtout comme œuvre littéraire, devrait être encore plus connue qu'elle ne l’est,au Canada : telle est l’idée qui m'inspira la présente étude.
La vie de Walter Scott est bien plus que la carrière ordinaire d'un homme de lettres : c'est, pour la jeunesse de tous les pays, comme le disait naguère un des plus beaux génies de la Grande Bretagne, un eemple à suivre, tout un enseignement.
L'Ecosse doit plis à Walter Scott qu'à aucun autre de ses fils, d'avoir fait connaître au loin le charme de ses Jics, de ses montagnes, la renommée de ses illustres fils, anciens et modernes, leurs luttes chevaleresques pour la liberté,
Vous qui, par vos aspirations, vos écrits, vos succès littéraires, avez contribué si puissamment à répandre à l'étranger le nom et le souvenir du Canada, veuillez me permettre de placer, en tête de cette modeste esquisse votre propre nom.
Spencer Grange, ler octohre 1835
SIR WALTER SCOTT.-Poete. Romancier, Historien,
Dans une brillante improvisation devant une société
savante d'Edimbourg, le premier-ministre de la Grande 3retagne, l'Hon. W. Gladstone, avec cette faconde entrai.nante et variée qui rapaelle le grand orateur et l'éminent écrivain, s’écriait naguère en contemplant les flots envahissants de notre éphemère et dissolvante littérature :
“ Je regrette profondément de voir que les œuvres de l'illustre Sir Walter Scott, ne sont pas aussi iues qüe par le passé, Je le regrette et pour la littérature et pour la patrie. Si jamais il exista un écrivain dont les écrits sont un enseignement et pour l'esprit et pour le cœur, c'est bien l'immortel auteur des “ Waverley Novels.”
&st-ce que les paroles de l'Honorable Chancellier n'ont pas autant d’à-propos en Canada qu'en Ecosse ? Est-ce qu'ici comm ailleurs, l'esprit et le cœur n'ont que faire d’être éclairés ?
Passons en revue, brièvement, la carrière sociale et littéraire d'un des pius grands génies des temps modernes, l'homme qui, pendant ses heures de loisirs, a trouvé moyen, comme historien, poète, romancier, de composer deux cents volumes, ja plupart, d'un mérite incontestable,
IPalter Scoti, shérif de Selkirkshire, greficr des Sessions.
Walter Scott naquit à Edimbourg, le $ août 1771. Son père, homme de roBe, d'une probité . antique, était un de ces avoués que les Ecossais désignent comme FWriters to the Signet, Du côté paternel, il descendait des Scott de Farden, une branche de la puissante et illustre famille de Buccleugh. Sa mère, Ann Rutherford, était fille du Dr. John Rutherford, un des professeurs de médecine de l'Université d'Edimbourg. Walter était l’un des plus jeunes fils d'une famille de douze enfants. L'enfance de Scott
jen.
ociété rande ntrai- Jinent enva-
s sont st bien
riont Est-ce e faire
t littédernes, trouvé mposer contes-
eSSions.
1, Son un de ters to ott de aille de lu Dr.
