‹ Monographies et esquisses [microforme]Chapitre 26 sur 131 · GARNEAU · texte numérisé non relu

GARNEAU

relitions personnelles, intimes même, avec notre éminent compatriote, pendant ies dernières années de sa vie, sa présence sous mon toit à une réunion d'homms de lettres que certaines circonstances m'empècheront toujours d'oublier, [1] la part que je fus appelé à prendre conme président du comité de la souscription nationale à sou mausolée en 1867, par la démission du président, Sir Narcisse F, Belleau, nommé en juillet de cette année aux fonctions de Lieutenant-Gouverneur de la Province de Québec, le succès de mes démarches auprès du vieil ami de M, Garneau, l'Hon, P, J, O. Chauveau, alors Premier Ministre de notre Province, que je conviai à venir faire l'éloge du regretté défunt à l'occasion de }’isauguration de ce monument au cimetière Belmont,—ce qui nous a valu le magnifique discours que vous connaissez tous, —ce sont là arcant de doux souvenirs, que je pourrais ajouter aux esquisses du grand historien tracées avec tant de sympathie, de justice, d'élégance par MM. Casgrain, Chauveau, Lareau, Darveau et autres. Je vous ai dit qu'ilexiste trois éditions de l'Æistoire du Canada, par Garneau. Il doit m'être permis de dire, j'ose croire, que l'amour filial de M. Aïlfred (Garneau nous promet sous peu une quatrième édition, laquelle sera enrichie d'une biographie de l'historien écrite par l'Hon, M. Chauveau, Elle résu-

O5 Voie ce que me fournit mon journal, à propos d'une petite réunion d'hommes de lettres, dans ma grande serre à Sillery, par une tiède journee d'octobre 1864. Le temps ü fauché dru parmi les gais convives d'aloss : — Un grand événement préoccupait

l'Aunérique Britannique toute. entière Sous la présidence du regretté Sir Etienne Tache, siègeait dans l'enceinte du Parlement à Québec, un sanhédrin imposant, où figuraient Les déléguès de toutes nos provinces Il s'agissait, pour échapper à de graves

complications, de présenter à notre métropole le cadre d'un nouvean pacte constitutionnel pour notre Canada, Les correspondants des grands journaux de l'Angleterre et des £'ots-Unis s'étaient donné rendez-vous à Québec pour renseigner le public sur ce qui s'y passerait, Parmi les ® lions ? du journalisme installés dans la vieille Capitale, le plus connu était sans contredit le spirituel George Augnstus Sala, correspondant du Telegraph, grand journal de Londres, A la sollicitation de quelques familiers, il fut décidé d'inviter, à une petite fete champôêtre, les hommes les mieux posés dans notre monde littéraire, pour leur faire faire Ia connaissance de M. Sala, et, au besoin, pour le renseigner sur ce au’ touchait au Canada. Les invités, sans être nombreux, représentaient des talents et des spécialités de plusieurs genres: d'abord, une des plus fortes plumes du journalisme en 1864, l'Hon, Joseph Cauchon ; un fin canseur et un savant, ce pauvre Professeur Hubert LaRue, décédé si prématurément pour la science ; un pubiiciste distingné, Jean Cnarles Taché; nos deux historiens, Garneau et Ferland. L'ame de la fête était le spirituel, le caustique George Sala. Il causuit en français avec une singulière facilité, L'abbé Ferland semblait avoir recouvré sa vieille verve gauloise : LakRue décochait ses traits ardents à droite et à gauche ; Taché se croyait en conscience tenu de le contredire en tout et partout ; le grave Garnoau écoutait en souriant les fines reparties de Sala. Cette réunion d'esprits d'élite, douce et triste à la fois par Les trouées que la mort y a faites, restera longtemps gravée dans ma mémoire.

MONOGRAPHIE 73 : mera, n'en doutons pas, tout ce qui a été dit jusqu'ici sur à le compte de l'éminent annaliste de notre passé, (1). Si s vous me demandez laquelle des trois éditions je préfère: $ je vous répondrai avec M. Lareau: ‘“ L'édition de 1845, e la première, celle qui renferme ‘e premier jet, le fruit de la il pensée intime de l'écrivain, l'opinion raisonnée du philotr sophe et du penseur, ”” Ce qui frappe en feuilletant les x pages de M. Garneau, c'est l'élévation des idées, l’indépen- Le dance de:ses appréciations, le courage de ses convict'ons, ni la sûreté de ses jugements, le tout couronné d’un indicible er élan de patriotique enthous iasme, On pourrait dire qu'aure cun genre de gloire ne lui a manqué ; si l'avenir lui réser- ë le vait une couronne d'immortelles, quelques uns de ses con- le le temporains, au moyen d’acerbes critiques, surent lui pré- È jà parer une couronne d’épines qu'il trouva parfois pesante à Ë 1X porter................

ae | ‘“ Pour apprécier avec justice et impartialité l'œuvre de ï au, M. Garneau, ” a dit M. l'abbé Henri Raymond Casgrain, ste * il faut se reporter à l’époque où il a commencé à écrire. Il Il traçait les premières pages de scn histoire au lendemain | tal des luttes sanglantes de 1837, au moment où l'oligarchie | ne triomphante venait de consommer la grande iniquité de | lie l'union des deux Canada, lorsque par cet acte elle croyait Lu- avoir mis le pied sur la gorge de la nationalité canadienne. | Q La terre était encore fraîche sur la tombe des victimes de : aps l'échafaud et leur ombre sanglante se dressait sans cesse | ue devant la pensée de l'historien, tandisque du fond de leur Le lointain exil les gémissements des canadiens expatriés, | d | leur prêtant une voix lugubre, venait troubler le silence Ï ph de ses veilles, ” | re, Le cadre qu: je me suis tracé me défend de discourir au | | Let long de nos quatre historiens, Bibaud, Garneau, Ferland, | ur Faillon, ‘| de ; Je ne saurais assez louer le discours préliminaire de «ro l'Histoire du Canada de Garneau. C'est une admirable bé [0 M. Chauvenu, depuis cette date, 25 mai 1882, s'ost noblement acquitté de la tâche que lui imposait l'amitié.

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