LA VALSE DES FEUILLES
A mon ami Ernest Roy.
Tourbillonnez I Tombez, feuilles légères I Obéissez aux caprices du vent.
Ici tout passe et l'homme, bien souvent. Voit fuir ainsi tes rêves éphémèrei.
Envolez-vous, feuilles légères I
Envolez-vous !
Dans les fougères»
Vous trouverez un lit bien doux*
Feuilles légères»
Envolez-vous.
L'hiver a mis son baiser sur tos charmes» Et vous mourez du baiser de l'hiver.
En vous voyant tourbillonner dans l'air, On croirut voir les cieux verser des larmes.
Envolez-vous, feuilles légères I
Envolez-vous !
Dans les fougères Vont trouverez un lit bien doux
Feuilles légères.
Envolez-vous
Qui sait, qui sait, si la feuille qui tombe N'est pas, bêlas I une âme qui s'enfuit ? Quand on la voit s'abîmer dans la nuit On croit toujours voir s'ouvrir une tombe
Envolez-vous, feuilles légères
Envolez-vous
Dans les fougères Vous trouverez un lit bien doux
Feuilles légères.
Envolez-vous.
Vous reviendrez vous balancer aux arbres, Car votre nuit, ô feuilles, n'a qu'un temps. Vous reviendrez, mais, hélas I le printemps rie rend p^s ceux qui dorment sous les marbres.