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LES JARDINS

Avant de décrire les jardins du Canada prenons les choses de plus haut,

Le premier jardin, c'est Dieu même qui en fut l'artiste : le jardin de notre premier père, Adam, l'Eden ; et que de regrets, quand la porte lui en fut fermée! Le chantre du Paradis Perdu, Milton, d'après un idéal crée par son génie, place dans ce jardin “ des fontaines de nectar, serpentant sous l’ombrelle des bois, portant fraîcheur et vie aux plantes et aux fleurs innombrables qui émaillent sans art, ni apprêt, les collines, les plaines, les vallées, recevant les chauds baisers de l'aurore, puis à l'heure du midi, cherchant abri contre les ardeurs du soleil dans de verts bocages, impénétrables à ses rayons : heureux et champêtre séjour aux aspects variés.” (1)

À l’excep'ion des serres en verre, comme art de goût la science des jardiniers*date de bien loin.

Les jardins les plus anciens dont l'histoire nous a transmis une mention détaillée, ceux du Roi Salomon, étaient de forme quadrangulaire, entourés de murs élevés, forme usitée même de nos jours. On y voyait des arbres, des volières, des nappes et des cours d’eau, choses indispensables en un climat chaud, Salomon y avait en outre un Sérail,

(@) ‘ With mazy error under pendant shades

Ran nectar, visiting each plant and fed

Flowers worthy of Paradise, which not nice art

In beds and curious knots, but Nature boon

Pour'd forth profuse, on hill and dale and plain,

But where the morning sun first warmly smote

The open field, and where the unpierced shade

Imbrown’d the noontide bowers : thus was this place,

À happy rural seat of various view, ?

; MiLToN

lequel, au dire &u commentateur Parkhurst, servait de temple pour le culte, aussi bien que de lieu de pl'isir. Chez les modernes, le sérail n'est pas un accessoire oblixé ; à Versailles, on y substitua le petit Trianon... pour l'édification de cette vertueuse Mme Dubarry ?

La magnificence des jardins d'Alcinoüs est passée à l'état légendaire.

Les jardins de Cyrus et autres potentats de l'Orient étaient remarquables par leur étendue, leur éclat, la diversité de leurs productions ; ils étaient considérés comme les merveilles du monde.

Les fameux jardins suspendus de Babylone avaient entr'autres décorations, une £érie de terrasses,—les pre. mières dont il est fait mention ; les avenues en étaient plantées d'arbres de diverses espèces : on y voyait jets d'eau, sièges rustiques, parterres, pavillons pour banquets ; bref, de l’'ombrage, des fleurs, des points-de-vue vastes, tout ce que l’on trouve dans un grand jardin moin: cette innombrable variété de plantes et d'arbres exotiques ravis à toutes les régions connues par la science moderne, L'historien Strabon nous donne la dimension des bocages d'Orontes, comme étant neuf milles en circonférence, N'est-ce pas là le premier parc dont l’histoire nous parle ? à

Gibbon ajoute que “le laurier et le cyprès, de leur feuillage touffu y créaient une retraite toujours fraîche, impénétrable aux rayons du soleil, arrosée de mille ruisseaux issus des monts, qui y entretenaient un gazon perpétue! et tempéraient la chaleur du jour ; l'odorat y était captivé par l’arôme des plantes, l’ouïe, par la douceur des sons ; c'était un paisible bocage, consacré à la jouissance, à la santé, au luxe, à l'amour.”

Les Grecs, sans avoir poussé à la perfection l'art des jardins, avaient leur célèbre vallon de Tempé et les bocages d’'Académicus, à Athènes, ornés de vases et de statues, d’autels, de monuments funèbres, de temples, de tours, On

322 JARDINS ANCIENS ET MODERNES | y trouvait ce que les Grecs aimaient : de l'ombrage et de

la fraîcheur—des senteurs délicieuses—les douceurs du repos, L'art de leurs jardins, les Grecs l'avaient emprunté [RE Et PA des Perses : les Romains, en ceci comme en biens d'autres choses, prenaient les Grecs comme modèles ; leurs Lucullus y versaient des millions pour renchérir en ornements sur leurs devanciers, élevaient dans leurs jardins des cc''' nes artificielles, y creusaient des lacs, des rivières qi nommaient le Nil, l'Eurotas, l'Euripe, etc., y amoncelaient, bronzes, marbres, fontaines, au sein de massifs d'arbres aux parfums enivrants, En vain Martial de son vers ARE vengeur fouetta-t-il ce luxe effréné !

