‹ Monophorisme et Action françaiseChapitre 41 sur 64 · RAPPORTS DE LÉGLÏSE AVEC L'ÉTAT · texte numérisé non relu

RAPPORTS DE LÉGLÏSE AVEC L'ÉTAT

Sans doute à vouloir presser le fusion intime du aturelet du surnaturel prônée parTestis,on aurait :é tenté de conclure que la société civile, comme il temps des Empereurs, ne devait pas se distinguer e la société religieuse : les exigences foncières de L nature humaine, les appels au divin de Tâme dlée, l'impossibilité de s'arrêter à quelque chose e terrestre semblaient l'exiger, à peine d'élever ntre la nature et la grâce une barrière rigide que on s'épuisait à déclarer intolérable. Vaine illusion ! i d'une part le système aboutit à refuser tout jioyen de coercition à un pouvoir d'ordre éminemment spirituel, de l'autre les violents remous de la kssion brutale ne sont-ils pas toujours à redouter? lour avoir des vues très hautes sur l'humanité, on e supprime pas sa faiblesse, et quel autre procédé pivre pour enrayer les débordements de la nature Drrompiie que de la soumettre au régime de la 'ainte? La coercition matérielle est une nécessité; lais l'autorité spirituelle, à qui ne saurait convenir tue la persuasion et la douceur, répugnant à s'en larger, on en confiera l'exercice à une autorité 'istincte dont le propre sera de maintenir par des loyens extérieurs un ordre tout extérieur. Le prinpe d'intériorité n'en abdiquera pas pour autant îs droits : par un renversement des positions inatndu mais obligé, on dressera une cloison étanche itre les deux pouvoirs spirituel et temporel, on éparera l'Eglise de l'Etat, on lui interdira de mais recourir aux puissances de ce monde, et, orès avoir vu Testis accorder à l'élément indiviiuel, à la spontanéité personnelle dans la vie reliieuse et morale une part singulièrement envahis-

santé, nous verrons M. Laberthonnière, au nom d ce même principe, dénier à l'Eglise tout pouvo: coercitif temporel, tout droit à requérir la force d l'Etat pour se défendre; nous verrons enfin qu'e refusant cette intime collaboration de TEtat et d l'Eglise qui met la force des lois humaines au servie j de la vraie religion, les Annales sont logiquemei amenées à ne pas vouloir de religion d'Etat, d'à liance effective et exclusive de l'Etat avec la seu! véritable Eglise.

Mais j'entends le lecteur me demander une fo: encore comment ces délicats et subtils problème ont bien pu être soulevés à l'occasion de l'Actid française. — La réponse est aisée. M. Laberthonnièi a compris, non sans quelque raison, que la solutio apportée par moi au cas Maurras s'inspirait d'un théorie qui ne s'effraierait pas de faire bénéficie^ l'Eglise des faveurs et des secours de l'Etat et qi mettrait sans effroi au service de la vraie religio l'appui de la force, pourvu que celui-ci s'offrît elle avec des garanties qui missent sa doctrine et S6 droits à l'abri de toute atteinte. Professant en < point une doctrine formellement contraire, il s devait de faire porter l'attaque avant tout sur cet question de fond. En être encore sur ce point au théories du Moyen Age, constitue un archaïsn: qui le fait bondir : Tusure des siècles a pour toii jours détruit l'ordre de choses établi sur ces prii cipes et il y a mieux à faire que de vouloir restaun les ruines des époques barbares !... De là les effor de M. Laberthonnière pour anéantir les dernière traces d*une mentalité qu'il juge inférieure : avec 1 temps l'esprit se libère, la religion s'épure et s'idé^r

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ise, elle ne connaît plus les moyens temporels, Tasdstance du bras séculier, elle ne s'impose plus îomme institution d'Etat... Et delà aussi, par voie lîe conséquence logique, ses emportements contre :out ce qui, de près ou de loin, rappellerait une issistance temporelle prêtée à l'Eglise de quelque 3Ôté que ce soit, telle entre autres une entente, des (c rencontres » avec des mécréants pour tenter le reconquérir une situation privilégiée à laquelle lie aurait un pseudo-droit...

La question étant ainsi posée, nous présenterons tout d'abord le système de M. Laberthonnière sur les rapports de l'Eglise et de l'Etat, en même temps que les accusations élevées par lui contre ceux qui veulent s'en tenir à l'enseignement traditionnel des docteurs catholiques (I); nous rappellerons ensuite les quelques points essentiels de la doctrine de l'Eglise qui dominent la question (II) et nous montrerons enfin quelles erreurs de principes et défaits implique le procès que l'auteur de Positwisme et catholicisme s'est avisé de nous intenter (III et IV).

Le libéralisme de M. Laberthonnière

Après une série de chicanes indignes de nous retenir ici, le directeur des Annales termine la première partie de son ouvrage en m'exhortant à me

délivrer de deux chimères dont je serais hanté ^ « la chimère d'un ordre établi régnant dans lî monde et la chimère d'une église triomphant dan la société ».

La première est un « rêve niais de positivistes qu voudraient fixer les choses du temps et les amené à se suffire pour être afin de se suffire avec elles >; Autant que la pensée de M. Laberthonnière se peu dégager de ce texte sybillin et du commentaire plu! obscur encore qui l'accompagne, le « rêve niais en question consiste à croire à Texistence de loîi sociales et politiques et à en tenir compte. On comj prend que je ne me laisse pas émouvoir par c, reproche.

Et quant à la valeur des arguments employés par M. Laber thonnière, on en jugera par cet exemple : « Gomment nous par lez-vous d'ordre régnant? Il ne s'agit toujours pour nous quj de l'ordre à faire régner, un ordre où, au lieu d'être ce que non sommes, nous serons ce que nous devons être. Le monde, notr' monde est dans l'enfantement, comme dit saint Paul. Et il n vaut, et il n'a raison d*être, et il ne tient que parce qu'il doi enfanter )>. — Ou cette dernière phrase, après tout ce qui la pré cède ne signifie rien, ou elle veut dire que S. Paul assigne ai développement de la vie sociale chrétienne une loi placée dan l'avenir, toujours en formation, jamais définie et que l'Apôtre de Gentils est un positiviste évolutionniste avant la lettre. Mais pas sons, et demandons plutôt à M. Laberthonnière quel mystèr d'iniquité cache pour lui cet « ordre régnant » qu'il oppose i « Tordre à faire régner », et avant cela même, ce qu'il entend pa « ordre régnant ». Nous aussi nous parlons d'un ordre social, noi pas établi, hélas! mais à établir, à faire régner, à restaurer; d'ui ordre que nous croyons qui peut être établi et restauré, d'un ordr. que la raison, éclairée par l'expérience et l'histoire, peut déter miner, définir et dans lequel l'homme doit trouver non seulemen la sécurité et la prospérité temporelle, mais encore, médiatement au moins, une plus grande facilité pour faire son salut. Ce

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