‹ Monophorisme et Action françaiseChapitre 16 sur 64 · Annales, t. 159% p · texte numérisé non relu

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toutes les erreurs qui me sont reprochées et que Testis se serait contenté d'expliciter et de synthétiser dans la suite : une aussi monstrueuse« hybridation du Temporel et du Spirituel » ne pouvait, en effet, amener que la dénaturation du sens politique et du sens catholique.

Le malheur est que la question ainsi posée n'a aucun lien de parenté avec la question réelle, elle est entièrement gratuite, comme nous Talions voir en reprenant un à un chacun de ces arguments.

Que tel ou tel, rapprochant église et monarchie, trouve dans la constitution de celle-ci des analogies avec celle-là, que l'esprit de la première, par certains côtés, semble se rattacher à l'esprit de la seconde ou inversement, ce sont là constatations libres, très raisonnables, familières à tous les anciens écrivains ecclésiastiques et qui n'engagent en rien la question de doctrine. Que tel ou tel exagère même à l'heure présente ces rapprochements et donne l'illusion d'une identification cette fois inadmissible, je n'y contredirai pas. Mais, outre que les exemples abondent de publicistes ou de théologiens s'évertuant à montrer des analogies également frappantes entre la démocratie et l'Eglise et à les identifier d'une manière absolue, cette fois au mépris de l'enseignement le plus certain, — tel M. Sangnier, — on ne saurait trop redire que l'ensemble des catholiques qui acceptent le concours d'un Maurras repoussent absolument toute solidarité théorique nécessaire entre « le trône et l'autel ». L'autel admet toutes les formes de gouvernement, ils le savent et le professent à l'occasion. S'ils défendent le trône en tant que catholiques, c'est que,

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dans les circonstances historiques où se trouve h France, le trône leur apparaît comme le seul moyer ; pratique de défendre l'autel '.

Je ne l'ignore pas d'ailleurs : en écrivant qu'f l'Action française, on distingue nettement le poin de vue dogmatique et le point de vue pratique danjj le problème de la solidarité du trône et de l'autel, il paraît que j'adresse « un défi à l'évidence desj textes ». Et pour me convaincre, Testis, en note.! brandit triomphalement Dom Besse. Or, « j'ai beau me frotter les yeux », je cherche en vain dans leS' phrases qui doivent me confondre, l'affirmation de cette thèse que l'Eglise d'une manière générale nej s'accommode que du gouvernement monarchique, en quoi consisterait seulement la solidarité théorique et dogmatique du trône et de l'autel. Dom Besse défend bien, avec la plupart des catholique» d'Action française, l'indissolubilité de cette union pour notre pays, ce que nous savions depuis longtemps; mais il ne défend rien déplus^; et c'est em

1. En cela il se peut qu'ils soient le jouet de l'illusion : je l'ignore et d'ailleurs, chi lo sa P Selon toute vraisemblance, à moins que quelque événement imprévu ne vienne trancher la difficulté, on dissertera sur ce sujet longtemps encore, sans espoir de se jamais convaincre d'un côté ou de l'autre. Du moins doit-on accorder que c est là un problème tout nouveau qui veut être discuté à part, qu'aussi bien j'ai soigneusement écarté de toute cette étude, qui devait l'être et que les catholiques ont toute liberté de discuter entre eux. « La souveraineté, dit Léon XIII, n'est en soi nécessairement liée à aucune forme politique; elle peut fort bien s'adapter à celle-ci ou à celle-là » : telle est la question de droit, la thèse incontestée et incontestable; mais voici maintenant l'hypothèse : « pourvu qu'elle soit de fait apte à l'utilité et au bien commun » : la question ici ne comporte pas de solution unique, elle variera selon les circonstances de temps et de lieu.

2. Et lorsque, dans une préface que cite Testis, il parle de la

ces termes qu'il conclut l'un de ses derniers ouvrages, Eglise et Monarchie : « l'Eglise est en monarchie... La France fut en monarchie dès l'origine. La monarchie politique et la monarchie religieuse de l'Eglise ont eu un développement parallèle. Leurs représentants et leurs ministres se sont prêté, durant les siècles, un concours très utile, malgré les inévitables conflits qui les ont fréquemment divisés. Le Roi et le pape eurent souvent des ennemis communs. Les gens de la Révolution les poursuivirent, à la fin, d'une haine égale. Rien ne fait mieux ressortir les nécessités de l'union du trône et de l'autel. C'EST LA FORME FRANÇAISE de l'union sincère de l'Eglise et de l'Etat < ».

Cette thèse est assurément discutable pour la France du xx« siècle; mais, si, comme il arrive en réalité, Dom Besse la réduit à ces termes, on ne voit pas au nom de quel argument théologique ou philosophique on devrait lui refuser, ainsi qu'aux membres de l'Action française, le droit de la tenir. C'est pourquoi je ne leur ai jamais fait un grief doctrinal de penser et de publier que le trône était « le seul moyen pratique de défendre l'autel ». Testis, après avoir cité cette conclusion, n'en écrit pas moins : «Je pourrais citer àM. Descoqs cent textes... où la solidarité théorique et pratique qu'il n'a entendu personne enseigner est cependant proclamée p/ertafote».Unpeu plus d'attention eût évité a

« notion du droit .. qui est monarchique, il n'a en vue que le droit français. Pour s'en rendre compte, il n'y a qu'à lire son texte en tête de l'ouvrage de M. Pariset sur la Monarchie, son droit, son programme,

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