ine de jeunes Scott
s’écoula partie à Edimbourg, partie à Smallhelm Grange, la métairie de son aïeul paternel dans la vallée de la Tweed, Il passa quelques-unes de ses jeunes années à Bath, en Angleterre, et à Prestonpans. A l'âge de huit ans, il entra au Æéoh School de sa ville natale, où il se fit remarquer moins par ses études, que par son aptitude comme raconteur : ses petits amis le surnommèrent, à cause de ses étranges récits, Drm Scotus, En 1783, il fut transféré à l'Université d'Edimbourg où :l se livra a des lectures variees et assez étendues ; mais une indisposition qui le rendit boiteux, lui fit interrompre le cours de ses études. À l'âge de quinze ans, i! fut admis comme étudiant dans le bureau de son père ; six äns plus tard, apres des études assidues, il subit l'examen ordinaire et devint membre du Barreau d'Edimbourg,
L'historien Prescott, dans sa jolie esquisse du grand romancier, se complaît à faire remarquer ‘ que la muse de Scott se faisait entendre en 1790, pour la première fois, au moment où le poète national Burns disparaissait de la scène, comme si la nature désirait que la chaine d'inspiration poétique ne fut pas interrompue.” Les PDärgcr Bal. lads, Lenore et le IWild Huntsman, datent de cette année laquelle avec ses >arfums de poésie, lui donnait aussi,dans un chagrin d'amour, une assez amère déception ; on en trouve le récit dans la correspondance semée ça et là dans sa biographie par Lockhart, Le découragement fut de courte durée, sa fermeté d'âme l'eut bientôt rendu à son ancienne gaîté, Scott à cette époque avait déjà visité un grand nombre de localités et de ruines, célèbres dans les annales de l'Ecosse. Il existait dans le voisinage de la capitale peu d'anciennes abbayes, de vieux châteaux, où l’'enthousiaste jeune avocat n'eût été en pelerinage avec ses amis, Shortreed, Adam Fergusson, son frère John ; ces scènes, ces ravissants paysages des Highlands, vous Îles trouverez plus tard, avec leur brillante encadrure dans ces poèmes suaves : Lady of th: Lake—Marmion—Bridal of
Triermuin—Rokcby, où dans ses romans histor:ques.
C'est pendant le cours d’une expédition à Gilsland, qu'il fit rencontre pour la première fois de la femme admirable qui devait partager trente années de sa brillante carrière : Charlotte-Marguerite Charpentier, fille de Jean Charpentier, de Lyon, France. M. Charpentier, chaud royaliste, avait le titre d'Ecuyer du Roi, avant la Révolution. Jean Carpentier, avait épousé Charlotte Volère, la mort l'ayant moissonné au coinmencement de la Révolution, au moment où il venait de placer £4,000 en hypothèque, sur les fonds anglais et sur les domaines de lord Downshire, qui avait, pendant son séjour en France, fait la connaissance des Charpentier, Madame Charpentier, avec son fils Charles et sa fille Charlotte-Marguerite, tous deux élevés dans la Religion Réformée, passèrent en Angleterre et trouvèrent un protecteur puissant dans l’ancien ami de leur famille, le marquis de Downshire. Madame Charpentier expira peu de temps après son arrivée à Londres, et le marquis de Downshire devint le tuteur et le protecteur des deux orphelins. Charles, par la protection du noble Lord, fut nommé à une charge dans les bureaux de la Compagnie des Indes, et ce fut pendant une courte excursion à Gilsland, près Carlisle, avec la famille du marquis, que Mlle Charpentier, dans une course à cheval, fit la rencontre de l’illustre poète, son futur mari. Mile Charpentier, qui, à son arrivée sur le sol anglais, changea son nom français en celui de Carpenter, (car les horreurs de ’93 avaient rendu odieux en Angleterre tout ce qui était Français) sans être d’une beauté ravissante, avait, avec l'éclat de la première “jeunesse, beaucoup de distinction dans ses manières, une taille séduisante, un beau teint olive, des yeux perçants, une chevelure épaisse et noire comme la nuit,
Le soir du jour où Scott avait rencontré la belle étrangère, il y avait bal, Scott, alors officier dans les volontaires d’Edimbourg, et portant lestement son costume de
capitaine, se fit présenter à la jolie française ; son compagnon, Fergusson, en fit autant. Scott fut si enchanté de l'élégante française qu'il lui fit assidûment la cour : après plusieurs lettres et pourparlers échangés, on faisait la noce le 24 décembre 1797, à Edimbourg, où Scott séjourna jusqu'en 1798 pour se fixer alors dans un charmant coffage, à Lasswade ; là, les courses d’antiquaire continuèrent leur train, Ce fut le 16 décembre 1799, que le jeune avocat acceptait la charge de shérif de Selkirkshire ; salaire, 4400, avec le privilège de pratiquer comme avocat. Nous croyons devoir signaler divers incidents de sa carrière professionnelle avant d'entamer sa vie littéraire proprement dite. Sa clientèle ne semble pas avoir rapidement augmenté ; il trouvait néanmoins le temps de remplir ses devoirs, comme officier actif de cavalerie, littérateur fécond et correspondant infatigable, collaborateur des ÆAevues, avocat pratiquant et shérif de Selkirkshire : son épouse lui apportait, à peu près £200 de rente. Le gouvernement l'ayant obligé de se rapprocher du chef-lieu où se tenait son bureau; en 1804, il disait adieu à Lasswade et achetait des héritiers du Col. Russell, un beau petit domaine nommé la Æerme d'Ashestiel, sur la Tweed : HWarvrdey, The Lady of the Lake, Marmion, ont entouré Ashestiel d'une auréole lumineuse et l’on rendu un terrain classique. Il venait d’hériter de son oncle, !& capitaine Robert Scott de Rosebank, qu'il vengit dans le cours de l'année 1805, pour #£5,000, de sorte que son revenu professionnel, litté:
raire et autre était alors de £1,000 à peu près, au rapport de Lockhart.
