‹ Monophorisme et Action françaiseChapitre 39 sur 64 · Ibid., t. 159% pp · texte numérisé non relu

Ibid., t. 159% pp

no MONOPHORISME

que YEcclesia docens lui semble empiéter indûmei^ sur les droits de YEcclesia discens.

Nous n'avons pas à apprécier ici ces disposition; Il nous sufïit qu'à travers le voile des idées gène raies et des assertions partiellement justes, le bu je ne dis pas visé, mais certainement atteint pf^ l'auteur, se puisse nettement définir. Or aucun doul n'est permis à cet égard : ce qu'il bat en brèche malgré qu'il en ait, ce sont toutes les directionj pontificales politiques, sociales, théologiques, exé| gétiques... ; ce qu'inconsciemment, je le veux, maii d'une manière trop efficace, il mine de fond ej comble, c'est le principe d'autorité. Il est à regret ter qu'un philosophe de son mérite se soit égarj ainsi et ait, en fin de compte, en dépit des meil, leures intentions, rendu un si détestable service .j sa propre cause, à celle de l'Eglise et à celle de ce( catholiques sociaux qu'il a voulu défendre, qu'il n'q fait que compromettre.

La réponse précédente serait incomplète si elLi devait se borner à ces pénibles constatations. k\\ fond de ces attaques provoquées par le mouvemen j néo-monarchiste et dont je me trouve par pur acci-| dantle bouc émissaire, je n'ai pas relevé seulemeni| une sourde colère contre toute incursion de l'autorité religieuse, mais encore des déclarations qui semblaient devoir dénaturer des doctrines certainegi de l'Eglise sur les rapports de la nature et de la| grâce et prêter le flanc à des accusations d'immanentisme intempérant, malgré les plus louables

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rotestations d'orthodoxie. Il reste à voir si ces inices alarmants ne sont pas les symptômes d'autres •reurs non plus seulement redoutables pour la vie )irituelle des individus, mais encore pour celle des .ciétés et si, outre les périls déjà signalés, la camigne menée par les Annales contre M. Maurras aurait pas cet autre effet de fausser, voire même e nier sur quelques points essentiels les droits de Eglise comme société, si, àparlerfranc, les Annales 'en veulent pas à M. Maurras presque autant pour ï qu'il a dit de bon et de juste que pour ce qu'il a crit de mauvais et d'impie.

L'une des raisons en efTet pour lesquelles Testis stimait incompatible avec la dignité de la foi

l'accord sur les résultats » entre néo-monarchistes t catholiques était celle-ci : les uns et les autres e rencontrent non « sur les points qui comportent neinterprétationintrinsèquementfavorable>.,mais ur le point où M. Maurras et ses amis sont résoiiment fermés, systématiquement intraitables, absraction faite du dedans de leur pensée. Et ce point, 'est leur thèse de l'autorité : « Ce qui apparaît omme la raison formelle de l'alliance, c'est le desein de procéder du dehors ; de traiter les hommes ,t les sociétés de haut en bas ; c'est l'espoir de mater es âmes, pendant que d'autres materont les corps (t les intelligences et gagneront peut-être à cette )esogne d'avoir part au « bénéfice » sans être « con- :raints » ni trop inquiétés pour leur athéisme... Pré- ;endre communier « dans un esprit tout différent », décidément c'est éliminer l'esprit; oui c'est pécher à mort contre l'esprit; c'est, en dernière analyse, se rencontrer sur cette unique proposition :

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« on peut imposer la vérité de force. Je ne crain « pas de dire que, pour un esprit libre et un bo « esprit; voilà l'espoir le plus sacré » (Action Fram çûise, t. V, p. 296) \

Nous sommes renseignés sur cette union dans u] esprit tout différent et savons comment elle serai impossible en eff'et si l'esprit était en tout différent Mais nous consentons très volontiers que la thés, de l'autorité, si elle n'est pas tout à fait « l'axe autou duquel tout gravite comme dans la sphère que nou décrit Platon au Timée et qui n'a ni pieds, ni main ni appétit pour rien d'extérieur à elle », constitui une pièce essentielle du système. Seulement cett< thèse nous prétendons que catholiques et néomonarchistes ne l'entendent pas de façon contradictoire, encore que l'explication dernière qu'ils er* donnent présente des différences, et nous voudrioni que sur l'objet et les limites de l'autorité, comme sur les rapports de l'autorité civile et de l'autorité, religieuse, Testis et ses amis adoptent des position^! moins branlantes. En être encore aux idées chères à toute l'école libérale qui refuse à l'Kglise le droil de coercition matérielle, le droit de réclamer de l'Etat l'assistance de son bras; en être encore à 1 thèse de l'Eglise libre dans l'Etat libre et ne considérer pas comme chrétiens ceux qui la repoussent voilà de quoi rassurer en face des attaques dirigées au nom de tels principes, mais voilà aussi de quoi faire craindre pour l'orthodoxie de ceux qui y, recourent!

Chez Testis déjà cette tendance apparaissait en

1. Annale9...,âéc. 1910, pp. 279-281. Nous reviendrons plus bas sur ce texte.

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aints endroits de son travail sur la Semaine sociale î Bordeaux et surtout dans ses remarques sur la ponse que j'avais envoyée aux Annales. Pour ne ter qu'un exemple, dans son dernier article de îcembre 1910, il repoussait toute espèce de recours TEtat pour protéger l'Eglise : « Les catholiques soaux veulent fortifier le squelette et les muscles et 5 comptent sur la sève divine. Ici, on compte sur ippui extérieur d'une force physique : pour cette che, ce n'est pas trop du concours des deux pou- )irs. D'où encore cette conséquence : TEglise ne se ifFit pas pour sa propre tâche. Il lui faut le secours a bras séculier; d'où enfin, sinon en droit, du Loins en fait, nécessité de recourir aux grands et jx puissants de ce monde, de compter sur le trône bur protéger l'autel; on croit qu'on se fortifie spituellement en ayant des maréchaux de logis fourers à son service... » L'intention est manifeste. Mais ce n'étaient là que des escarmouches. M. Laerthonnière ayant assumé la responsabilité de évelopper longuement cette thèse dans son livre ^ositwisme et Catholicisme , nous abandonnerons ci Testis pour interroger dorénavant son collaboateur et montrer par ce nouvel exemple en quel redit doit être tenue l'école des Annales!

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