‹ Monophorisme et Action françaiseChapitre 54 sur 64 · Positlvisi/ie et catholicisme^ pp · texte numérisé non relu

Positlvisi/ie et catholicisme^ pp

2. Y. de la Brière, Etudes^ 5oct. 1911, pp. 136-137; 20 décembre, pp. 880-881.

RAPPORTS DE l'ÉGLISE AVEC LETAT 147

îvêque est sa faiblesse. Je suis fort quand je suis "aible, disait S. PauP ».

SiM.Laberthonnière s'était donné la peine de lire e contexte*^, il se serait évité certainement le ridicule de faire, en faveur de sa thèse, cet appel à Bos- >uet. Celui-ci invoque S. Ambroise et le commente, aon pas pour refuser à l'Eglise le droit de recourir i la force du pouvoir quand elle en aura besoin, nais pour interdire toute résistance à l'autorité égîtime, fût-elle représentée par le plus abomina- )le tyran : « les sujets n'ont à opposer à la violence les princes que des remontrances respectueuses, ans mutinerie et sans murmure et des prières pour ^ur conversion^ ». Or c'est là, si je ne m'abuse, une

1. Politique tirée de V Ecriture Sainte, 1. VI, art. 2*', 6'' pi'oposi-

2. En outre de l'erreur énorme où il tombe, ce qui incline encore l'iement à croire qu'il ne connaî^ pas le contexte, c'est qu'à la

âge 322 de son livre, il nous donne du passage de Bossuet cité ar lui une référence inintelligible. Cela sans doute « explique » erreur de M. Laberthonnièrc : mais (( expliquer n'est pas absoue », comme écrit M. Imbart de la Tour!

3. Ibid. — Si l'accord est unanime parmi les docteurs catholiques Dur repousser la sédition qui consiste à prendre l'offensive )ntre l'autorité légitime, d'où émane la loi, il n'en est plus de ème lorsqu'il s'agit de la résistance active qui s^oppose par la rce à l'exécution de la loi. Toute l'école de Bossuet qui eut le lus de crédit en France depuis Louis XIV n'en veut pas entendre îrler; mais d'autres auteurs non moins illustres, dont l'autorité est pas moins considérable, à commencer par Saint Tbomas, opposent directement à Dossuet sur ce point : nous n'hésitons is à nous ranger à leur avis et si le lecteur désire savoir pourloi, nous ne pouvons mieux faire que de le renvoyer aux travaux livants où il trouvera une abondante moisson de preuves à

ppui de cette thèse: Meyer, Institutiones Juris Naturalis,i. Il,

531 sq. ; M. de la Taille, L'attitude des catholiques en face de

violence lé^^alc^ Paris, 1907; A. Bellanger, Une loi injuste oblige-

Hle en conscience^ dans les Etudes^ 1902, 20 août et 5 septembre.

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question totalement différente de celle qui nous occupe ici, la résistance au pouvoir légitimement établi n'ayant rien de commun avec la mise de la force au service de la religion par l'Etat. Et de fait Bossuet qui n'admet la résistance au prince en aucun cas, non seulement ne refuse pas à l'Eglise le droit de recourir au bras séculier, mais dans la conception qu'il se faisait de l'union indissoluble du trône et de l'autel, le considère comme exigé absolument... Nous ne doutons pas que la méprise dont M. Laberthonnière s'est rendu coupable en invoquant un tel témoignage pour soutenir que l'Eglise en tant qu'Eglise ne peut disposer pour son œuvre du secours de la force, ne comble de stupeur le théologien le plus novice.

RestentLacordaire,Dupanloup, Montalembert. E h

Nous avons d'autre part dit quelque chose de cette question dans un appendice d'^ travers Vœuure de M. Maurras, — Remarquons simplement ici que l'autorité de Saint Ambioise invoquée par Bossuet et M. Laberthonnière n'est nullement décisive dans l'espèce en faveur de la non-résistance active. Le ministère des évêques et des chefs religieux est essentiellement un ministère de paix et de douceur ; leurs armées à eux sont d'ordre avant tout spirituel et il leur appartient éminemment de souffrir dans leurs personnes et leurs biens, sans révolte ni murmure, les pires traitements, tant que les droits essentiels de Dieu et de l'Eglise ne sont pas lésés, tant que leur soumission ne passera pas aux yeux de leurs adversaires pour une lâcheté ou une défection, et qu'elle ne deviendra pas une occasion de nouveaux mépris, de nouvelles injustices qui ruineraient tout le crédit de la religion, lorsqu'enfin de leur juste résistance devrait résulter pour la cause dont ils ont la garde un plus grand mal. Tout donne à penser qu*aucune de ces hypothèses ne se trouvait vérifiée dans la circonstance qui nous est ici rappelée et nous comprenons alors sans peine que Saint Ambroise, seul juge de la conduite à tenir dans ce cas particulier, ait agi comme il Fa fait : nous n'avons qu'à admirer la prudence et la dignité avec lesquelles il a défendu le plus efficacement les droits de Dieu.

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