Annales, août lyll, pp
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œu\>re de 71/. Maurras, nous ferons seulement à estis, en conclusion des considérations précéentes, ces deux seules remarques :
1° Nous lui concédons que l'acte de foi exige de >ute nécessité une coopération très active de lomme^ De plus dans l'adhésion à la vérité nous )mmes tout prêt à reconnaître une large place à ! volonté, voire même à Tâme tout entière, pourvu le cette influence demeure indirecte et que Tintel- ^ence reste la faculté qui seule perçoive, saisisse
vrai, bien loin qu'elle le fasse, elle ou tout autre, nfîn, comme nous le verrons bientôt, nous accor- )ns à Testis que, là où il s'agit entre hommes d'ac- ►rd sur le terrain pratique, un accord préalable ins les idées esttoujours nécessaire. Mais, — quoi
le Testis pense à part soi et que nous ne voulons
i. A ce que nous avons déjà dit sur les conditions requises ur poser un acte de foi, il ne sera pas inutile de joindre la narque suivante. Il ne saurait suffire de proposer à un adulte, elque solidement que ce soit, les preuves classiques qui étassent les fondements de la vraie religion, c'est-à-dire le fait la révélation divine dont Jésus-Christ a été le principal héraut dont TEglise reste l'organe autorisé, pour enlever à cet adulte ite autre alternative que celle de se convertir ou de persévérer ns son incrédulité soit par mauvaise foi soit par démence. Une le vue des choses est par trop simpliste. Tous les arguments our avoir prise sur le sujet requièrent dans le sujet une éduion intellectuelle et morale, antérieurement acquise ou supée en temps opportun )> (Le Bachelet, Dict. apolog.^ 1. 1, col. 226). première tâche de l'apologiste sera non seulement d'éloigner les tacles personnels, qui empêcheraient l'adhésion de la volonté, is aussi — car à notre époque, un problème se pose qui ne se ait guère du temps de saint Thomas, — d'écarter ces obstacles thodologiqnes ou théoriques qui supprimeraient jusqu'à la posilité même de la révélation et en nieraient les conditions nécesres. De là, cette pré-apologie sur laquelle doivent porter les j)rts des apologistes modernes et qui commence par établir les déments de la certitude, les vérités philosophiques essentielles.
S2 MONOPHORISME
pas approfondir, — nous n'admettrons jamais uni théorie de la connaissance qui nous ferait à u degré quelconque les arbitres de la vérité et noi i accordeiait de la mesurer en quelque manière notre aune; nous ne souscrirons jamais à une autc' nomie de la raison qui repousserait toute véril venue du dehors qu'elle ne trouverait pas en ell< 2^ Ceci posé, ou les critiques que nous fait Test supposent cesdonnées ou elles ne les supposent pa Si elles ne les supposent pas et donc dans l'espèc, si elles s'inspirent en réalité d'un immanentisn:! nettement condamné, nous leur reconnaissor: incontestablement un sens ; mais alors, en tant qt catholiques, nous ne saurions en avoir cure. Si elb. les supposent, nous ne pouvons plus leur recor naître la moindre signification : tout ce qu'elh nous reprochent de ne pas admettre, nous l'adme tons, tout ce qu'elles voudraient nous voir tenii nous le tenons.
Avant de poursuivre, résumons en deux mots < longdébat. Dans la discussion avec les incrédules c l'Action française, il a semblé à Testis que j'étais u monophoriste renforcé et que j'avais des conditioii requises pour l'acte de foi une conception extriii séciste absolument inadmissible. Celle-ci seul pouvait expliquer que je me fusse arrêté un instai! à la possibilité théorique d'une alliance avec detei mécréants; j'avais une notion de la croyance ideij tique à la leur, j'oubliais que l'ordre naturel ne i suffisait pas à lui-même dans l'état actuel de l'hr manité. Et telle était bien l'origine de !'« imbrogl doctrinal » dont Testis s'est épuisé en de longu»
oages à nous faire entrevoir quelques-unes des ( complications inextricables* ». Par malheur, nous /enons de le voir, il se trouve que les conditions :[\ie j'ai toujours assignées à l'acte de foi sont celles ie l'Eglise, il se trouve queTestis, s'il ne veut tomber dans une erreur condamnée et donner prise lui-même i des « ambiguïtés » doctrinales très graves dont on ne voit pas qu'il se pourrait tirer avec honneur, doit avouer qu'il combat une chimère et se forge des adversaires fictifs qui lui peuvent bien servir de cible commode pour mieux fixer ses traits, mieux faire ressortir ses théories, mais que la simple justice et une élémentaire acribie philosophique devait lui interdire d'attaquer; il se trouve enfin que j'affirme nettement la distinction, tout de même que l'intimité compénétrante, du naturel et du surnaturel et que si lui, Testis, développe celle-ci, il ne parait pas assez clairement sauver celle-là. Dès lors, de ses attaques, que reste-il?