En 1806, il obtenait, par l'influence de son ami et son protecteur, Lord Melville, l'office de greffier des sessions, ce qui ajouta 4800, plus tard £1,300 à ses autres émoluments ; mais, étant nommé comme adjoint à son ancier ami, George Home, il ne put toucher ce salaire qu'en 18r1, et cette charge, il continua de l'occuper jusqu’en 1830.
Le =: ociobre 1799, Madame Scott donna naissance à
me
une fille, Charlotte-Sophie, plus tard Madame Lockhart : celle de ses quatre enfants qui, par le génie, ressemblait le plus à son père.
Walter, qui hérita du titre, naquit en 1801 : il mourut en
On était en 1805 : la rivalité entre la France et l’Angleterre était à son comble dans le Royaume-Uni.
Les Français, disait-on, devaient faire une descente sur les côtes de l'Ecosse, Scott, qui avait toujours pris une part fort active dans les évènements du jour, montrait, comme capitaine de cavalerie volontaire, une activité incessante, Malgré ses occupations variées, il ne manquait pas un seul exercice militaire, il se présentait, quelquefois en cour, avec sa robe d'avocat ou de greffier par dessus son uniforme qu’il n'avait pas eu le temps de changer.
Depuis assez longtemps, il faisait nombre d'expéditions dans les montagnes d'Ecosse, avec son ami Skene, pour y recueillir les vieilles ba!lades, les traditions militaires, Tel fut l'origine du Border Ainstrelsy, Le peuple qui l’aimait, le surnommait 4 shérif, et sa réputation comme poète et littérateur commençait à s'étendre au delà des confins de l'Ecosse,
Ce quidistingua Scott, à part son rare talent, ce fut une puissance de travail illimitée, et une mémoire nrodigieuse, On rapporte à ce sujet qu'un de ses amis ayant perdu le manuscrit d'un poëme assez long, qu'il avait lu une fois seuiement au poète, se désclait de cette perte, pour lui irréparable, disait-il.“Assieds-toi là, mon ami, lui dit Scott; je puis te répéter de m&noire tout ton poème et tu le copieras.” Ce quifut fait. ,
Choyé du barreau et des salons, plein de bienveillance et de saillies, Walter Scott était l'âme de l'organisation militaire à laquelle il appartenait. L'auteur de Waverley,
. avait un goût prononcé pour les plantations d’arbres,même
avant d'avoir fondé et planté les bocages d'Abbotsford, D'une haute stature, il était doué d'une grande
sur une ait, vité uait fois
ssus
[ons ir y Tel
lait,
force physique ; il prenait beaucoup d'exercice en plein air, à cheval ; il aimait la chasse, la pêche, l’équitation. Ses chiens ont été immortalisés par le pinceau des premiers artistes de l'Angleterre, Le portrait de Scott à Abbotsford, contient celui de son énorme chien, Qui a oublié Maida, Camp Bevis, Wolfe et autres superbes specimens de la race canine—ses constants compagnons, à Abbotsford ? Etait-ce dans ses exercices en plein air, que cette puissante organisation se retrempait, pour tenter des travaux littéraires d’une étendue presque incroyable ?
