‹ Monophorisme et Action françaiseChapitre 33 sur 64 · Chronique de la Presse, 21 août 1910, p · texte numérisé non relu

Chronique de la Presse, 21 août 1910, p

l. Maurras, par ses déclarations du Dilemme et un rand nombre d'actes postérieurs, semble tout prêt faire sienne cette grande vérité que Pie X a rapelée solennellement dans sa lettre sur le Sillon : On n'édifiera pas la société, si TEglise n'en jette les ases et n'en dirige les travaux. Non, la civilisation 'est plus à inventer, ni la cité nouvelle à bâtir dans ^8 nuées. Elle a été, elle est; c'est la civilisation hrétienne, c'est la cité catholique ». D'autre part

n'apparaît pas que ses alliés catholiques aient i prétention de vouloir mettre leur catholicisme t l'Eglise au service d'ambitions purement poliques et sociales et de subordonner leur foi à es intérêts purement temporels; ils se contenant de penser, à la suite des plus grands écoomistes et avec Pie X, que « l'action sociale, our être sérieuse et féconde, doit bénéficier de Eglise^ ». La religion garde pour eux son caractère

anscendant; la plupart n'acceptent le concours 'incrédules que pour instaurer Tordre social hrétien et lui permettre de s'épanouir en toute berté. Dans ces conditions, tout en déplorant ue les membres incroyants de l'Action française 'aient pas pris soin d'étudier les fondements philo- Dphiques de leur programme, je ne me suis pas ru le droit de leur refuser le mérite d'idées saines t de condamner en bloc, sans distinction, tous ceux 'entre les catholiques qui les accepteraient 2.

1. Tout rapprochement sur ce point entre les catholiques d'Acon française et les catholiques condamnés du Sillon me sem- |.e dépourvu de fondement, n'y ayant rien de commun entre les Lits différents qu'ils se proposent.

2. Testis a-t-il d'ailleurs pris garde aux conséquences de sa léorie ? Après s'être fait, au cours de ses articles, le champion

Reste un dernier argument. C'est « à ce qui m pas l'esprit catholique» que vont en fait toutes h sympathies des hommes qui font alliance avec 5 Maurras. Preuves : a] leurs sévérités pourtous lesc tholiques mystiques, démocrates, sociaux; b) lei enthousiasme pour la théorie de l'autorité selo M. Maurras.

Je ne partage pas le scandale de Testis. Déjà le. Annales^ ne pouvaient comprendre les compta sances de telle ou telle revue acharnée conti toutes les formes de modernisme, pour des hon; mes qui soutiennent des thèses « aussi radical(| ment antireligieuses, aussi antichrétiennes qu celles que nous trouvons sous la plume de M. Mau! ras ou de tel de ses disciples », et elles s'indi gnaient de ces indulgences à côté de ces sévéritéî — Mais le danger est-il donc le même, pour de! catholiques convaincus, de fréquenter des hommes qui peuvent tenir à part soi, en se gardant de toi prosélytisme, des principes faux sans doute, mai toujours aisément discernables 2; ou des hommej

presque fanatique de la liberté et de l'indépendance vis-à-vi de l'autorité religieuse, voici que dans les relations d'ordre es clusivement politique, il met en avant l'élément surnaturel. Mai alors l'autorité religieuse y a droit d'intervention immédiate, nous retournons à la théorie du pouvoir direct ! A moins ceper dant que ïestis ne soustraie au domaine de l'autorité religieus quelque province du surnaturel, à moins qu'à son tour il ne sépai radicalement, et cette fois en réalité delà manière la plus illégii time, théorie et pratique? Tout est possible.

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