LES VAGABONDS
POÉSIE
Oite par M. 'WoRUS, sociétaire de la Comédie- Française»
A M. BONJBAW.
Un enfant est conduit devant le tribunal,
On l'a pincé, — rôdant sur les bords du canal j
— A minuit, et l'agent, que ce trait hardi pose. Le narre au président, et gravement dépose ^-l'à dormir sous un pont l'enfant se préparait.
— Eh bien, vous entendez, dit le juge, il paraît Que l'on est sans travail et que Ton vagabonde? Et le gamin muet penche sa tête blonde,
Se demandant pourquoi ces gens ne veulent pas Qu'il soit libre d'aller où le portent ses pas?... Les grands bois d'alentour no refusent pas l'ombre A l'oiselet blotti dans leur feuillage sombre..,
l2 MONOLOGUES COMIQUES ET DRAMATIQUES.
Est-il moins qu'un oiseau? n'a-t-il pas comme lui Un peu droit de chanter lorsque le soleil luit, Et comme lui le droit de clore la paupière, Sinon sur une branche, au moins sur une pierre?
— Voyons, reprend le juge, il faut parler un peu. L'enfant lève, inquiet, son œil limpide et bleu.
— Ton nom?
— Dam, chez nous, c'est... ÏAvorton qu'on
— Que fait ton père? [me nomme.
— Mort.
— Ta mère ?
— Avec un
— Où logent-ils tous deuxt [homme.
— Oh I bien loin, tout là-bas.
~ A Paris?... Réponds donci
— Monsieur, je ne sais pas.
— Tu le sais, allons, parle, ou crains que la justice Dans toute sa rigueur sur toi s'appesantisse I Parle, à rester muet tu n'as pas d'intérêt.
— C'est que...
— Quoi?
— C'est que l'homme à maman
— Il te bat? [me battrait