l. Annales^ décembre 1910, pp. 270 sq. Je me garderai bien d'aborder la discussion détaillée de ces pages qu'il faut renoncer à qualifier. Testis y cherche à me mettre en contradiction avec moi-même, à me faire soutenir alternativement des thèses inconciliables et, comme il le dit, à suivre dans mon travail un jeu constant d'incohérences. Or ces prétendues incohérences ou bien n'existent que dans son esprit, ou résultent de « dénaturations consciencieuses » de ma pensée, par exemple quand il me fait dire (p. 273) que le christianisme ne fait que reprendre à son compte des vérités naturellement accessibles, alors que j'affirme en maint endroit le contraire ; ou ne sont que l'expression nullement contradictoire de deux aspects des rapports de la nature et de la grâce que l'on s'efforcerait en vain de vouloir enserrer dans une formule unique. Aussi bien Testis devait-il lui-même se perdre à ce jeu. Après un exposé foudroyant qui devait me convaincre de contradiction, sa conclusion était celle-ci : « et cependant toutes ces thèses ont un sens vrai » (p. 274). Cet aveu candide suffit à juger le réquisitoire.
11 reste, au dire de Teslis, qu*en dépit de nu affirmations orthodoxes, la thèse de Talliance tel quejel'auraisproposéel??), malgré toutes les réserva dont je l'accompagne, m'amène logiquement à C( conclusions monophoristes que je repousse : si ^ ne l'appuie pas explicitement sur ces principes qu je condamne énergiquement en théorie, je ne peu la maintenir qu'en y recourant en fait. La logiqu est plus forte que le bon vouloir; en dépit de me intentions et quoi que j'affirme sur la question doj matique, on peut dégager de mes conclusions tout une philosophie désastreuse. Et voici enfin apparai tre le grand argument qui doit m'accabler, et qui et le système de « l'alliance par les résultats bruts > Après ce long détour spéculatif, il nous faut l'exam ner de près; nous y retrouverons en plein notr sujet.
Le système de « ïalliance par les résultats bruts
Tout d'abord en quoi consiste ce système et qu signifie cette formule énigmatique? Essayons de M dire en aussi peu de mots que possible.
Fasciné par l'espoir de solutions concrètes et tan gibles, qui nous délivreraient du joug sous leque; nous périssons, imbu d'ailleurs de ce préjugé bar bare que la vérité peut s'imposer par la force, jrj chercherais un terrain d'entente avec des étrangerij à la foi, dans le but unique d'assurer la domînatioi brutale de l'Eglise sur les âmes, comme d'autreî
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exercent sur les corps. Ce terrain d'entente serait elui d'un ordre politique et social, conçu d'après es seules données de l'expérience, où l'autorité 'imposerait du dehors, violente et contraignante au sens physique), d'où l'idée chrétienne serait posiwemeni exclue. Or qui ne s'en tient qu'aux résultats )ruts, sans communion à une même idée, ne saurait prétendre au bénéfice d'une entente avec des )0sitivistes : Tidée ici, dès lors que nous vivons ians un ordre où, de fait, tout se termine pour les ndividus à la vision béatifique, l'idée est tout : ( pas de sociologie légitimement neutre, ni de phiosophie légitimement séparée... Pour être si peu 5ue ce soit d'accord avec des alliés athées sur un iyllabus d'ordre public et religieux, il faut qu'on les aborde du dehors, abstraction faite d'abord de ce qui est l'âme d'une àme, des croyances qui pénètrent et informent toute vie de croyant; il faut qu'on les tranche seulement par des résultats'... » Et dans la réalité, les résultats sur lesquels on va s'accorder sont reliés chez les croyants et les incroyants à des conceptions destinées à s'entredétruire. L'idée anti-chrétienne fait le fond du système politique de MM. Maurras et Cie, bien plus, leur but véritable, avoué, est d'organiser l'idée de Dieu, c'est-à-dire de « faire que l'idée de Dieu ne se transforme pas en une croyance qui soulève les âmes de terre » : ils ne se servent des catholiques que pour cela. Qui ne voit que cet esprit d'irréligion vicie tout le système et que les « résultats bruts » ne peuvent fournir une base d'entente, est évidemment