Positivisme et catholicisme, pp
directement contre lui. A s'en tenir au second, î^' est amené par la force des choses à revendiquer ununion très étroite entre les deux sociétés, qui es celle-là même que je n'ai cessé de défendre ; il au torise le recours au bras séculier, assure à TEglist une situation privilégiée et une protection auss: bien effective qu'exclusive de la part de l'Etat. E dès lors tous les reproches qu'il m'adresse à c€ j)ropos manquent d'objet.
Les erreurs de fait de M. Laberthonnière
Mais laissant à d'autres le soin d'examiner plus à fond la conformité de la doctrine de M. Laberthonnière avec l'enseignement authentique de l'Eglise, voyons plus en détail quelles erreurs de fait il a commises en répandant l'équivoque « artificieuse et pitoyable » à l'excès qui met au compte de A traç^ers l'œuvre de M, Maurras les énormités suivantes : « Ce que je critique et ce que je repousse surtout, c'est la thèse d'après laquelle l'Etat, mis au service de l'Eglise, se ferait l'exécuteur violent, en un domaine qui n'est pas le sien, d'une discipline dont l'âme lui reste étrangère, et se donne pour mission, fût-il positiviste ou athée, d'obtenir coûte que coûte un conformisme dogmatique à une doctrine abstraite qui lui serait dictée de dehors et dont il se servirait comme d'un moyen pour mater
RAPPORTS DE L*ÉGLISE AVEC l'ÉTAT 153
les esprits et maintenir extérieurement un ordre établi ^ ». Cette thèse qui serait celle de A tra{>ers Vœus>re de M, Maurras^ une fois admise, entraînerait comme conséquence pour l'Eglise le droit de s'imposer par la force aux consciences, de procéder îdans la propagation de TEvangile par le fer et par le feu, à la manière turque. Le travail intime de la grâce ne trouve plus de place dans cette explication : la bonne nouvelle que les apôtres et leurs successeurs ont reçu la mission de répandre à travers le monde et de proposer à tous les cœurs de bonne volonté n'est plus une matière obligatoire qui regarde la conscience, elle est un texte de loi que l'on subit, auquel on ne peut se soustraire. Arrivés à ce point, nous ne sommes plus évidemment en présence du christianisme, ni de l'Eglise fondée par le Fils de Dieu !... et nous retrouvons toutes les objections de Testis.
Pour justifier une aussi grave accusation, M. Laberthonnière recourt à deux arguments. Le premier, de beaucoup le plus saisissant, veut s^appuyer sur des déclarations de M. Maurras qui feraient du principe « crois ou meurs » un principe directeur essentiel de son système politique. Mais il est aisé de rassurer ceux des lecteurs de M. Laberthonnière auxquels ce maître dans l'art de jongler avec les textes aurait pu donner le change. Dans \ Action française du 31 juillet et du l^"" août 1911^, ils trouveront une explication péremptoire, donnée par M. Maurras lui-même, du texte unique à Taide