du D'après Cicéron et Pline l'Ancien, la pratique de planter des arbres en quinconce, était générale de leur temps: : Martial consigne dans ses épigrammes le fait que le taillage des arbres, spécialité du style dit tonsile, fut inventé 4 ; ou introduit par Cnæus Matius : ce fut vers ce temps aussi, au rapport de Propertius que l'emploi des statues et Non des fontaines, comme décors, fut en faveur. En lisant à ( description du jardin de Pline, on se convaincra sans p que l'ordonnance des jardins Français et Hollandais, éta.. calquée sur celle du jardin de cet homme de goût. di “Terrasses avoisinant la demeure, comme le remarque le célébre Loudon, weïte pelouse descendant en talus, k petit parterre à fleurs, avec jet-d'eau au centre ; allées avec garniture de buis naïn, arbres fantastiquement taillés pour simuler des objets artificiels, avec l'accompagnement obligé de foutaines, de grottes, de belvedères : tout en un mot le dénote.” Horace Walpole remarque également que le jardin de Pline correspond en tous points, avec ceux créés par Lou- : don et Wise, selon la méthode Hollandaise, il dit que si l'on ajoutait au jardin de Trajan un parterre on aurait un jardin orné du règne du Prince d'Orange, en Angleterre,

Guillaume III.

Plusieurs textes de vieux auteurs nous portent à croire

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que l'usage du verre, dans les structures consacrées aux fleurs etaux plantes exotiques,était connu des Grecs et des Romains, Platon et Columelle font mention de la rapide croissance d'arhustes oloriférants empruntés à l'Inde et à l'Arabie : l'arbre qui produit la canelle, le myrte, la plante, dit Columelle, d'ou l’on tire l'encens ; l'Italie, ajoute-t-il, contient les produits, les fruits de l'univers entier, “ Tibère s'enorgucillissait de pouvoir cultiver des concombres fere toto anno, presqu'en tout temps de l'année.” Sénèque s'élève contre ies Romains à qui il faut des roses pendant l'hiver, et jes fleurs du printemps, au fort de l'équinoxe hibernale ; il assigne à l'eau chaude, comme agent pour hâter la croissance des plantes, le même rôle qu'elle joue chez les modernes.” # * #

Au moyen âge, l'art du jardinier, ainsi que bien d'autres arts semblèrent oubliés : la découverte de Guthemberg, la renaissance des sciences, des arts, du commerce, en Italie ; le réveil des esprits dans l'Europe entière annonçaient une ère nouvelle, le terme des ténèbres sociales, le retour du soleil du progrès, L'illustre fami le des Médici se donna pour mission non-seulement l'encouragement des lettres, mais encore la protection active de l'art patroné par Cicéron, Pline, Columelle, Adrien, Trajan : l'art des jardins.

Les jardins des Médici, bien que créés dans le style géométrique et architectural, servirent pendant nombre d'années comme modèles à l'Europe entière et continuèrent en vogue en France, en Allemagne, en Angleterre ; plus tard, ils faisaient place au style naturel, dit style anglais, conçu par Bridgeman, Kent, Wright, Repton, aidés des éloquents écrits d’Addison, Pope, Shenstone, George Mason, Whateley, Gray ét du poëte Mason. (1)

(1) Voici l'inventaire d'un jardin dans le style tonsile, cité par Downing : ‘ Inventary of a Virtuosos Garden.

Adam and Eve in Yew ; Adam a little shattered by the fall of the tree of knowledge

L'architecture des jardins, en tant qu’elle se rapporte aux serres-chaudes, n’a fait que peu de progrès dans le midi de l'Europê : le climat, au reste, est assez chaud pour rendre quasi inutiles ces dispendieuses structures.

L'on rencontre cependant quelques serres-chaudes en Espagne et au Poriugal : à Madrid, à Coimbra, à Montserrat, L'on y trouve également des traces de jardins élégants, exécutés par les Maures. Certains jardins, dans le sud de l'Espagne, au dire des voyageurs, sont pavés en marbre, avec allées plantées d'arbres toujours verts, ombragées d’orangers, avec appareils hydrauliques, enfouis sous les allées, d'où jail'it au besoin l'onde à travers les joints des marbres : surprises, dit Sir John Carr, médiocrement goütées des dames quand elles s'y aventurent et pour cause, Les jardins espagnols et portugais sont notés pour levrs jets d’eau, leurs alcôves, leurs terrasses, leurs statues, ieurs treillis, leurs temples, leurs grottes, leurs sièges rustiques avec dôme, leurs romanesques pavillons.

Les jardins hollandais et français :e ressemblait par la symétrie et l'abondance de l'ornementation.