En 1811, quand Scott prenait possession du site, où plus tard devait s'élever son magnifique château féodal, le colosse était dans la plénitude de son génie, O Abbotsford ! quelle féerique vision tu évoques et quel lugubre drame tu nous prépares !
Bien que Scott fit, en 1811, l'acquisition des ‘‘cent acres’ de terre cur la 7ruced, où plus tard devait s'élever son fastueux castel féodal, ce ne fut qu'en mai 1812, qu'il y transporta ses pénates daus un morleste corps de logis. Le grand rève de son existence, il allait donc bientôt entreprendre de le réaliser, — s’ériger, avec l'or que sa plume chaque jour lui rapportait si abondamment, une demeure splendide —une féerique résidence, telle que celles des fiers barons des temps féodaux ou encore les palais enchanté: des contes arabes, où il serait non seulement barde et troubadour d'un haut et puissant seigneur, mais à la fois grand seigneur, barde et troubadour, et où ses enfants, après lui, grandiraiert—connus am loin par li renommée de leur père, autant que par leurs vastes possessions territoriales. Cette idée romanesque aura son complément en 1820, lorsque son souverain déposer sur sa tète, la couronne de Baronnet. Avant qu'Abbotsford fut au complet, il faudrait absorber bien des domaines adjacents, lacs plantations, montagnes et vallées, pour que le lopin de
1811, acheté au prix de 47,000, devint en fin de compte
un domaine de 3,009 acres. Le château, érigé à une petite
distance des pittoresques ruines de l’abbaye de Melrose, reçut son nom d'un gué, ou traverse voisine : Abbotsford (Le Gué des abbés), Melrose chanté dans son harmonieux poëme, 7%e Lay of the Last Müinustrel, lui était redevable d'une consécration particulière : son crayon magique l'avait entouré d'un nimbe glorieux dont l'éclat lui attirait des pèlerins littéraires des coins les plus reculés de l'Ecosse et de l'Angleterre. Melrose était fameux dans les annales ca! cdoniennes : c'était le champ de bataiile où en 1526, les comtes d'Angus et de Home avaient disputé aux Buccleugh, la possession de la personne du jeune prince, Jacques V ; témoins du combat, les ruines de la célèbre abbaye lui avaient inspiré quelques-unes de ses pages les plus séductrices, (1)
Le site du château palpitait de souvenirs: placé en regard des hauteurs connues comme Eildon Hills, où avait séjourné au quatorzième siècle le vieux barde 7%0mas, the Rymer, le pied en était arrosé par le petit ruisseau Huntly, Tout auprès était la montagne Cowden Knowes à la cime sombre. Dans le lointain gisaient la forêt d'Ettrick, la tour de Newark, le lac St. Mary, lieux empreints de poésie, chers aux troubadours des jours passés, dont Scott avait recueilli les ballades.
“ Jamais, comme le dit Lockhart, poète endormi sous l'ombre d'un chène d'été n'avait dans ses rêves les plus divins, entrevu de plus ravissante demeure."
Q) If thou would'st view fair Melrose aright Go visit it by the pale moonlight For the gay beams of lightsome day Gild, but to flout, the ruins gray.
When the broken arches are black in night And each sfafted oriel glimmers white , When the cold light's uncertain shower Streams on the ruined central tower ; When buttress and buttress, alternately Seem framed of ebon and ivory ; When silver edges the imagery, Andthe scroll that teach you to live and die When distant Tweed is heard to rave, And the owlet to hoot o'ver the di 14 man's grave, Then go-—but go alone the while— Then view St, Davids ruined pile ; And, home returning, soothiy sweur, Was never scene 80 sad and fair !
(The Lou of the Last Minstrel, Canto 11)
rose, ford jeux able ique irait 0S$€ ales , les Buc- Jacaye plus
en où T'oruisvden t la ieux ours