‹ Monophorisme et Action françaiseChapitre 15 sur 64 · Id., loc. cit., p · texte numérisé non relu

Id., loc. cit., p

l'adhésion au message divin, et donc Tacte de fo: Cet acte réclame absolument le concours de la vo lonté et de la grâce, celle-là donnant son con sentement, celle-ci élevant Fintelligence par se illuminations, la volonté par ses inspirations €| communiquant à Tàme le pouvoir, si elle veut, d poser enfin Tacte libérateur qui fait passer Fesclav au rang de fils et d'héritier. Mais cet acte salu taire n'est pas le terme d'une action indépendante coordonnée, de l'âme et de la grâce. Grâce et fa cultes agissent comme causes, toujours distinc tes, il est vrai, mais subordonnées : la grâce ne s« borne pas à envelopper, à exciter, elle transfigure elle transforme. C'est l'âme ainsi « élevée », la na ture et la grâce agissant comme deux puissance.' incomplètes, qui pose l'acte: en sorte que nouij avons pour produire celui-ci un principe unique Tout y est de Dieu, tout y est de l'homme, en ai sens que l'action de Dieu et l'action de l'homme, bien que réellement distinctes, ne sont passuscep tibles d'être déterminées à part.

Mais parce que la foi n'est pas « un conformisme intellectuel fondé pour nous sur une démonstratior scientifique et où Dieu insérerait l'élément surnaturel qui, en tant que surnaturel^ ne comporterait aucune coopération humaine » (p. 262), il n'en est pas moins certain que l'accession de l'âme à

1. Il faut avouer que cette formule, comme tant d'autres chezi| Testis, manque de limpidité. On comprend ce qu'est une coopération humaine au surnaturel et c'est ainsi que nous voulons; interpréter ce texte. Mais est-ce là ce que veut dire l'auteur îl Gramimaticalement, la phrase paraît signifier une coopération! humaine surnaturelle, ce qui supposerait tout un système que je«| lui laisse^pour compte.

la vie de la grâce ne s'opère pas indépendamment d'une manifestation du fait surnaturel delà révélation par une parole extérieure au sujet. Soit proposition venue du dehors par un intermédiaire humain, comme le comporte la loi commune, soit communication immédiate et exceptionnelle de Dieu à Tâme, la foi, j'entends la foi catholique, et partant la grâce déiforme dont la foi est la condition obligée, exige de nécessité absolue la connaissance implicite ou explicite du témoignage divin; et sans adhésion à cette parole extérieure, pas de ne surnaturelle.

Telle est la doctrine communément reçue dans l'Eglise et je n'ai pas conscience qu'un seul passage d'^ tra{>ers Vœun^e de M. Maurr^as puisse être allégué non seulement contre ces vérités, encore une fois élémentaires, mais aussi en faveur des thèses extrinsécistes, au sens hétérodoxe que je veux croire visé par Testis, sur la connaissance et les relations mutuelles des divers ordres de réalité. Et cependant je suis rangé par lui au nombre des monophoristes « purs entre les purs et zélés entre les zélés » (p. 580), qui tiendraient le système extrinséciste le plus rigide. Ce que j'ai dit des alliances avec des incroyants est la seule preuve qu'il apporte pour me convaincre d'accorder logiquement à l'autorité dans l'ordre surnaturel un rôle exclusif, ç\\\en fait]e lui dénie catégoriquement. Voyons ce cas.

Méprise fondamentale de Testis

Au dire de Testis, la question a été mal posée! par moi. Envisage-t-on la possibilité d'une alliance! avec des incroyants, il ne s'agit pas, selon lui, d( « discuter humainement les conditions les meilleures de la vie nationale, ni d^étudier les contingences historiques et politiques ». Il s'agit d'une collaboration portant sur des questions économiques et politiques essentielles; il s'agit « de solidariser le point de vue catholique et le point de vue monarchiste, de traiter théologiquement les questions politiques et politiquement les questions théologiques : il s'agit de constituer une théorie des deux pouvoirs et de faire coïncider au moins dans l'opposition contre le régime actuel et provisoirement la thèse régalienne des uns et la thèse théocratique des autres, en fondant cette solution composite sur l'équivoque des mots, ordre, discipline, autorité^ ». En bref, il ne s'agirait de rien de moins pour moi que de faire revivre sous une forme à peine rajeunie l'antique thèse de l'union indissoluble du trône et de l'autel; il s'agirait d'affirmer, d'entretenir une harmonie préétablie entre l'état d'esprit royaliste et l'état d'esprit catholique; il s'agirait d'inféoder l'Eglise à une forme déterminée de pouvoir. Tel serait le point de départ d'où découleraient

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