Le Hollndais ne tient pas à avoir un grand jardin. Qu'il soit grand ou petit, il y entassera une abondance d'embellissements frivoles, souvent presque ridicules, Il se creusera un canal roide et droit, receptacle d’une eau dormante, souvent bourbeuse. Ce canal, tout étroit qu'il soit, est obligatoire : il symbolise le pays des aïeux. Il y ajoutera terrasses et talus, des ficurs, du gazon que Îles pluies abondantes de sa patrie s2 chargeront de tenir toujours verts.

in the greac storm : Eve and the serpent very flourishiny, Noah'sark in Holly; the ribes a little damaged for want of water.

l'he tower of Babel not yet finished, St-George in Box; his arm seur'd jong encugh, but will be in a condition to slich the dragon next april. Edward the Black Prince, in cypress, À pair of giants stunted, to be sold cheap, An old maid of honor, in worm wood, À tapping Ben Johnson in laurel, Divers eminent inodern poëets in bays, somewhat blighted.

A quick set hog, shot up into a porcupine, by being forgot a week in rainy weather.

A Bavendir peg with sage growing in its belly."

Downing mentionne également une villa près d'Anvers appartenant à un M. Smetz, ornée d'une verte pelouse, où se voyait tout un troupeau de moutons, avec le berger et son chien, sculptés en pierre, ce qui donnait au site une allure tout-à-fait baucolique bien qu'un peu burlesque,

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Evelyn décrit les jardins hollandais, à la Hague, comme surchargés de décors : avenues ombragées, Statues, marbres, grottes, fontaines, concerts artificiels.

Sir James Edward Smith, écrivant un siècle plus tard, y mentionne un jardin aussi entrecoupé d’'avenues serpentantes que son voisin l'était d’allées droites : évidemment la ligne courbe, la ligne de la beauté, le style anglais y avait péiétré : mais cela était loin d'être gén‘ral, car Île hollandais, amateur du passé, adore la routine

Le styie tonsile, usité anciennement, surtout en Hallande, Dieu merci, est disparu : il consistait à torcurer, à façonner un arbre ou un pauvre arbuste, au moyen de ja scie ou de la serpe pour simuler mille objets, animés ou inanimés : des paons, des cochons, des porcs-épis, des étoiles, des gerbes de blé, etc.

Le poète : Pope, le créateur du merveilleux jardin, à Tiwickinham, sur la berge de la Tamise, à Londres, a fait bonne justice de ce genre atroce et ridicule. (1)

QG) Be domaine d'Alexander Pope, a Twickenbham, couvrait les deux côtés de la voie publique, de sorte que le poète était forcé de traverser 18 chemin pour atteindre Ja partie la plus élevés et plus cuitivée de ses jardins. Afin d'obvier à cet inconvénient, il dûx pratiquer un passage souterrain, d'un point à l'autre de son territoire.

Sa résidence, jolie villa Romaine avec colonnes, arcades, portiques, reposait graciensement sur la rive verdoyante de la Tamise, Il fallait de toute nécessité creuser nn tunnel pour avoir accès, à ses grands bois, aux importantes plantations qu'il y avait crées : le souterrain devint une grotte, du côté de Ta Tamise, pavée en minerai, en coquillagi Pope en a laissé Ia description suivante :

& Je viens, dit-il, de mettre la dernière main à mes travarx horticoles, souterraine, J'y ai découvert un file ane oude crystalline, dont le jet perpétuel cause dans 14 caverne un écho nuit et Du fleuve, l'œil perce à travers cette arche, en remoutant un solitaire sentier, et rencontre une espèce de temple ouvert, une rustique structure confectionnée de ouallages : de cet endroit, l'on saisit, sous l'arceau des bois en regardant vers ln Tanise, Les nacelles voguant sur l'eau: charmante perspective, En fermant la porte 5 ma grotte, l'interieur se transforme en une lanterne magique, où se répètent les Lois, les cotaux, les visseanux : un panorama varié du fleuve, que vons pouvez rendre moins vif, moins distinct en diminuant la lumière qui le reflète, Le parquet est jonché de coquillages ete: des glaces représentant les objets : un lustre cireulaire de pur albatie, retombant d'ane glace taillée en form d'étoile, fait jaillir du lunmbris mille prismes, mille luminouses étoiles, Draix porches étroits conduisent de eatte grotte, l'un bien éclairs, au Houve:s l'autre voilé par le feuillage des arbres est pavé de silex, de coquilles marines, de minerai de fer, Les sentiers dans le voisinage qui mnent au temple, sont garnis d:gravois ordinaire et par leur naturel, leur simplicité 3e marient au doux murmure de l'eau tombante, à l'agreste paysage,

Bref, il no me manque pour compléter le spictasle, qu'un: bonne statue, avec une inscription, comme celle que vous savez que j'aime tant. N'allez pas croire que je fais de la poésie ; au contraire, la description que je vous donne est véridique.??

