‹ Monologues comiques et dramatiquesChapitre 9 sur 43 · LA CHASSE · texte numérisé non relu

LA CHASSE

DU par M. GoQUELiN aîné, sociétaire de la Comédie- Française,

A M. Edmond GoNDiiftTi

Tontaine I — La meute égayée Poursuit ayec de joyeux cris, Dans la campagne balayée.

Cailles, lapins, lièvres, perdrix.

Voilà quinze jours que je chasse.

Et je n'ai rien tué du tout.

J'ai trouvé du gibier en masse, Mais je n'ai pu faire an seul coup

Vous croyez que c'est maladresse?

Eh bien I vous êtes dans l'erreur :

Le Gun-GIub lui-même confessa Que je suis excellent tireur.

4S MONOLOGUES COMIQUES Eî DftAMATIOUÉS.

Mais quel conte alors vous nous faites î Jfe vais vous le dire en deux mots • J'aime, j'idolâtre les bêtes, Oui, je suis fou des animaux.

C'est en vain que je me raisonne, En vain, je cherche à m'endurcir, Dès que le son du cor résonne Je sens des frissons me saisir.

Pourtant, je m'arme de courage, Et je me dis, chaque matin, Qu'il faut enfm faire un carnage.

Et tuer au moins... un lapin.

Je tâcherai que ma victime Soit un vieux lapin... de vingt ans.

Tuer un jeune serait crime, Car il peut avoir des enfant»

Ahl ma tendresse vous fait rire?

Pour vous, un lapin mort, c'est peu.

Et même, quand on le fait cuire, Au besoin vous soufflez le feu.

Page 1