‹ Monophorisme et Action françaiseChapitre 53 sur 64 · Bulletin de la Semaine^ Va jtiillet 1911, p · texte numérisé non relu

Bulletin de la Semaine^ Va jtiillet 1911, p

RAPPORTS DE l'ÉGLISE AVEC l'ÉTAT 145

)as du culte, c'est de réprimer Terreur, au lieu de éformer et de convertir [comme si l'un empêchait 'autre !]. Toute protection de la doctrine et de la foi >ar l'Etat est funeste et pernicieuse : l'union du pirituel et du temporel, des Etats et de l'Eglise n*a u que de détestables résultats et leur séparation emble un fait irrévocable, mieux une glorieuse onquéte des temps modernes : « Comme toujours, 'est en revenant à ses origines que l'Eglise retrouve a voie. Que César reprenne et ne lui rende plus ces rmes tentatrices qu'il avait mises entre ses mains, la vertu divine de la Croix lui suffit^ ». — C'est, on e voit, toujours la même pensée et le lecteur est naintenant trop édifié sur les idées de M. Laberhonnière pour qu*il y ait lieu d'insister.

Je n'ignore pas que M. Laberthonnière croit évier toute censure en alléguant pour sa théorie une radition constante dans l'Eglise depuis les preliers siècles : Lacordaire, Montalembert, Dupan- 3up en sont les plus illustres représentants au IX* siècle et, avant eux, Bossuet, — oui Bossuet! — L François de Sales et S. Ambroise lui rendent un

1. Nous serions fort surpris que M. Laberthonnière n'ait pas té un peu gêné par des élog-es et des commentaires aussi comromettants. Ceux-ci voulaient être une réclame, ils n'ont eu 'autre résultat que de faire ressortir la témérité de ses posions théologiques. Aussi bien M. de la Brière, dans les Etudes u 5 octobre et du 20 décembre 1911, a montré péremptoirement sur incompatibilité avec la doctrine catholique. Il ne s'en prend,

est vrai, dans l'espèce qu'à M. Imbart de la Tour; mais celuii n'ayant fait que traduire en formules claires et accessibles au rand public le contenu de Positwisme et catholicisme, toutes es critiques retombent directement sur M. Laberthonnière. Nous e saurions trop conseiller la lecture de ce travail magistral, uquel d'ailleurs nous avons beaucoup emprunté.

146 M0N0PH0R18MK

témoignage non moins éclatant *. — Mais que M. La ; berthonnière ait osé produire en sa faveur de tellee autorités, c'est ce qui surprendra plus encore peut être que la thèse même qu'il défend.

A Tépoque patristique tout au plus peut-on invoquer le témoignage de S. Martin : encore celui-ci n'est-il pas concluant; et du doux S. François de Sales, rien à dire, si ce n'est que sa vie offre de nombreux exemples de recours au bras séculier^. — Quant à Bossuet, comment a-t-il pu être transformé] en ennemi de la force, en parangon de douceur, luij le tenant rigide de la religion d'Etat, lui non pas, rinspirateur, comme le dit Lamartine, de la révoca-, tion de l'édit de Nantes, mais son admirateur et) panégyriste?... C'est là un phénomène qui mérite de nous arrêter un instant.

Pour avancer pareil paradoxe, il a suffi à M. Laberthonnière d'un tout petit passage de la Politique tirée de V Ecriture Sainte. Bossuet y cite ces paroles de S. Ambroise en réponse aux brutalités de Justine, mère de Valentinien H : « J'ai une défense, mais dans les prières des pauvres : ces aveugles et ces boiteux, ces estropiés et ces vieillards sont plus forts que les soldats les plus courageux », et il poursuit : « voilà les forces d'un évêque, voilà son \ armée. Il avait encore d'autres armes, la patience et I les prières qu'il faisait à Dieu. Puisqu'on appelle cela une tyrannie, j'ai des armes, disait-il, j'ai le pouvoir d'offrir mon corps en sacrifice. Nous avons notre tyrannie et notre puissance. La puissance d'un

Page 1