Annales, p
3urs alliés incroyants seront, un jour ou l'autre, ontraints ' de confesser la vérité chrétienne! Loin de méconnaître la vérité métaphysique, ces atholiques veulent en demeurer et en demeurent héoriquement et pratiquement les fermes défeneurs. Loin de nier que la cité doive être ordonnée n dernière analyse vers la conquête du ciel, qu'elle oit un moyen par rapport à une fin plus haute, ils 'affirment résolument, mais ils ne nient pas pour ela sa valeur propre et son indépendance relative^, ^arce que le système de M. Maurras manque de ce ;omplément nécessaire qui lui assure le pérennité,
1. « Contraints », cela va de soi, non par la force du glaive ou u bras séculier, comme on a eu l'audace de vouloir me le faire ire, mais par la seule force de la logique, de la vérité, par la écessité de n'être pas inconséquents avec eux-mêmes !
2. Terminant ses « dernières réflexions » dans les Annales de écembre 1910 (p. 281), Testis écrivait : « Il y a pour un homme ui pense et qui agit trois manières d'être incomplet ou « défilent » : par vide, par suffisance, par exclusion et négation. Tour
tour, M. D. raisonne comme si la déficience de M. Maurras et e ses amis était ou une simple lacune à combler ou une erreur dventice à redresser par addition. Mais il n'envisage guère ou )oint la troisième hypothèse, qui pourtant est la vraie, la seule raie : la négation expresse, l'exclusion formelle de tout l'ordre urnaturel et même de l'ordre métaphysique. Or cette façon d'être hcomplète est pour une doctrine l'erreur inexpiable, la fausseté adicale contre laquelle, avant tout, il faut lutter ». Je ne m'arêterai pas à réfuter une afîirmation qui a été longuement discuée au cours d'^ traders l'œui>re de M. Maurras^ ni à montrer à Nouveau que la doctrine politique de M. Maurras, quelles que ioient les théories métaphysiques auxquelles se tient personnelement cet écrivain, n'exclut en aucune manière Tordre surnaurel et métaphysique, mais au contraire lui laisse et prétend ui assurer toute liberté de s'afiirmer et de se répandre. Pour lier une telle évidence, il faut ou se fermer volontairement les y^eux à la lumière ou entretenir au sujet de l'autorité des équivoques à tout le moins suspectes, sur lesquelles nous aurons à revenir.
parce que Dieu ne se trouvant ni à la base ni a( sommet de l'édifice élevé par lui, cet édifice menac de s'effondrer quelque jour, il n'en reste pas moîn que l)eaucoup des pierres dont il est construit son bonnes et auront pu être dégagées de l'expérienc par la raison sans qu'il ait été besoin de poser II notion de Dieu comme principe logique de touti connaissance. De même que nous ne voulons pa identifier, comme l'ont fait Baïus et les Janséniste de Pistoie condamnés par Pie VI, l'ordre de la natur et celui de la grâce, ainsi nous ne voulons être n ontologistes, ni traditionnalistes^
Mais ce n'est là, paraît-il, éviter une erreur qu
1. Ne nous lassons pas de répéter que la vérité est une et qu'ell comprend un domaine également accessible au catholique et l'incrédule. Le premier le pénétrera mieux sans doute, mais parc que l'autre n'y poussera pas si avant et n'en saisira pas autan d'aspects, ce qu'il en connaîtra, pour être plus fragmentaire, n'ei sera pas moins vrai. Nous ne connaissons le tout de rien, il n faut pas en conclure que nous ne connaissons rien du tout. E prétendre que nous ne pouvons rien avancer ni construire, s nous ne faisons appel explicitement à Dieu, comme le suppos l'objection présente, — à supposer toutefois qu'on lui doive don ner un sens, — c'est nous ramener à l'erreur des traditionnaliste et des ontologistes tout ensemble. Dieu est le principe et la fii de tout dans l'ordre de l'être et rien n'est que par lui et pour lui Mais dans l'ordre logique, s'il est bien le terme suprême de tout( connaissance, il n'en est ni l'objet premier ni le principe premier La raison peut, sans l'avouer ni le reconnaître, parfois même er le niant, atteindre avec certitude tout un ensemble de vérités qu: ne se tranformeront pas en erreurs le jour où elle en découvrira le fondement ultime. Parle-t-on de l'ordre social et moral, le question est plus délicate, mais la règle demeure. Qui nierail Dieu rendrait en fait cet ordre précaire et impossible, il lui enlèverait toute stabilité, mais il en pourra esquisser certaines lignes générales, en découvrir les cadres et les principaux éléments sans avoir à redouter de se trouver nécessairement en contradiction avec ceux qui, poussant plus outre, sauront orienter l'activité humaine vers une fin plus haute.
30ur tomber dans une autre : « Vous pensez que Ten bas on peut retrouver ce qui est nécessaire à la stabilité sociale, que l'on peut découvrir comme oaturelles les données qu'à un autre point de vue Irons appelez surnaturelles : vous êtes des immaaentistes, des intrinsécistes, des naturistes^ ». — îPauvres catholiques qui, se fiant à la parole de TApôtre, croyaient candidement que de la contemplation des choses de la terre, — ici de l'ordre Social, — ils pouvaient remonter jusqu'au Créateur : învisibilia enim ipsius a creatura mundl per ea quœ facta sunt^ inteUecta conspiciuntur (Rom., i, 20) ; qui espéraient, après avoir montré à des incroyants une voie toute rationnelle susceptible de les kmener à connaître l'existence de Dieu, préparer ainsi le terrain à l'action de la grâce et les disposer à recevoir le divin message, à atteindre leur Souvrerain Seigneur par les yeux de la foi! Combien décevante leur confiance dans les Conciles de Trente et du Vatican ^ !
L'accusation d'intrinsécisme ne laissant pas de