Hélas ! qu'il veste pou de traces du mignon jardin de Twickenham ! môme le sanle légendaire de Pope, le pire et Le patriarche des saules anglais, y saccombait de vivillesse, en 18)1, nonobstant les tuteurs dont il était entouré. Car c'est à l'illustre poëte que vvient l'honn:ur d'avoir introduit en Anszleterre, cat arbre gracieux : son amie Lady Silvius lui en ayant envoyé das boutures de l'étranger, Popeles m.ten terre, disant que weut-être il en proviendrait un arbre inconnu dans sa patrie: sa prédiction se réalisa, En 178), L'Empiratrics de Russie en fit planter dans son jardin, à St-Potorsbourz.

8 etc.

À ma grotte

Le style français se développa vraisemblablement au milieu du dix-septième siècle, sous le brillant règne de Louis XIV. L'art du jardinier, comme bien d’autres arts, bénéficia de la prodigalité du Grand Monarque et des aptitudes de LeNôtre, alors rartiste-jardinier le plus renommé de l’Europe.

Les théories de LeNôtre firent bientôt leur chemin dans tous les pays civilisés. L'Angleterre les accueillit à bras ouverts et chose singulière, la méthode de LeNôtre se maintint en Angleterre plus de cinquantes années, après que les jardins naturels le style anglais en un mot, s’y fut établi,

Ce fut dans la création des célèbres jardins du roi, à Versailles, que LeNôtre, dévoila tout son génie, ses ressources : ce qui fit dire à un ecrivain anglais, Bradley, que ces jardins là résumaient à eux seuls la perfection de l'art, et à un auteur allemand, du nom d’Agricola : ‘“ contempler les jardins de Versailles, c'est avoir un avant-goût du Paradis.” L'école de LeNôtre eût pourtant ses détracteurs : le poëte Gray et l’habile Loudon disaient que le jardin de Versailles, pour être imposant, devait être rempli de monde.” Lord Byron développait cette idée sous une autre forme, en affirmant que “ tant de symétrie ne convenait pas à la solitude.” Mais ceux qui recherchaient la solitude, l eussent guère trouvé à Versailles ; ainst donc le pian de ce jardin allait bien avec le site,

Les jardins anglais devinrent de mode en France en 1762; on en raffollait,

Il semblerait qu'avant l’époque de la révolution, plusieurs jardins français furent transformés en jardins anglais, sous la direction d’un habile jardinier Ecossais, du nom de Blaikie, établi en France depuis plusieurs années et aussi, sous celle du Chevalier Jansen, anglais éclairé, Depuis ce temps, nombre d'anciens et beaux jardins français ont été refaits, d’après la méthode anglaise, que plusieurs Français ont crû erronement consister en une profusion d’allées ou sentiers courbes et sinueux comme le

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remarque M. Blaikie : car il ne faut pas abuser de la ligne courbe,

La France, dans le passé, a donné naissance à peu d'artistes-jardiniers : les mieux connus sont Girardin, Morel, Delille.

Le Nôtre visita l'Angleterre à la sollicitation du roi Charles II, et y propagea ses idées avec beaucoup de succès : il introduisit sa méthode, dans l’ornementation du grand jardin que le Cardinal Wolsey avait créé à Hampton Court, aussi bien que dans le jardin de Greenwich et au parc Saint James : ceci se passait juste au moment où un nombre de Nobles distingués par leur intelligence et leurs richesses, les Ducs de Devonshire, de Lauderdale, le camte d’Essex, les Lords Capel, Pembroke, Craven, Northampton, etc., s’occupaient activement à faire progresser l'art des jardins.

Disons un mot du chef-d'œuvre de LeNôtre, à Versailles.

Je n’oublierai pas de sitôs le spectacle qui frappa mes regards, le 8 août 1881, du haut de la terrasse du palais fastueux de Versailles,

Jardins, parc, pièces d’eau sont presque, dit-on, dans le même état où LeNôtre les forma il y a plus de deux siècles. S'il m'eût resté des doutes sur sa méthode, j'eusse bientôt découvert à quelie école il appartenait, A coup sûr, ce n'était pas à celle de la nature : chez lui, c'est l'art qui prédomine : l’art de soumettre le paysage aux lois inexorables de la géométrie : associer l'architecture, la sculpture au gazon, aux arbres, aux étangs : tel érait bien l’idée fixe de Le Nôtre ; le paysage, (tait tout de même plein d'intérèt pour moi. Son aspect solennel, bien qu'un peu suranné, se mariait si bien avec lestyle grave, majestueux du palais voisin ; il concordait d'une manière frappante avec les notions de l’art en vogue au siècle de Louis XIV,

