Positivisme et catholicisme, p
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^*Etat n'est pas chargé, il ne saurait être chargé de léfendre par la force des formules si pleines de mérité qu'on les suppose, parce que la vérité ne se léfend pas plus par la force, qu'elle ne se commulique par la force ^ ». Et s'il est vrai que ceux qui rouvernent sont obligés de pratiquer l'esprit chré- ;ien, ce ne sera que par la foi au Christ, dans la mesure où elle est chez eux personnelle et vivante : i3n ne peut rien espérer d'eux pour le progrès de la religion que par « le respect du droit des conscien- 3es » ; les contraintes ne sauraientêtre que funestes. — Quant à TEglise, pour se défendre, comme pour s'accroître, elle ne peut sans manquer à sa mission divine recourir à des moyens qui n'ont pas été ceux du Christ etqui contredisentabsolument son esprit, lelle ne connaît d'autres armes que les armes spirituelles qui sont avant tout la charité et la prière. « L'idéal moral et religieux dont la caractéristique essentielle est de se faire réaliser en se faisant vouloir et en se faisant aimer et qui du reste ne se réalise qu'autant qu'il est voulu et qu'il est aimé pour luimême 2 », ne saurait en admettre d'autres. L'Eglise
1. Positif^ismc et catholicisme, -p. 318. Un panégyriste de M. Laberthonnière, M. Imbart de la Tour, dans une lettre envoyée aux Etudes développe longuement la même pensée: « la fin de l'Etat ne peut être qu'utilitaire, il n'a point pour mission d'établir la vérité, mais la justice » [comme s'il y avait une justice en dehors de la vérité]... etc. (20 décembre 1911, p. 866).
2. Ibid., 283. Cette théorie est d'ailleurs chère blu^ Annales. En septembre et octobre 1909, elles ont publié deux articles de M. Jordan sur la Responsabilité de l'Eglise dans la répression de Vhérésie au Moyen A^e. L'auteur, entre autres choses y déclarait odieuse la doctrine de S. Thomas sur la répression de l'hérésie telle qu'elle est exposée dans la Somme théologique, 2. 2", q. H, a. 3. Or cette doctrine, commune parmi les théologiens anciens et que détiennent encore un certain nombre de modernes, est celle
n'a pasle droit de recouriràla violence physiquepou i obtenir la conversion d'un incrédule, ce qui va d soi ; mais, à entendre M. Laberthonnière, elle n'a pa j non plus le droit d'exercer aucune contrainte et coac tion physiques, soit directement soit indirectemen pour quelque motif que ce soit, ni donc le droit di recourir au bras séculier dans les cas d'hérésie, etc Un dernier trait nous fixera sur les opinions dt M. Laberthonnière. Parlant du laïclsme qui « entre! prend maintenant d'administrer l'irréligion », tanj dis qu'autrefois le Gallicanisme entre^rerid^X. « d'administrer la religion », — la formule est assez heui reuse, — il écrit cette page qui va nous donner lu mesure de sa pensée: « Cette entreprise parlaquelL on se propose d'éliminer les croyances religieuses^ comme d'autre part on se proposait d'éliminer l'hél résie et l'incrédulité, pour être contraire à la précéi dente, n'en est pas moins de même nature. Et dii reste elle n'a pas seulement recours aux mêmes pro cédés, elle a aussi recours au même sophisme pou( dissimuler le vice qui le caractérise. On continu» toujours en effet de s'abriter sous ces beaux prin cipes : que l'erreur n'a pas de droit, qu'elle doit êtr<! combattue et repoussée et que l'unité morale es! ridéal à réaliser ». — « Ces beaux principes ! » Avaai d'entendre la suite, ne doit-on pas demander M. Laberthonnière s'il les admet, oui ou non et sîîi comme il semble bien, à le lire, ce qu'il appelle Li
qui reconnaît à l'Eglise le droit de glaive. Gomme nous le ver rons plus bas, tout en restant probable, cette même doctrine es^ loin d'être universellement reçue et on peut la rejeter sans téméi rite aucune. Mais de là à conclure que l'Eglise n'ait aucun droi de coercition physique et qu'elle ne puisse dans la répression dv l'hérésie recourir au bras séculier, il y a un abîme.
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oit des consciences vaut quelque chose à ses yeux dehors du droit de la vérité? Selon lui, l'erreur i Gallicanisme consisterait-elle donc à les adopr ? et si M. Laberthonnière les accepte, en dépit 5S apparences contraires, oui ou non, accorde-t-il l'il faille s'en inspirer et les faire passer dans la •atique ?
M. Laberthonnière continue :
« Mais ce n'est pas la question. La question c'est ; savoir comment, étant donné ce qu'est l'erreur, convient de la combattre, et comment, étantdonné que sont les éléments qui doivent s'unir, il conçut de travailler à cette union. L'erreur, quoi que soit qu'on désigne par ce nom, ne s'extirpe pas mime une verrue par une amputation chirurgicale : l'union morale, ainsi que le mot même l'indique, iî s'établit pas comme on bâtit une maison et en iillant les individus comme on taille des pierres ^ ». Nous ignorons si quelque auteur sensé a jamais fîrit que la force suffisait, à elle seule, à engenrer la conviction, ou à en faire changer à queli'un, et nous serions heureux de connaître ceux li soutiennent de pareilles aberrations. Mais parce le la contrainte extérieure n'a pas d'efficacité ^médiate sur les consciences et, de ce chef, lî meut dans des limites très étroites, ne peutle pas, sagement appliquée, empêcher le mal de b répandre et d'exercer ses ravages au dehors ? et fia ne suffit-il pas à la justifier? Parce que les cir- ^nstances nepermettentpas actuellement de reveniquer pour l'Eglisç une situation privilégiée dans