‹ Monologues comiques et dramatiquesChapitre 27 sur 43 · LA VALSE DES FEUILLES · texte numérisé non relu

LA VALSE DES FEUILLES

A mon ami Ernest Roy.

Tourbillonnez I Tombez, feuilles légères I Obéissez aux caprices du vent.

Ici tout passe et l'homme, bien souvent. Voit fuir ainsi tes rêves éphémèrei.

Envolez-vous, feuilles légères I

Envolez-vous !

Dans les fougères»

Vous trouverez un lit bien doux*

Feuilles légères»

Envolez-vous.

L'hiver a mis son baiser sur tos charmes» Et vous mourez du baiser de l'hiver.

En vous voyant tourbillonner dans l'air, On croirut voir les cieux verser des larmes.

Envolez-vous, feuilles légères I

Envolez-vous !

Dans les fougères Vont trouverez un lit bien doux

Feuilles légères.

Envolez-vous

Qui sait, qui sait, si la feuille qui tombe N'est pas, bêlas I une âme qui s'enfuit ? Quand on la voit s'abîmer dans la nuit On croit toujours voir s'ouvrir une tombe

Envolez-vous, feuilles légères

Envolez-vous

Dans les fougères Vous trouverez un lit bien doux

Feuilles légères.

Envolez-vous.

Vous reviendrez vous balancer aux arbres, Car votre nuit, ô feuilles, n'a qu'un temps. Vous reviendrez, mais, hélas I le printemps rie rend p^s ceux qui dorment sous les marbres.

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