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FERLAND

écrivain français irréfléchi, l'abbé Brasseur de Bourbourg : ou bien encore, un antiquaire, nouveau Monteil, exhumant, sur l'origine de nos familles mille détails curieux et inconnus, tirés des archives poudreuses de nos églises paroissiales

Chez M. Ferland, il y a surtout le docte, le grave professeur d'histoire—comhblant avec une rare industrie les lacunes,corrigeant les erreurs de dates chez ses devanciers ; méthodique en tout, annaliste infatigable développant, avec un rare talent, les origines, les épreuves, les succès de cette mission de la vieille France dans la nouvelle, qu'il préconise comme providentielle., Il en est qui prétendent trouver dans le Cours d'Histoire du Canada les annales seules du progrès du catholicisme dans la colonie, mais il est facile d'y découvrir un programme bien plus vaste.

Dans une lettre que M. Garneau adressait à M, l'abbé Ferland en 1861, le remerciant pour le premier volume du Cours d'Histoire du Canada quil avait eu la complaisance de lui envoyer, nous trouvons des lignes qui font également honneur aux deux hommes: ‘M. Garneau est passé chez M. Ferland pour lui exprimer personnellement toute sa reconnaissance et parler avec lui de leur chère patrie, mais il n’a pas été assez heureux pour le rencontrer. M. Garneau aurait voulu causer avec une des lumières du Canada sur la foi qu'on doit avoir en notre nationalité et sur les moyens à suivre pour en assurer la consommation, Celui qui a su développer avec tant d’'exactitude nos origines historiques doit être pénétré plus qu'un autre des sentiments de la foi. ”

L'on trouve chez le vénérable historien trois éminentes qualités: érudition, pureté de style, charme indicible de diction, Ajoutons à cela, dans le commerce de la vie, une aimable franchise, une constante loyauté dans ses procédés, de la noblesse dans les sentiments, üne prodigieuse mé-

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moire de faits, de dates, toujours à la disposition de ceux

qui le consultaient, et l'on aura une idée du mérite de ce savant si justement regretté,

Faillon.

Etienne Michel Faillon naquit à Tarascon, département des Bouches du Rhône, le 1er mai 1790, Vers 1812 il alla commencer ses études classiques au

collège d'Avignon, L'atmosphère religieuse de cet anti-

que séjour des Papes, au moyen-âge, depuis le XIIe au XIVe siècle, semble avoir exercé une durable influence sur le jeune Faillon.

Vers l'année 1818, il vint à Paris faire son cours de théologie, et entra à St. Sulpice vers 1820.

En 1829 on le retrouve directeur du Séminaire de Paris Une de ses premières entreprises littéraires fut d'esquisser la carrière de M. Olier, fondateur de St, Sulpice, lequel, comme l'on sait, avait pris une large part à la colonisation de la Nouvelle-France--surtout, à l'établissement de Ville-Marie,

En 1854, M. Faillon publiait la “ Vie de la Vénérable Mareuerite Bourgeois, ” fondatrice de la Congrégration de Notre Dame, qui vint au Canada avec M. de Maisonneuve, le fondateur de Montréal, Vers le même temps paraissait en deux volumes 8vo,, une biographie de Mademoiselle Mance—fondatrice de l'Hôtel-Dieu—et une biographie de Madame d'Youville, fondatrice des Sœurs Grises (Sœurs de Charité) en Canada,

C'est par ces importants travaux, qui embrassent une notable partie de notre histoire, qu’il préludait à son œuvre principale, l’//éstoire de la Colonie française en Canada.

Ce colossal travail, imprimé avec luxe à Paris, devait comprendre dix volumes, in-quarto, dont trois seulement ont paru—deux en 1865—le 3e, en 1867

Il ne va pas au-délà de 1675, mais l'infatigable annaliste a laissé les matériaux, pour mener le récit jusqu’à l’année

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