Aux jours de gala, quand l'on faisait jouer les Grandes Eaux, on çonçoit sans peine l'effet magique que ces jar-

dins superbes “urent produire sur la brillante cour du Grand Roi, Le n'est que vases, que marbres, que bronzes sculptés, dans toute cette enceinte ; quelques-unes des sta tues et des vases sont des copies d'antiques célèbres ; d'autres, des originaux datant du 17e siècle,

Les groupes les plus frappants, sont ceux des Parterres dur Midi et du Nord. Entre eux, près des gradins sont deux grands Bassins, la Fontaine de Diane, à droite, et la Fontaine du Pont du Four, à gauche ; toutes deux ornées de groupes d'animaux en bronze, par les frères Keller.

La façade du palais percée pour 375 fenêtres est longue de 250 mètres. L’orangerie comprend à peu près 1200 orangers, disséminés en été dans les jardins : la tradition prête à l'un de ces arbres quatre cent cinquante années d'existence,

Au sud de l'Æfang Suisse, se dessinent le bois et la Plaine de Satory.

Au pied de l'escalier qui conduit au delà du parterre d'eau, est situé le vaste Zassin de Latone, Yœuvre des frère. Marsy : plusieurs gradins de marbre roux, sur lesquels gîsent des grenouilles et des tortues vomissant l'onde en face d’un beau groupe en marbre blanc de Latone avec Apollon et Diane. La mythoïogie raconte que Latone ayant supplié Jupiter de châtier les paysans de la Lysie pour lui avoir refusé, à elle, un verre d’eau, le dieu les métamorphosa en grenouilles,

Les plus beiles statues dans le jardin sont celtes dans le Pourtour de Latone ; à droite en approchant du côté du palais, ii y a une curieuse statue de la Mélancolie, par Le Perdrix : “le livre,” “la bourse” et “la bouche close” sont autant d'allusions à la tenda'ce des hommes d'étude, des avares et des personnes taciturnes, à devenir victimes de cett. passion.

Puis se présentent Awfinois, Tigranes, un Faure, Bacchus, Faustine, Commode vêtu comme Hercule ; Urante, Jupiter et Ganymède : vis-à-vis l'on voit Venus dans sa

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conque. Du côté opposé, l’on découvre le G/adiateur Mourant, Apollon du Belvédère, Uranie, Mercure, Antinois, Silène, Venus, Kallyépioos, Tiridates, le Feu, Va Pocsie Lyrique. Puis, vient le Bassin d'Apollon, le PBosquet du Roi, le Passin du Miroir, le Bassin d'Hiver, le Bosguet de la Reine, où se passa l'affaire du collier de diaments ; la Sa/le du Pal,le Bassin de l'automne, le Quinconce du Midi, la Colonnade, le Bassin d'Encelade, où le géant soutenant le Mont Etna, vomit l'eau à une hauteur de soixante et quatorze pieds, le Posquet des Dômes, le Bassin du Printemps, le Quinconce du Nord, le Bassin de l'Eté, le Rond Vert, le Bosquet des Bains d'Appollon, etc., etc.

Je n’en finirais pas si je prétendais d'après mes notes énumérer toutes les merveilles que le génie de LeNôtre et la munificence du Grand Roi ont enfouies dans ce féérique séjour.

Mais de grâce, quand vous ferez le voyage une seconde fois, tâchez que ce soit un des jours de mai ou d'octobre, généralement le dimanche, où l'on fait jouer les Grandes Eaux : spectacle qui coûte entre 8 à 10,000 francs et qui attire tout Paris.

Ce fut M. Fagon qui le premier érigea des serres-chaudes en France, savoir, celles du Jardin des Plantes, vers la fin du règne de Louis XIV : puis vint M. Senior qui en construisit pour pour lui-même à St-Germain-en-Laye, et aussi pour Louis XV, au Trianon, M, Comble les a décrites dans l'“Ecole Potagère” ; le style Italien et Français en jardins resta en honneur, en Allemagne et dans le Nord de l'Europe jusqu'en 1750, époque où la méthode anglaise fut adoptée en partie, notamment au célèbre jardin ouvert près de Pyrmont, en Westphalie.

Le premier essai de serres-chaudes en Europe, sur une magnifique échelle fut celle de l'Empereur d'Autriche, François I, à Schœnbrunn, en 1753 : il y fit élever cinq structures, longues de 1200 pieds, et hautes de près de 30

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