P. lCO
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•dre comporte avec les pays, les races, les époques des modatés indéfinies; mais dans son fond, dans ses parties essentielles, 5t ordre social chrétien, qui a régné et que nous voudrions voir •gner à nouveau — sous une forme, bien entendu, adaptée aux agences légitimes de la civilisation actuelle — comprend des éments qui ne varient pas et doivent être fixes, constants, comme i nature même et Dieu son auteur; il suppose l'existence et la .abilité des lois sociales et politiques; il suppose que toutes les istitutions ne permettent pas indifféremment aux hommes 3nscients d'eux-mêmes et de leur destinée « de travailler à Dnquérir leur propre bien », qu'il y en a de bonnes et de mauvai- 3s au regard des principes qui les fondent, sans parler des indiidus qui les appliquent. Va-t-on nier ces vérités essentielles ? a-t-on, contre l'évidence et pour les besoins de cette mauvaise ause, nous faire représenter ces lois et ces institutions comme e comportant pas selon les circonstances une très grande variété 'applications? ou enfin, ce qui serait plus extraordinaire encore, eut-on insinuer que la règle de ses efforts, les principes d'après 3squels il devra organiser la société, l'homme est condamné à 3S ignorer toujours? — « Le monde, affirme M. Laberthonnière, lOtre monde est dans l'enfantement, comme dit S. Paul. Et il ne aut... que parce qu'il doit enfanter ». Par malheur, S. Paul ne lit rien de ce qu'on lui voudrait faire dire ici et d^nsV Epître aux iomains (VIII, 22), à laquelle cette phrase fait allusion, l'Apôtre ignifie toute autre chose : « la création, ecrit-il, attend avec un irdent désir la manifestation des enfants de Dieu. La création, en :ffet, a été assujettie à la vanité avec l'espérance qu'elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption pour avoir part à a liberté glorieuse des enfants de Dieu. Car nous savons que, jusqu'à ce jour, la création tout entière gémit et souffre les douleurs le l'enfantement : oiSc/.^azv yocp oxi Tiâcra h -^TtVt; au7T£vaÇet xaè auvwlivzL cÂypt roù vûv ». Pour marquer plus vivement la douleur de la nature matérielle associée malgré elle à la déchéance de la race humaine et asservie à un maître qui la profane et la prostitue, S. Paul en appelle aux souffrances qu'endure une femme entravait ; mais ce n'est qu'une comparaison. Quant à faire enfanter au monde un ordre de vie, dont la règle précise resterait toujours là trouver, règle sans fixité et toute relative, règle en continuel devenir et soumise à la loi de l'évolution, comme l'insinue tout le développement de M. Laberthonnière, il faut pour prêter à l'apôtre des nations un « rêve » aussi « niais », une intrépidité peu commune. En dépit de tous les efforts et de toutes les sollicitations de texte, on ne fera jamais dire à S. Paul qu'il n'y a pas de lois sociales et politiques.
La seconde chimère dont je devrais chasser fantasme obsédant, mérite un peu plus d'attentio Ecoutons M. Laberthonnière :
« Et en conséquence, comment aussi nous parle vous du triomphe de l'Eglise dans la société ? Ce là cette fois un rêve puéril de millénaristes se ù\ sant croire que le Fils de Dieu est venu en ce mon< pour mettre à leur disposition les biens mêmes < ce monde et leur permettre d'en jouir. L'Egli n'est pas et ne sera jamais triomphante dans société. Son triomphe est ailleurs et plus hau dans les âmes et pour l'éternité. Dans la socié elle est militante. Serait-ce donc une nouveauté c le dire ? Et elle y sera militante tant que le monc sera le monde, c'est-à-dire le lieu du devenir et c l'enfantement.. . Et de ce point de vue, aperceve, vous enfin ce que serait une alliance avec les ur pour triompher des autres? Ne serait-ce pas l'Eglis se faisant terrestre, de céleste qu'elle est par so origine et par sa destinée ? Se faisant parti, pai tielle et partiale, d'universelle et de catholiqu que Dieu a voulu qu'elle fût pour être l'organe d salut du monde sans acception de personne ? Et i son rôle est de ne s'allier avec personne, c'est parc que son rôle est d'être à tous. Quand donc, sou prétexte de la solidifier, de lui donner du corpj de la rendre forte, vous entreprenez de la pose d'abord comme un droit analogue au droit de légistes que M. Maurras se vante d'admirer en ell^ et qui est la seule chose qu'il en veuille retenir, n comprenez-vous pas que vous la rapetissez et qu vous la rendez vulnérable à tous les coups ? car c< n'est là qu'une solidité d'empire terrestre, un<
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solidité bâtie sur le sable à la merci des accidents de ce monde. Si elle aussi a besoin de la force, au sens matériel, pour faire son œuvre, toute force plus forte qu'elle lui sera un obstacle insurmontable. Et elle est vaincue d'avance ^ ».
Sans se laisser arrêter par l'équivoque facile, Imais un peu massive, qui permet à M. Laberthonnière de repousser « le triomphe de TEglise dans la Société » parce que l'Eglise ne sera « triomphante » qu'au ciel, on ne peut manquer de trouver ce langage quelque peu stupéfiant. Serait-ce donc vraiment une chimère, une hantise dont il faille se « délivrer » que de chercher à faire pénétrer les maximes chrétiennes dans les institutions, dans les lois, dans la société, puisque le triomphe dont il est ici question n'a jamais signifié autre chose? Serait-ce une chimère que de revendiquer pour TEglise le droit exclusif d'être religion d'Etat, d'être seule reconnue par lui, défendue par lui, fûtce par la force, et de recevoir de lui, dans la sphère de ses intérêts propres, aide etprotection ? Le texte, tout à l'heure obscur, ne laisse malheureusement ici place à aucun doute: tout cela est relégué par le secrétaire des Annales dans le domaine du rêve, tout cela est abandonné aux millénaristes et, pour que nul ne s'y méprenne, il nous renvoie à un pré- I cèdent travail, publié dans sa Revue en février 1907, i sur l'Eglise et VEtat, qui, d'ailleurs, produisit, en ! son temps, un vif émoi dans le monde des cano- ! nistes. Aussi bien les documents qui nous manifes- I tent sa pensée abondent : outre les articles des